Si les manifestations faiblissent dans les rues de Conakry et de certaines villes de l’intérieur du pays, la crise politique guinéenne se prolonge dans les maisons d’arrêt et tribunaux du pays. A Conakry, ce sont des centaines de familles qui ont les leurs détenus. Et, ces derniers commencent à se relayer dans les tribunaux, notamment à Dixinn et Mafanco.

Hier, mercredi 25 novembre 2020, ce sont quinze jeunes arrêtés récemment qui ont comparu devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Arrêtés en pleine, alors qu’ils dormaient, ils sont tous accusés de « participation délicieuse à un attroupement suivi de violences, et voie de faits ». Evidemment, les prévenus ont tous rejeté en bloc les faits mis à leur charge, expliquant qu’ils ont été arrêtés nuitamment alors qu’ils dormaient chez eux, rapporte le journaliste de Guineematin.com qui était au tribunal.

 

A tour de rôle, les 15 mis en cause sont passés à la barre pour s’expliquer. Selon Mamadou Saliou Diallo, commerçant, c’est en plein sommeil qu’ils ont été surpris par des agents des forces de l’ordre, qui ont fait irruption dans la concession où ils habitent pour les arrêter.

 

« C’est à 2 heures du matin que les forces de l’ordre sont venus nous réveiller. J’étais couché sur un matelas avec mon ami Abdoul Gadiri Diallo, lorsque les agents sont arrivés. Ils ont dit qu’ils sont venus fouiller la concession. Ils ont fouillé sans rien trouver. Après, ils nous mis aux arrêts et nous ont conduits en prison. Moi, je n’ai jamais participé à un attroupement, ni protesté contre quoi que ce soit », a assuré ce citoyen.

 

Tous les autres prévenus ont soutenu la même version, assurant n’avoir nullement participé à un attroupement interdit ou causé des violences. Selon leurs explications, parmi les 15, seul Mamadou Diouma Sow n’habitait pas dans la concession où ils ont été interpellés. Ce chauffeur soutient qu’il était parti faire l’entretien de sa voiture au garage qui se trouve tout près de cette maison. Et pour des raisons de sécurité, il a décidé d’y passer la nuit.

 

« Comme la situation de la ville n’était pas bonne et il se faisait tard, j’ai fait rentrer mon véhicule dans la cour. Je me suis dit de me coucher dans la voiture jusqu’à 6 heures du matin, je vais sortir pour aller prendre des passagers pour Dalaba. C’est là que des gendarmes et policiers sont venus m’arrêter tard la nuit. Ils ont retiré mon téléphone portable et une somme de 510 000 francs guinéens que j’avais avant de m’embarquer dans leur pick-up », a-t-il expliqué.

 

Après avoir entendu tous les prévenus, le tribunal a renvoyé l’audience au 2 décembre 2020 pour la suite des débats. En attendant, ces 15 personnes rejoignent les centaines d’autres détenus dans le même cadre à la maison centrale de Conakry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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