L’humanité a célébré le samedi dernier, 21 novembre 2020, la journée mondiale de la pêche. Un événement annuel qui doit être mis à profit pour faire l’état des lieux de ce secteur afin d’apporter des solutions aux problèmes qui y sont rencontrés. En Guinée, aucune activité officielle n’a été organisée pour marquer cette journée, mais les acteurs de la pêche artisanale ont mis l’occasion à profit pour expliquer les maux dont souffre leur domaine.

Idrissa Kallo, secrétaire chargé des relations extérieures, de communication et de l’information de la fédération guinéenne de la pêche artisanale

« En Guinée, les pêcheurs artisanaux sont ceux qui alimentent les différents marchés du pays. Les pêcheurs industriels, eux, ne font qu’exporter nos poissons », a confié le secrétaire chargé des relations extérieures et de la communication de la fédération guinéenne de la pêche artisanale, au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin. Idrissa Kallo montre ainsi l’importance de la pêche artisanale dans notre pays. Un sous-secteur qui compte selon lui, 62 mille emplois directs et 200 mille emplois indirects, et qui fait vivre 9 mille familles.

 

Cependant, précise ce professionnel du domaine, la pêche artisanale a encore du chemin à parcourir en Guinée. D’abord, parce que « c’est un domaine oublié par l’Etat. Sinon, c’est à l’occasion de cette journée que l’Etat et les acteurs de la pêche artisanale doivent faire le point de la situation de ce secteur et envisager des perspectives. Mais très malheureusement, on n’accorde pas du respect et de la considération au secteur », regrette notre interlocuteur.

 

En raison du manque d’attention de l’Etat, indique Idrissa Kallo, la pêche artisanale souffre de beaucoup de maux. Parmi lesquels, l’incursion frauduleuse des pêcheurs étrangers dans les eaux guinéennes. « En 2020, au niveau de la pêche industrielle, il y a eu 6 navires qui ont été arraisonnés sur nos côtes, dont les 2 bateaux bissau-guinéens arraisonnés récemment. Au niveau de la pêche artisanale avancée, il y a 9 bateaux arraisonnés. Au niveau de la pêche artisanale motorisée, il y a eu 34 pirogues arraisonnées », souligne-t-il.

 

En plus de cela, il dénonce le non-respect les principes et règlements qui régissent le fonctionnement de la pêche en général. « Il y a plus de 200 bateaux de pêche artisanale dans les eaux territoriales de la Guinée, alors que ce sont seulement 60 qui sont autorisés. Quand vous prenez la pêche industrielle, il y a 64 bateaux de pêche qui sont autorisés à pêcher. Ils sont classés en plusieurs groupes, selon les produits qu’ils doivent chercher. Mais, il y a beaucoup d’infractions. Pourtant, au niveau des centres de surveillance de pêche, il y a les balises qui permettent de voir les tracées des embarcations.

 

Dès qu’on entre dans la zone interdite, on est repéré. Mais on laisse les gens continuer à pêcher dans les zones qui leur sont interdites. C’est ce qui arrive souvent : les pêcheurs industriels et ceux de la pêche artisanale avancée pêchent dans nos zones, parce qu’il y a beaucoup d’arrangement dans cette affaire. Donc, nous sommes victimes de l’entrée illégale de la pêche artisanale avancée et de la pêche industrielle dans nos zones », explique le secrétaire chargé des relations extérieures et de la communication de la fédération guinéenne de la pêche artisanale.

 

Et ce n’est pas tout. Les pêcheurs artisanaux se plaignent également du problème d’aménagement des débarcadères, dont la plupart n’ont même pas de latrines. « Quand vous prenez le débarcadère de Téménétaye par exemple, il y a plus de 800 personnes qui y travaillent. Toutes ces personnes n’ont même pas une latrine. Pourtant, au centre-ville de Conakry, il y aujourd’hui plus de 60 sociétés de pêche qui exportent nos poissons.

 

Ce qu’on verse à l’Etat, soit de la part de celles-ci, soit de la part des sociétés minières, suffit pour régler tous ces problèmes. Mais hélas ! Sur plus de 30 débarcadères, il n’y a 10 qui sont aménagés. C’est grave. Il faut qu’on se tourne vers le secteur de la pêche artisanale et poser des actes concrets », sollicite Idrissa Kallo.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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