Le détournement de plus de 200 milliards de francs guinéens, dont est accusée la ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, continue de susciter un grand débat en Guinée. L’alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) s’est prononcée sur ce « scandale » au cours d’une conférence de presse tenue ce samedi, 28 novembre 2020, à Conakry. La coalition qui a soutenu la candidature de Cellou Dalein Diallo à la présidentielle du 18 octobre dernier, appelle les Guinéens à ne pas se résigner face aux multiples vols qui sont enregistrés dans le pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour Alpha Oumar Taran Diallo, président du parti ADR et membre de l’ANAD, il n’est pas surprenant d’apprendre qu’un tel montant a été détourné par la ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, Djénab Dramé. L’opposant estime que l’image que présentent les écoles techniques et professionnelles de la Guinée prouve à suffisance qu’aucun investissement n’est fait de ce côté. Et, cette situation s’expliquerait, selon lui, par le fait que l’argent qui est investi par l’Etat et les partenaires techniques et financiers pour rendre attrayantes ces concessions scolaires et qualifier le niveau de formation atterrit dans les poches de certains cadres.

Alpha Oumar Taran Diallo, président de l’Alliance démocratique pour le renouveau

« Je suis enseignant de profession. Donc quand, au niveau de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, il y a des détournements de ce genre, ça nous interpelle tous. Mais encore plus les parents d’élèves et les enseignants. Quand vous allez dans nos différentes écoles, notamment les écoles techniques ne serait-ce qu’à Conakry, comme le CFP Maritime, le CFP du chemin de fer, le CFP de Donka et les autres écoles professionnelles publiques de notre pays, vous ne serez pas surpris de ce qu’on vient d’apprendre.

Parce que ces écoles sont pires que des porcheries. Même des ports, on ne peut pas parquer là-bas. Parce que simplement, les fonds qui sont alloués à l’entretien, à l’équipement et à la modernisation de ces différents centres de formation, sont détournés pour permettre à certains individus de se procurer des immeubles à Conakry et à l’étranger », a-t-il déclaré, tout en fustigeant le communiqué du gouvernement, qui a défendu la ministre accusée.

« Ce communiqué du gouvernement donne un enseignement selon lequel, très certainement, celle qui est mise en cause n’est pas la seule (…). Il faut que cet argent retourne dans les caisses de l’Etat pour être profitable à toutes les populations guinéennes. En principe, cette dame (la ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi) devait se retrouver en justice », estime Alpha Oumar Taran Diallo.

Kéamou Bogola Haba, secrétaire exécutif de l’UNAD et membre de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD)

De son côté, Kéamou Bogola Haba, secrétaire exécutif de l’UNAD, également membre de l’alliance nationale pour l’alternance et la démocratie, à sortir de leur résignation pour dire halte aux différents vols qui sont commis dans le pays. « Ce sont des milliards qui sont volés à la caisse nationale de sécurité sociale, à la direction nationale des impôts, aux ministères sectoriels, à la banque centrale. Partout aujourd’hui, les biens des Guinéens sont volés. Vous avez tous assisté à la tenue des examens nationaux. Vous étiez témoins des vols de notes, des vols d’épreuves, tout cela s’est passé ici.

Et le comble maintenant, c’est le vol de leurs votes, parce que c’est l’unique arme que les citoyens ont pour sanctionner les gouvernants. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? Nous sommes face à un dilemme : rester assis ou agir ? C’est le dilemme auquel l’ANAD et le peuple de Guinée sont confrontés. Nous l’ANAD, nous vous disons de sortir de votre résignation. Nous devons passer un message fort le 3 décembre, un message non violent que les autres ont utilisé partout dans le monde pour lutter contre les oppresseurs.

L’Afrique du Sud l’a fait, les Etats-Unis l’ont fait, les noirs l’ont fait, les indiens l’ont fait. Face à un oppresseur, il faut mettre les moyens de non-violence. Et c’est ce que nous vous demandons. Le 3 décembre prochain, les Guinéens doivent passer un message fort pour dire que nous ne voulons plus qu’on vole nos votes. Pour cela, il faut observer la journée ville-morte appelée par l’UFDG et l’ANAD », a lancé l’opposant.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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