Le littoral de Conakry est de plus en plus agressé par des citoyens qui y construisent des maisons d’habitation. Cette situation préoccupe à plus d’un titre Mohamed Lamine Sidibé, directeur général du milieu marin et des zones côtières.

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce lundi 30 novembre 2020, ce haut cadre du ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts, a sonné l’alarme sur le danger que cela représente pour la Guinée. Selon lui, l’envahissement du littoral par les citoyens menace dangereusement le potentiel halieutique de notre pays.

Mohamed Lamine Sidibé, directeur général du milieu Marin et des zones côtières

« La zone du littoral est une zone immensément riche en biodiversité. Et, les 70% des poissons que nous allons pêcher en haute mer, naissent, se reproduisent dans cette zone. C’est une zone immensément riche parce que c’est là que peut s’accomplir la photosynthèse. Malheureusement, certains citoyens continuent d’agresser cette zone très riche. A Conakry spécifiquement, les zones les plus impactées sont entre autres, Yimbaya port plus couramment connue sous le nom de Faban et Tombolia. Faban par exemple est une zone où nous sommes intervenus à plusieurs reprises, mais en vain. Les citoyens ne comprennent pas, ils continuent d’agresser cette zone hautement riche », a-t-il déploré.

Le directeur général du milieu marin et des zones côtières indique qu’en dépit des convocations qui sont parfois adressées aux intéressés, ceux-ci s’entêtent toujours. Et cela, parce qu’ils sont en complicité avec d’autres personnes, dont des cadres de l’administration. « Ceux qui construisent sur le littoral le font très souvent à travers la complicité de certains citoyens. Les complicités sont au niveau des chefs de quartiers, de certaines personnes qui se disent être coutumiers et certains cadres de l’administration. Ce qui nous rend la tâche extrêmement difficile », soutient Mohamed Lamine Sidibé.

Naby Moussa Yansané, assistant du chef de bureau-patrimoine marin au niveau de la préfecture Maritime

La préfecture maritime intervient aussi au niveau du littoral. Mais, son domaine d’intervention est limité, selon Naby Moussa Yansané, assistant du chef de bureau patrimoine marin à la préfecture maritime. « La préfecture maritime intervient dans un domaine bien spécifié. C’est-à-dire qu’elle a un rôle d’arbitrage entre les différents ministères. Par exemple, lorsque je prends le ministère de l’Environnement qui intervient dans le domaine public maritime ; lorsqu’il y a une agression du littéral par des citoyens, la préfecture maritime ne peut que faire un constat, faire le rapport de ce constat de l’infraction et le remettre au ministère de l’Environnement. Notre mission ne se limite qu’à ce niveau », a-t-il expliqué.

A noter qu’en plus de menacer sérieusement les ressources halieutiques de la Guinée, les constructions anarchiques sur le littoral occasionnent aussi souvent des inondations à certains endroits de Conakry et ses environs, notamment à l’île de Kabak, qui est menacée aujourd’hui de disparition. Et, si rien n’est fait pour trouver solution à ce problème, indiquent nos interlocuteurs, les conséquences risquent d’être plus fâcheuses dans les prochaines années.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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