« Le peuple doit continuer à s’organiser pour jouir du pouvoir que lui offre la démocratie. […] Subir l’injustice et se taire, c’est aussi la cautionner »

 

La situation actuelle de la Guinée est très critique, nous avons touché le fond. Nous avons assisté à la violation de toutes nos lois par nos autorités qui sont censées être garantes du respect desdites lois. Ce 3e mandat est un coup d’État constitutionnel dont le seul but est de permettre le maintien au pouvoir d’Alpha Condé. Malheureusement, les institutions républicaines telles que la CENI et la cour constitutionnelle ne jouent pas leur rôle.

 

Par ailleurs, dans notre pays, nous avons perdu toute humanité (aucun droit humain n’est respecté). Aujourd’hui, le légendaire vivre ensemble guinéen n’existe plus.

 

Toutefois, en tant que guinéenne qui aime profondément son pays, je ne perds pas espoir. Je suis convaincue que le peuple de Guinée- qui, dans sa majorité, a mené le combat pour l’alternance et pour la préservation de nos acquis démocratiques- continuera le combat sur la durée. En effet, nous avons pu, à travers le FNDC, démontrer la volonté de la majorité d’obtenir l’alternance et surtout de défendre sa jeune démocratie.

 

Tout guinéen épris de liberté et de démocratie doit aujourd’hui se sentir concerné par ce qui se passe chez nous. Nous devons donc tout faire pour préserver nos acquis démocratiques. De ce fait, le peuple doit continuer à s’organiser pour jouir du pouvoir que lui offre la démocratie. A ce niveau une éducation civique et citoyenne s’impose, afin de sortir de ce clivage accentué par le régime d’Alpha Condé. Le guinéen lambda, scolarisé ou non, doit pouvoir comprendre le sens d’un VOTE. Chacun doit savoir qu’il est, à son échelle, responsable de la destinée de notre nation. Subir l’injustice et se taire, c’est aussi la cautionner.

 

Par ailleurs, nous devons arrêter le déni et accepter de lire notre histoire telle qu’elle est écrite. Je ne suis pas responsable de ce que mon grand-père a fait mais je dois pouvoir le reconnaître et l’accepter. Reconnaître les faits et rendre justice est inévitable pour une paix durable. Taire les maux et parler de paix ne résoudront absolument rien ; au contraire, ça accentuera le clivage. Les crimes commis aujourd’hui au vu et au su de tout le monde doivent être jugés et les coupables punis par la loi.

 

Je termine par une solution que je pense très importante. Le développement de notre pays viendra d’un État vertueux avec des personnes capables de mettre en avant le bien-être de tous les guinéens. Cet État vertueux ne peut venir que du milieu politique. Alors à toutes les personnes animées par une volonté sincère pour le développement de notre pays, c’est le moment de s’engager en politique pour assainir ce milieu. C’est en faisant de la politique que vous pourrez en faire quelque chose de meilleur.

 

A tous les guinéennes et guinéens voulant un avenir meilleur pour notre pays, je vous invite à vous engager en politique. Je comprends que vous n’ayez pas foi en la politique telle qu’elle est faite actuellement, mais ayez foi en celle que nous voulons pour notre pays. Une Guinée meilleure est possible et chacun de nous est acteur. Que répondrons-nous à la question « Qu’avons-nous fait ? ».

 

 

Madian Fria Diallo, Ingénieure civile en informatique et Gestion, Membre fondatrice de ARSYF-Guinée (Association des Ressortissants et Sympathisants de Fria) Membre de la coordination du MoDeL, Mons – Belgique.

 

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