Les conducteurs de taxis motos sont durement impactés par l’insécurité grandissante qui sévit dans la ville de Kankan. En raison des attaques dont ils sont souvent victimes, beaucoup d’entre eux ont dû réduire leurs horaires de travail. Ce qui a pour conséquence, la baisse de leur recette journalière, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis quelques mois, la commune urbaine de Kankan, deuxième ville de la Guinée, fait face à une recrudescence de l’insécurité. On y enregistre régulièrement des vols, braquages et d’autres attaques à main armée, visant particulièrement les conducteurs de taxis motos. Ce qui a amené les membres de cette corporation à changer leurs habitudes.

Nèma Soumaoro

Nèma Soumaoro, un taxi-motard qui avait l’habitude de travailler jusque tard la nuit, rentre désormais avant 19 heures par peur d’être victime d’attaque. Il explique toutefois que ce changement affecte son revenu journalier. « La seule solution que j’ai pour réduire les risques d’attaques, c’est de revoir mes horaires de travail. C’est pourquoi je rentre maintenant dès 18h30’.

C’est vrai que cela réduit fortement mon revenu journalier, mais ce que Dieu me donne du matin jusqu’à cette heure, je me contente de ça parce que je n’ai pas le choix. Le problème est que les agents qui doivent assurer la sécurité des citoyens ne sont pas nombreux. Donc les bandits savent où il faut attaquer la nuit sans peur d’être arrêtés », explique-t-il.

Ousmane Kaba

En plus de la réduction de leurs horaires de travail, certains taxi-motards ne s’aventurent plus dans certaines zones jugées à risque. C’est le cas d’Ousmane Kaba. « On a beaucoup souffert à cause de l’insécurité. Les bandits nous fatiguent énormément. C’est pourquoi nous n’osons plus aller dans les endroits reculés la nuit. Je demande aux autorités de renforcer la sécurité à Kankan pour nous permettre de travailler normalement », lance le jeune homme.

Sidiki Kpoghomou,

Pour lutter contre cette insécurité, Sidiki Kpoghomou, également conducteur de taxi à moto dans la ville de Kankan, estime qu’il faut prendre le problème à bras le corps. En plus de l’augmentation du nombre d’agents de sécurité et de leur dotation en équipements, il propose au gouvernement de résoudre le problème du banditisme à la base.

« Vous savez, tout commence par la base. C’est le manque d’emploi qui pousse souvent les jeunes à se lancer dans le banditisme. Donc, si le gouvernement veut réellement mettre fin à l’insécurité, il doit aider les jeunes à avoir du travail. Il peut notamment recruter beaucoup de jeunes dans la police et la gendarmerie pour sécuriser la ville », préconise ce taxi-motard.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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