Un militaire vient de « prouver » à un auxiliaire de justice qu’il est de loin plus fort que la loi ! Le 03 décembre dernier à Damakania (une commune rurale de la préfecture de Kindia), un béret rouge, en service au bataillon spécial des commandos en attente au Samoréya de Kindia, a fait éclater sa rage sur un huissier de justice qui était venu lui signifier une plainte. Le lieutenant Abdoulaye Sow, un militaire surentrainé, a pris le malin plaisir d’administrer de violents coups à Me Thierno Araf Diallo. Ce dernier a perdu trois dents sur place. Et, aujourd’hui encore, il vit avec les séquelles de cette terrible bastonnade dont il a été victime, a appris un des correspondants de Guineematin.com dans la ville des agrumes.

Selon nos informations, Me Thierno Araf Diallo est un huissier de justice en service au cabinet de Me Koné, sis au quartier Manquepa. Et, il était sur une affaire de conflit domanial impliquant le lieutenant Abdoulaye Sow à 142 (une localité de la commune rurale de Damakania). Une affaire qui, malheureusement, vient de lui coûter trois dents et des problèmes de mâchoires.

« J’ai été saisi dans mon cabinet par un citoyen du nom de Mamadou Billo Doumbouya, qui a un problème domanial. Il a envoyé ses pièces en disant qu’il y a quelqu’un qui construit sur son domaine composé de deux parcelles. L’intéressé a construit sur une des parcelles. Mais, il ne connait pas la personne. Chaque fois qu’il va là-bas, il ne trouve personne… La première des choses, je me suis déplacé pour aller faire un constat sur le lieu. J’ai vu effectivement qu’il y a des réalisations sur le terrain litigieux. J’ai dressé un procès verbal. Par la suite, on a fait une requête qu’on a adressée au président du tribunal pour un arrêt des travaux. Le président a signé l’ordonnance. Après la signature de l’ordonnance, je l’ai signifiée aux autorités locales, notamment le district, le maire et le sous-préfet qui ont tous reçu leur copie. Ensuite, il est resté longtemps, un mois presque, il n’y a pas eu de signal sur le lieu. On a voulu faire une assignation comme la procédure le voudrait. Mais, cela trouve qu’on ne peut pas assigner si on ne connait pas la personne concernée. Cependant, on peut faire l’arrêt des travaux contre X, une personne inconnue. On ne connait pas celui qui travaille là-bas. Puisque des fois, on trouve les maçons, c’est aux maçons qu’on remet. Ce sont eux qui nous identifient le propriétaire. C’est une maison en construction inachevée. On a fait l’arrêt des travaux pour qu’au moins le monsieur puisse venir au tribunal lui aussi montrer ses pièces justificatives. Le tribunal en ce moment va déterminer celui qui est propriétaire. C’est pourquoi je me suis rendu sur le terrain litigieux un jeudi en date du 3 Décembre dernier aux environs de 17h00 en compagnie d’un jeune frère », a expliqué Me Thierno Araf Diallo lors d’un entretien qu’il a accordé à la rédaction locale de Guineematin.com le weekend dernier.

Malheureusement, la rencontre avec le lieutenant Abdoulaye Sow a été une véritable mésaventure pour l’huissier de justice. Car, au lieu d’une conversation courtoise et respectueuse, Me Thierno Araf Diallo fera face à des coups violents de ce militaire.

« Lieutenant Abdoulaye avait déjà logé sa femme et ses enfants dans cette maison inachevée. Quand je suis arrivé sur place, je me suis présenté à la dame qui m’a bien reçu. Au moment où je lui laissais le document, son mari (lieutenant Abdoulaye Sow) est venu. Je me suis présenté à lui et je lui ai tendu le document en lui disant qu’il y a un citoyen du nom de Mamadou Billo Doumbouya qui a porté plainte contre vous à cause de ces deux parcelles où vous êtes en train de construire. Le temps pour moi de lui donner des explications, il m’a donné des coups et il a enchaîné. J’ai perdu connaissance et j’ai commencé à saigner. Sur le champ, j’ai perdu mes trois dents. Après cette bastonnade, le lieutenant Sow a quitté pour aller à Samoronya. Et moi, dès que j’ai retrouvé connaissance, je suis allé directement à la CMIS pour les informer. Ils m’ont dit puisque c’est un militaire ils ne peuvent rien. Par la suite, j’ai appelé le procureur de Kindia qui m’a dit d’aller à la sûreté pour faire ma plainte. Ceux de la sûreté m’ont dit qu’il faut que le lieutenant Abdoulaye Sow soit identifié. Alors, je suis allé au Camp de Samoréya pour informer le chef du corps afin d’identifier mon agresseur malgré ma souffrance. Parce que j’ai perdu mes trois dents et ma mâchoire inférieure a eu un choc. Mais, le sous-lieutenant Sow avait déjà annoncé la nouvelle à sa hiérarchie, en disant qu’il a reçu chez lui un jeune qui se réclamait propriétaire de son domaine, sans aucun papier. Et, finalement, le chef de corps m’a vu avec les papiers imbibés de sang. Je coulais du sang. En tant qu’huissier de justice, tout le monde était étonné. C’est de là-bas qu’on m’a apporté les premiers soins en échangeant avec le procureur. Après, je suis revenu à la maison. Le lendemain, le procureur nous a invités au tribunal. Moi, je suis venu le premier au bureau. Après le procureur a appelé le colonel du camp de Samoréya qui s’est présenté également au bureau sans le sous-lieutenant Sow. C’est ainsi que j’ai porté plainte pour menaces de mort, des coups et blessures volontaires. Il avait déjà dit qu’il est militaire et qu’il a un fusil et qu’il va me tuer », a indiqué Me Thierno Araf Diallo.

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628516796

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