A l’occasion de la célébration de la journée internationale des migrants, le 18 décembre, l’organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière, en collaboration avec l’OIM (organisation internationale de la migration), a organisé une séance de sensibilisation des jeunes. La rencontre d’échange et de partage s’est tenue au lycée Amilcar Cabral sous la présidence du secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Mamou, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville carrefour.

Célébré le 18 décembre de chaque année en Guinée (tout comme dans les autres Etats membres des Nations-Unies), la journée internationale des migrants est une occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, tant au profit de leur pays d’origine que de leur pays de destination. Et, c’est dans cet esprit que l’organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière et l’antenne régionale de l’OIM à Mamou ont communié cette année, à l’occasion de la célébration de la journée internationale des migrants, avec les élèves du lycée Amilcar Cabral de Mamou. L’objectif était d’informer, de sensibiliser et d’attirer l’attention de ces jeunes sur les dangers et les effets néfastes de la migration irrégulière. C’était aussi une manière pour l’OIM et son partenaire de chercher à sortir de la tête de ces jeunes l’illusion de l’Eldorado Européen qui les hante.

Mamadou Saidou Barry, président de l’antenne Régionale de l’organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière

« A Mamou, nous avons perdu des camarades lors de la traversée de la Méditerranée. C’est pourquoi, cette journée est pour nous une opportunité de sensibiliser nos frères et sœurs sur les dangers auxquels ils s’exposent en se portant candidat à la migration irrégulière… Nous profitons de cette assemblée pour demander aux Nations-Unies et à ses États membres de repenser la mobilité humaine, permettre aux migrants de relancer les économies de leurs pays et ailleurs et édifier des sociétés plus inclusives et plus résilientes », a dit Mamadou Saidou Barry, le président de l’antenne régionale de l’organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière.

Cette année, la journée internationale des migrants a été célébrée dans un contexte difficile de crise sanitaire due à la pandémie de COVID-19. Et, pour Mamadou Oury Bah, le responsable en charge de réintégration au sous bureau de l’OIM à Mamou, la pandémie de coronavirus a accentué les problèmes auxquels sont confrontés les migrants au quotidien.

Mamadou Oury Bah, responsable en charge de réintégration au sous bureau de l’OIM à Mamou

« La pandémie de Covid-19 affecte de manière disproportionnée les migrants qui sont souvent en marge de la société. Ils sont souvent exclus des services sociaux essentiels, injustement marginalisés ; et, dans les cas les plus extrêmes, ils sont prisonniers de ceux qui profitent de leur vulnérabilité au cours de leur parcours migratoire. Même de retour dans leurs pays respectifs, ils ne réussissent pas à se réintégrer tout de suite au sein du tissu socio-économique. En 2018, près de 3 800 migrants et réfugiés ont péri au cours de leurs voyages à travers le monde… Aujourd’hui, le défi majeur qui nous interpelle tous est celui de lever les zones d’ombre en vue de faire savoir aux jeunes hommes et femmes que la migration irrégulière n’enfante que le mal. Il n’y a de bon dans cette pratique que les illusions que se font les candidats », a expliqué Mamadou Oury Bah à ces élèves du secondaire.

Prenant la parole à cette rencontre de sensibilisation, Ibrahima Sory Camara, l’inspecteur régional de la jeunesse, des sports et de la culture de Mamou, a déploré que le fait la migration irrégulière vide le continent africain de sa jeunesse.

Ibrahima Sory Camara, inspecteur régional de la jeunesse, des sports et de culture

« Beaucoup de jeunes étaient là avec nous ; mais, aujourd’hui, ils ne sont pas là. Ils sont ailleurs, à la recherche de l’Eldorado rêvé mais qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir. Je m’incline pieusement devant la dépouille de tous ces jeunes migrants qui ont rendu l’âme dans des conditions désastreuses. Cette migration irrégulière consiste à vider l’Afrique de sa jeunesse ; et, l’histoire ne doit pas se répéter. Donnons-nous la main et disons la vérité à nos jeunes. L’occident d’hier n’est plus l’occident d’aujourd’hui. Acceptons de rester chez nous et travaillons chez nous, nous pouvons mieux réussir », a conseillé Ibrahima Sory Camara.

De son côté, Mamadou Bella Baldé, le secrétaire général chargé de collectivités décentralisées de Mamou, a demandé aux parents de s’impliquer davantage dans l’éducation des enfants pour éviter les tentations et atténuer les départs pour l’immigration clandestine.

Mamadou Bella Baldé, secrétaire général chargé des collectivités décentralisés à Mamou

« Nous invitons les parents à s’impliquer activement dans l’éducation des enfants. Les organisations internationales nous aident à freiner ce phénomène ; mais, les parents doivent être en première ligne. Nos enfants sont pour nous un héritage indéfectible. Alors, nous lançons un appel aux parents et aux encadreurs de mieux gérer et former les enfants. Ils sont pour nous la ressource la plus précieuse. Car, le capital de tous les capitaux est le capital humain », a-t-il dit.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com.

Tél. : 625 69 89 19/657 34 39 39

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin