Conflit domanial à Djirlan : des femmes de Karifamorya en colère prennent d’assaut la préfecture de Kankan

Dans l’après-midi d’hier lundi, 28 décembre 2020, une cinquantaine de femmes ont pris d’assaut le siège de la mairie, puis le bloc administratif préfectoral de Kankan. Ces femmes étaient venues de leur lointain district de Djirlan (dans la sous-préfecture de Karifamorya) pour exprimer leur colère contre les autorités administratives de Kankan pour leur immixtion et leur partialité dans le conflit domanial qui oppose les habitants de Djirlan à ceux du district de Sendoula, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Selon nos informations, le conflit domanial qui oppose la population de Sendoula à celle de Djirlan dure depuis 4 ans maintenant. Ces populations se disputent un lopin de terre cultivable dont chacune se réclame propriétaire. Et, dans ce conflit, les autorités administratives de Kankan sont accusées de prendre effet et cause pour les populations de Sendoula. C’est pourquoi, les femmes de Djirlan, pieds nus, bâtons en mains, foulards rouges attachés à la tête, sont venues exprimer leur ras-le-bol devant les autorités Kankan.

« Cela fait 4 ans que nous sommes en conflit avec les habitants de Sendoula. L’année dernière, nous avons cultivé de l’arachide, ils sont venus tout détruire. Hier soir, à notre absence, ils ont envoyé des machines pour couper les arbres plantés sur la zone. Pourtant, demain (ce mardi), le dossier doit être jugé au tribunal ; mais, ils n’ont pas attendu cela. Nous sommes venus ici pour qu’on nous dise clairement pourquoi ils sont partis sur la zone ; sinon, si on se retourne à Djirlan, cela va dégréer », a averti Nagnouma Camara, citoyenne de Djirlan.

Très en colère, Sira Sidibé, une autre habitante de Djirlan, accuse les autorités administratives de Kankan de vouloir leur retirer leurs terres au profit des populations de Sendoula.

« C’est la souffrance qui nous amène ici ce soir. Cela fait 4 ans que nous sommes en conflit avec les autorités parce que nous ne sommes pas en conflit avec Sendoula, mais plutôt avec les autorités. Pourquoi ce sont les autorités elles même qui soutiennent Sendoula pour nous retirer nos terres. Pourtant, nous avons les papiers de ce domaine. Ce matin (lundi), nous avons vu que notre champ d’anacarde a été détruit avec des machines », a-t-elle expliqué en brandissant son bâton comme pour dire qu’elle est prête à en découdre.

A noter que malgré leur détermination, ces femmes n’ont pu rencontrer ni le maire, ni le préfet de Kankan, alors qu’elles avaient passé plus de 2 heures devant le bloc administratif de la préfecture.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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