Mariame Sidibé, qui a fui un mariage forcé

Elève de la sixième année de l’école primaire (CM2), Mariame Sidibé, âgée seulement de 12 ans, a fui son Djilengbè natal (un district de la sous-préfecture de Koudianakoro, préfecture de Mandiana) pour se refugier dans la commune urbaine de Siguiri pour échapper à ses parents qui tiennent à organiser son mariage avec un jeune guinéen qui vit actuellement en République du Mali.

Rencontrée ce vendredi, 08 janvier 2021, par le correspondant de Guineematin.com à Siguiri, Mariame Sidibé jure que ses parents tiennent à tout prix à la marier maintenant. Et, face à leur entêtement dans cette entreprise risquée pour son avenir, elle a préféré prendre la poudre d’escampette.

« Je n’ai que 12 ans et je suis élève de la 6ème année. J’ai fui le village parce que mes parents veulent me donner en mariage à un jeune de notre village qui vit actuellement au Mali. Donc, la nuit, j’ai dit à un conducteur de taxi moto de me déposer à Siguiri. Je ne sais où aller ici et je ne connais personne ; mais, je préfère cette souffrance que de me faire marier à mon âge-là », a-t-elle confié.

Actuellement, cette petite fille est hébergée à Siguiri par une famille originaire du même village qu’elle. Mais, Mariame Sidibé vit avec la peur au ventre à cause de ce que pourrait faire ses parents quand ils vont la retrouver. Et, c’est pourquoi elle demande la protection de l’Etat pour échapper à ce mariage précoce. « Je veux que les autorités m’aident vraiment. Parce que je veux continuer mes études. Mais, si mes parents me retrouvent, ils vont me donner en mariage », a indiqué Mariame Sidibé.

A rappeler que le mariage forcé et le mariage précoce sont interdits et sont passibles de peine de prison en République de Guinée. Car, l’article 320 du Code pénal dispose : « toute personne qui, par quelque moyen que ce soit, force une personne à se marier avec un partenaire qu’elle ne désire pas ou avant l’âge de 18 ans, est passible d’une peine d’emprisonnement de trois (3) mois à un an et d’une amende de 500 000 à 2 000 000 de francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice de payement de dommage et intérêts ».

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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