Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG

Le symposium organisé le 6 novembre 2020 au palais du peuple de Conakry pour rendre hommage à Louis M’Bemba Soumah (un pionnier de l’USTG), avait sonné comme la fin des divisions qui minent le mouvement syndical guinéen. Après les accolades entre Abdoulaye Sow et Abdoulaye Camara, les secrétaires généraux des deux factions rivales de l’USTG, ce fut au tour de Kadiatou Bah et Aboubacar Soumah, les secrétaires généraux des deux versions du SLECG. Ces responsables syndicaux avaient promis d’enterrer la hache de guerre et d’unifier leurs organisations.

 

Mais plus de deux mois plus tard, ces annonces faites sous l’effet de l’émotion peinent à se concrétiser. En ce qui concerne le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée, la réunification annoncée semble d’ailleurs impossible à réaliser. Car le camp Aboubacar Soumah ne reconnaît pas l’existence d’une autre version du SLECG. C’est Amara Mansa Doumbouya, l’un des responsables de la communication de l’organisation syndicale, qui l’a fait savoir dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com hier, mardi 12 janvier 2021.

Amara Mansa Doumbouya, chargé de communication du SLECG

« Je crois que c’est une grosse faute d’affirmer que sur le terrain il y a deux SLECG. Aujourd’hui, tous les enseignants conscients de Guinée savent qu’il n’y a qu’un seul SLECG en Guinée. C’est ce SLECG responsable et représentatif qui est dirigé par le secrétaire général, le camarade Aboubacar Soumah. Par rapport à l’affaire d’unification des deux camps, je crois qu’il y a certains camarades qui ont choisi d’être dans la dissidence. Nous avons reçu une commission de la part du Conseil Économique et Social qui est venue, qui était pilotée par madame Joséphine Guilavogui.

Elle a tenu à ce que nous soyons avec ces gens-là. Nous avons signifié à cette délégation que nous ne sommes pas opposés à leur arrivée. Ils peuvent venir nous rejoindre sans problème, mais il ne s’agit pas d’une unification parce qu’il n’y a qu’un seul SLECG sur le terrain. Les membres de la commission avaient promis qu’après notre siège, ils allaient rencontrer la dame Kadiatou Bah et après, ils vont nous revenir. Mais, jusqu’à l’heure où je vous parle, ils ne sont pas revenus », a indiqué ce responsable syndical.

L’enseignant ajoute qu’il est d’ailleurs « très difficile » que son camp puisse cohabiter avec le groupe dirigé par Kadiatou Bah. Car, il accuse ses derniers de prendre des pots de vin avec le gouvernement pour saper le combat syndical visant à améliorer les conditions de vie des enseignants guinéens. « Vous savez, c’est très difficile de cohabiter avec des gens qui ont pris l’habitude de prendre de l’argent avec le gouvernement. Parce qu’on dit dans notre jargon, qu’un syndicat qui a sa main sous la table ne peut pas taper sur la table. Il serait donc difficile que nous conjuguions le même verbe.

Le mal que nos camarades enseignants sont en train d’exprimer aujourd’hui, c’est causé par qui ? C’est par eux-mêmes (le SLECG dirigé par Kadiatou Bah, ndlr). Nous, on se battait pour l’amélioration du salaire indiciaire. Eux, ils se battaient pour des primes. Aujourd’hui, nous sommes à 4 mois comme ça que les camarades enseignants n’ont pas leurs primes d’incitation. Donc, je crois qu’aujourd’hui, parler d’union avec ces gens-là, cette question n’a pas lieu d’être », a laissé entendre Amara Mansa Doumbouya.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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