Poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 25 milliards de francs guinéens au préjudice de l’office guinéen des chargeurs (OGC), Mamadou Saliou Barry a comparu le mercredi dernier, 13 janvier 2021, au tribunal correctionnel de Kaloum. Devant cette juridiction de première instance, ce comptable a été sommé de justifier la gestion financière (recettes et dépenses) de l’OGC au cours de la période 2015-2016. Un exercice que le prévenu a eu à faire en produisant des documents au tribunal, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

A la barre, Mamadou Saliou Barry a commencé par plaider non coupable des faits de détournement qu’on lui reproche. Il a ensuite transmis au tribunal des pièces qui, selon lui, apporte la lumière sur la gestion du montant (20 milliards de francs guinéens) incriminé. Et, dans sa déposition, ce comptable a laissé entendre que le travail de l’OGC se fait aujourd’hui par une société béninoise.

« Je suis comptable de l’OGC, j’y ai travaillé pendant 4 ans. L’office guinéen des chargeurs est un service nouveau, créé pour la gestion des chargeurs, des transports maritimes et terrestres. Quand je suis arrivé à ce service, il n’y avait rien, même le texte régissant son fonctionnement n’était pas encore signé. En tant que comptable du service, je travaillais en relation avec l’ordonnateur. A vrai dire, le travail pour lequel l’OGC est créé se fait par une société béninoise qui a signé un contrat à cet effet. C’est cette société qui est chargée à la place de l’office guinéen des chargeurs de recouvrer les recettes. Et, quand elle recouvre les recettes, elle les divise en quatre (4) parties que sont : 40% pour ladite société, 40% pour l’État à travers le trésor public, 10% pour la Marine Marchande et 10% pour l’Office Guinéen des Chargeurs. Maintenant, le montant dont on parle ici dans cette affaire constitue les 20% qui reviennent à la Marine Marchande et à l’office guinéen des Chargeurs, alors qu’au paravent la société versait à chaque partie sa part… Si on parle d’un détournement de plus 25 milliards de francs guinéens, voici donc les pièces justificatives (brochures signées et cachetées) de l’utilisation financière des fonds (recettes et dépenses). Ce sont ces seules pièces qu’on avait à l’époque pour justifier l’utilisation financière concernant les recettes et dépenses du service. Tout est justifié dedans. Ces documents sont les documents de la gestion courant 2015 et 2016. Et, monsieur le président, je voudrais également vous dire que nous ne recevions aucune subvention de l’Etat. Toutes nos dépenses reposaient sur les 10% de recettes qu’on recevait », a fait savoir Mamadou Saliou Barry.

Dans les documents justificatifs brandits par le prévenu, l’agence judiciaire de l’Etat, représentant de la partie civile dans cette affaire, a fait lecture de quelques lignes. Et, de cette lecture, il s’est révélé que dans l’un des documents, les dépenses sont égales aux recettes. Mais, dans un autre des documents, les dépenses sont supérieures aux recettes.

Cependant, cette contradiction relevée par la partie civile a immédiatement été bottée en touche par la défense. Tout en brandissant le rapport d’enquête portant sur la gestion financière des années 2015 et 2016, les avocats de Mamadou Saliou Barry qui ont laissé entendre que ce procès contre leur client est un simplement acharnement.

Finalement, le tribunal a renvoyé l’audience au 28 janvier prochain pour les plaidoiries et réquisitions dans cette affaire.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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