Dans la perspective du renforcement de la coopération régionale en matière de lutte contre la traite des personnes, Expertise France en collaboration avec le Comité national de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées (CNLTPPA), a organisé un atelier de formation des membres de ce Comité et de partage d’expériences entre le CNLTPPA de Guinée et le CNLTP de Côte d’Ivoire. Tenue du 12 au 15 janvier 2021 à Conakry, la rencontre s’inscrit dans la composante 4 du projet régional dénommé « Appui à la lutte contre la traite des personnes dans les pays du Golfe de Guinée ». Un programme financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Durant quatre jours de travaux, les 30 participants ont échangé sur plusieurs thématiques, dont : le Cadre juridique international et national de la lutte contre la traite des personnes ; la définition de la traite des personnes et du trafic illicite des migrants ; la détection initiale, les indices et indicateurs de la traite des personnes ; la réaction psychologique des victimes de traite des personnes ; etc. L’objectif était de renforcer les capacités des participants et créer un cadre de discussion et de partage d’expériences entre les dispositifs nationaux de lutte contre la traite des personnes dans la perspective de la mise en place d’un cadre de collaboration entre le CNLTPPA de Guinée et le CNLTP de Côte d’Ivoire.

Au terme des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations dont entre autres : Développer et publier une intention de collaboration entre la République de Guinée et la République de Côte d’Ivoire, en identifiant les éléments d’intérêt, les préoccupations et les actions communes en matière de lutte contre la traite des personnes ; prendre toutes les dispositions pour accorder une attention particulière à la dimension psychologique dans le cadre des interventions d’assistance et protection des victimes de traite des personnes ; mettre en place des formations au profit des acteurs de première ligne sur la santé mentale/soutien psychologique pour leur permettre d’être efficaces dans la prise en charge des victimes de traite des personnes ; organiser des supervisions dynamiques des travailleurs sociaux pour renforcer leurs capacités ; mettre en place des comités de veille pour la lutte contre la traite des personnes à l’instar de comité de veille pour les violences basées sur le genre.

Mme OSSEPE Akossi Virgine Epse YAPO, Secrétaire Exécutive du Comité national de lutte contre la traite des personnes en Côte d’Ivoire

Madame OSSEPE Akossi Virgine Epse YAPO, Secrétaire Exécutive du Comité national de lutte contre la traite des personnes de Côte d’Ivoire, estime que cette rencontre a été bénéfique et qu’il faut maintenir se mettre à la tâche pour aller de l’avant. « Il y a eu vraiment des échanges de qualité surtout sur les bonnes pratiques et je pense que malgré le fait que les institutions ne sont pas parfaites, nous avons retenu des bonnes choses de la Guinée et vice versa. Donc, il s’agit pour nous maintenant d’aller de l’avant et de travailler en franche collaboration pour pouvoir faire surtout la prise en charge des victimes de la traite des personnes aussi bien en Guinée qu’en Côte d’Ivoire », a-t-elle indiqué.

Alessandro Rabbiosi, Directeur régional du projet d’appui à la lutte contre la traite des personnes dans le Golfe de Guinée (ALTP)

Abondant dans le même sens, le Directeur régional du projet d’appui à la lutte contre la traite des personnes dans le Golfe de Guinée (ALTP), trouve que les résultats de ces travaux sont réconfortants. « Les deux délégations sont convenues sur une déclaration d’intention qu’ils vont soumettre à leur hiérarchie et qui, on espère, pourra aboutir à des actions plus efficaces et coordonnées dans la lutte contre la traite des personnes et surtout de la protection des victimes et de toutes personnes en situation de vulnérabilité en général. Les recommandations feront l’objet d’une évaluation à chaque niveau national et après il y aura un retour. Et nous, on verra avec Expertise France et le financement de l’Union européenne, comment on pourra accompagner concrètement les délibérations des différents comités », a dit Alessandro Rabbiosi.

Raymond LATASTE, chargé des programmes Délégation de l’Union européenne en Guinée

Représentant l’Union européenne à cette rencontre, Raymond LATASTE a quant à lui souligné l’importance de mener une lutte commune pour freiner la traite des personnes entre les pays du Golfe de Guinée. « On estime que 75% des mouvements migratoires en Afrique de l’Ouest sont réalisés à l’intérieur de la région. Dans cette zone, se trouvent plusieurs corridors intra régionaux majeurs associant flux migratoires et pratiques abusives, principalement à des fins d’exploitation sexuelle ou de travail forcé dont le corridor Conakry-Abidjan-Lagos traversant la Guinée et la Côte d’Ivoire. La traite des personnes dans cette région possède donc une dimension interne et transnationale. La collaboration entre les différents pays est donc fondamentale pour y remédier », a-t-il souligné, tout en saluant les efforts fournis au cours atelier.

Hadja Mariama Sylla, ministre de l’Action sociale et des personnes vulnérables

Pour sa part, la ministre guinéenne de l’Action sociale et des personnes vulnérables, Hadja Mariama Sylla, s’est réjouie de la qualité du travail effectué. « J’ai un sentiment de satisfaction par rapport aux résultats auxquels ces 4 jours d’assises ont pu aboutir. Ces résultats sur le renforcement des capacités de ces acteurs vont aller jusque dans les pays du Golfe de Guinée pour pouvoir définir d’autres stratégies qui peuvent rapidement nous aider à endiguer ce phénomène de traite transfrontalière de personnes. Cela va aider à accélérer la lutte contre la traite des personnes. Et, tous les gouvernements des Etats du Golfe de Guinée sont engagés à endiguer ce phénomène », a dit la ministre.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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