Pourquoi doit-on mettre fin aux VBG ? L’ONG AGUICOPS organise une table ronde sur la question à Conakry

L’Association Guinéenne pour la Consolidation de la Paix et de la Solidarité (AGUICOPS) poursuit son combat contre les violences basées sur le genre. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé une table ronde hier, dimanche 17 janvier 2021, au Groupe scolaire Lanpel, situé au quartier Kobaya, dans la commune de Ratoma (banlieue de Conakry). La rencontre a mobilisé des enfants, des adolescents et des adultes, dont des leaders religieux, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

 

C’est dans le cadre de la mise en œuvre de son projet intitulé « Ma fille, je la protège », financé par Global Media Compaignto, que l’AGUICOPS a organisé cette activité de sensibilisation sur les méfaits des violences basées sur le genre. Les échanges ont porté notamment sur les mutilations génitales féminines, les mariages forcés et le viol, qui sont légion en Guinée. Des pratiques contre lesquelles, Alpha Oumar Binta Baldé, le l’Association Guinéenne pour la Consolidation de la Paix et de la Solidarité, appelle à des actions fortes et urgentes.

Alpha Oumar Binta Baldé, président de l’AGUICOPS

« Lorsque nous prenons ces violences basées sur le genre dans le cadre global, nous enregistrons des situations très graves. En 2020, nous avons vu par exemple des filles de trois mois qui ont été victimes de viol. Quand nous prenons l’excision qui est une pratique coutumière que nous considérons comme étant un acte d’égoïsme de la part de l’homme, ses effets néfastes ne sont plus à démontrer. Ne serait-ce que dans le cadre du mariage, il y a des conséquences négatives. Donc, c’est quelque chose qui nous préoccupe. C’est pourquoi, il faut impérativement se mettre à la tâche pour que ce taux de violence puisse diminuer », a-t-il lancé.

Adama Camara, chargé à la communication et à l’information au compte de l’ONG Action des Femmes et filles de Guinée

Présent à la rencontre, Adama Camara, chargée à l’information et à la communication de l’ONG Action des Femmes et Filles de Guinée, a plaidé en faveur de l’abandon de l’excision. « Mon message aujourd’hui, c’est de dire aux parents d’arrêter les mutilations génitales féminines. C’est une forme de violence faite aux femmes. En Guinée, les filles de 5 à 45 ans sont généralement excisées. Mais est-ce que cela a empêché le vagabondage en Guinée ? Je crois que non. Les filles qui sont dans les bars et dans les hôtels sont en grande partie des filles excisées. Je pense que c’est une idée qu’on doit arrêter. Les gens doivent abandonner cette pratique parce qu’elle n’a aucun effet positif », a dit cette jeune fille.

Bourama Babassid Camara, président de l’Association des leaders religieux de Guinée

De son côté, le président de l’association des leaders religieux de Guinée a salué la tenue de cette rencontre. Bourama Babassid Camara souhaite que les leaders religieux s’impliquent dans la lutte contre les violences basées sur le genre, particulièrement l’excision. « C’est une initiative à encourager. L’excision, je crois que c’est une pratique traditionnelle néfaste pour la santé des femmes, surtout à leur évolution et à leur épanouissement moral. Une femme excisée, ça inclut déjà un esprit d’infériorité par rapport à l’homme.

 

Chose qui n’est pas normale. Parce que l’islam n’a pas dit que la femme est un être inférieur à l’homme. Tout le monde est égal chez le bon Dieu. Je crois que la solution à ce problème, c’est d’abord nous les leaders religieux. Il faut qu’on accepte de dire que ce n’est pas un acte religieux. Ça n’a rien à voir. Si les leaders musulmans acceptent de dire ça pendant un an, vous verrez que le taux d’excision va baisser », a dit ce responsable religieux.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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