Elhadj Mamadou Sarifou Sengouma Diallo

On n’en parlera jamais assez des impacts négatifs de la fermeture des frontières guinéennes avec certains pays voisins qui dure depuis plus de quatre mois. A Labé, c’est une véritable catastrophe pour les commerçants qui, pour la plupart, s’approvisionnent en marchandises au Sénégal et en Gambie. Certains d’entre eux sont aujourd’hui au bord du gouffre, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Elhadj Mamadou Sarifou Sengouma Diallo, est l’un des plus grands commerçants de la région administrative de Labé. Mais, ses affaires ont terriblement basculé lorsque le gouvernement guinéen a décidé, à la veille de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, de fermer les frontières de la Guinée avec ses voisins du Sénégal, de la Guinée Bissau et de la Sierra Leone. Lorsque cette décision est entrée en vigueur, le commerçant avait 11 camions remplis de marchandises qui quittaient le Sénégal pour la Guinée.

Et depuis, ces véhicules sont bloqués à la frontière guinéo-sénégalaise avec tout leur contenu. Alors que ces marchandises sont en train de pourrir, il est encore obligé de mettre la main à la poche pour dépenser chaque jour les convoyeurs. « J’ai au total 11 camions chargés de marchandises, en provenance du Sénégal, qui sont bloqués à la frontière. Chaque jour, la dépense de mes convoyeurs me coûte près de 700 000 francs guinéens. Et, cela dure depuis plus de quatre mois maintenant.

Ça me fait plus de 84 millions de francs dépensés seulement pour la nourriture de mes convoyeurs. En plus de cela, j’ai perdu près de la moitié des marchandises, qui sont composées du lait, du Lipton, des boîtes de conserve de tout genre et des tissus. Cette marchandise était destinée non seulement à Labé, mais aussi à Kankan et N’Zérékoré. Cette fermeture des frontières m’affecte sérieusement. Je n’avais jamais vécu une telle situation auparavant », explique Sarifou Sengouma Diallo.

Mais, ce ne sont pas seulement les commerçants qui sont impactés par la fermeture des frontières. Les consommateurs paient également les frais de cette situation. Avec la rareté des produits sur le marché, les prix de toutes les denrées de grande consommation sont partis à la hausse.

« Il y a assez de produits qui manquent sur le marché. Du coup, les prix des denrées de première nécessité ont tous augmenté. Le sac de sel qui se vendait à 25 000 se négocie actuellement entre 45 000 et 50 000 francs ; le sac de riz importé est passé de 280 000 jusqu’à 320 000 francs ; le kilogramme de poisson qui se vendait à 23 000 à Labé, est vendu maintenant à 30 000 francs… », souligne Elhadj Mamadou Sarifou Sengouma Diallo.

Face à cette situation grave, ce commerçant interpelle le gouvernement guinéen. Il appelle à des mesures urgentes pour soulager les citoyens. « Nous demandons aux autorités d’écouter le cri du peuple, parce que la population à la base souffre énormément. Que les autorités s’organisent pour satisfaire la population », a lancé l’opérateur économique.

Selon les témoignages de certains commerçants, plus de 250 camions sont bloqués depuis plus de quatre mois à la frontière entre la Guinée et le Sénégal. Et, la plupart des marchandises seraient en train de pourrir sous les yeux impuissants des convoyeurs. Aujourd’hui, beaucoup se demandent pourquoi le gouvernement guinéen refuse toujours de rouvrir les frontières alors que la période électorale est déjà terminée.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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