Thierno Mamadou Diallo

La plaine de Yama est un véritable grenier pour les populations de la commune rurale de Koumbia, la plus grande sous-préfecture de Gaoual. Elle a une superficie d’environ 400 hectares et doit son existence à un lac long de plusieurs kilomètres qui, lui-même sort d’une source. Plus qu’un grenier, la plaine de Yama, est un trésor, un bien d’une importance capitale aussi bien pour les éleveurs qui occupent les environs avec plus de trois mille têtes de bœufs que les agriculteurs qui tentent tant bien que mal de développer la culture du riz.

Pour parler de ce don de Dame nature aux populations rurales, un reporter de Guineematin.com récemment donné la parole à Thierno Mamadou Diallo, dit « Mama », éleveur et membre de l’Union des jeunes éleveurs de la localité. Il est l’un des fils d’Elhadj Saafa Diallo, un des premiers occupants des lieux et fondateur du village Dyoty, certains l’appellent affectueusement Faghan ou Sinthanian Elhadj Saafa Madina.

« Géographiquement, Wédou Yama est situé entre la route de Foulamory et Gaoual, dans le district de N’Diouriya. Pour y arriver, vous pouvez, du côté de Dara Bowé, prendre le chemin qui va au Nord-Est. Et, si c’est du côté de N’Diouriya, vous prenez la ruelle qui monte vers le Sud-Est. Avec cette plaine, nous avons d’immenses bénéfices. C’est une plaine nourricière. Pour nous, les éleveurs, nous avons plusieurs milliers de bœufs qui vivent à ses abords, surtout en période de saison sèche. C’est un endroit où les gens cultivent aussi et certains viennent pêcher du poisson d’eau douce. Le lac de Yama est d’une grande utilité pour les populations riveraines », a expliqué Mama Diallo.

Thierno Mamadou Diallo

Cependant, les éleveurs rencontrent de sérieux problèmes auprès de ce lac qui ne cesse d’attirer la convoitise des cultivateurs et même de certains investisseurs.

« Pendant toute la saison sèche, nos bœufs viennent paître ici. Mais en pleine saison sèche, nos bêtes ont des problèmes d’eau. Ce lac perd son eau et ne garde qu’un fil d’eau inaccessible aux animaux. Les bœufs qui forcent l’accès pour s’abreuver, sont retenus par la boue. Ils pataugent. Souvent, certains tombent, se fracturent et meurent. Chaque jour, nous sommes obligés de venir au moins trois fois pour sauver nos animaux. C’est un véritable casse-tête pour tous les éleveurs de cette zone », souligne ce jeune de l’union des éleveurs de Koumbia.

Pour faire face à ce problème, Thierno Mamadou Diallo compte sur l’Etat et les organismes impliqués. « Notre appel, c’est de trouver des points d’eau accessibles pour nos bêtes. Pendant chaque saison sèche, nous traversons une situation très pénible. Nous demandons notre Gouvernement, notamment le département de l’agriculture et de l’élevage de nous aider à améliorer les conditions d’exercice de l’élevage à Koumbia. N’oubliez pas que Koumbia est le berceau de la race N’Dama. Mais si nous ne trouvons pas de solution au manque d’eau, cela ne serait pas bon ni pour les éleveurs ni pour le reste de la population qui utilise les produits de l’élevage. Ce serait une mauvaise chose pour ce secteur de croissance… », avertit-il.

Pourtant, l’agriculture et la pêche sont compatibles à la pratique de l’élevage. Il suffit juste d’un bon aménagement de la plaine et son occupation rationnelle, conclut ce jeune membre de l’Union des éleveurs de Koumbia, qui revendique à lui seul plus d’une centaine de tête de bœufs.

Depuis Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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