Opinion ! L’actu de la semaine écoulée, a été dominée par la gestation du nouvel attelage gouvernemental. Alors que « Professeur » n’en finit pas de nommer, ou plutôt de confirmer (comme on aime à le dire dans le bled) les membres de l’ancienne équipe, des voix s’élèvent pour exprimer leur déception. Pour elles, cela irait à l’encontre du nouveau slogan du « premier président de la IVe République » : gouverner autrement !

Comme quoi, l’on peut accorder un blanc-seing à celui qui a conduit le navire dans les récifs tout au long d’une gouvernance de 10 ans, faite d’atermoiements, de cafouillages, de légèreté, de tâtonnements dignes d’un apprenti-sorcier (« je ne connaissais pas les cadres guinéens, contrairement à mon défunt frangin »), et denier à son équipage la volonté et la capacité de faire peau neuve lui aussi.

Au fil des jours et selon l’humeur de leur patron, les anciens ministres sont en train d’être reconduits au compte-gouttes, dans un timing dont la logique échappe à plus d’un.

C’est comme si, dans un coin de Sékhoutoureya, le maître des céans passait ses journées à essorer des maillots mouillés, afin de jauger à l’aide d’un bocal gradué jusqu’à quel point les uns et les autres ont sué pour le troisième mandat.

Au sein du grand public, où en général on se délecte chaque fois qu’un gros poisson est viré du gouvernement, l’on fait la moue, en se disant qu’après tout cela était bien prévisible.

C’est plutôt du côté de certains groupuscules se réclamant de la jeunesse du RPG-AEC (ou du côté des marionnettistes qui se cachent derrière) que la pilule semble plus difficile à ingurgiter.

Pas besoin de s’y connaître en art divinatoire, pour affirmer que le mandat qui vient d’être entamé sera probablement (pour ne pas dire sûrement) le dernier du « Professeur ». D’où l’angoisse pour certains frustrés, qui n’ont pas eu accès à la mangeoire ou qui en ont été écartés, de voir leurs rêves finir au cimetière des illusions perdues. Surtout que pour de nombreux analystes de la vie politique guinéenne, le parti est en train d’assister à ses propres funérailles, du vivant même de son fondateur et président.

Ça urge donc ! Pour eux et leurs mentors tapis dans l’ombre, se trouver une place au soleil « condéen », passe nécessairement par le dégommage de quelques camarades autour du « Professeur ».

Et en pareil cas, c’est le maillon faible – ou supposé tel – qui reçoit les premières salves. D’autant plus que bien avant, dès après la présidentielle du 18 octobre 2020 dont l’issue était connue d’avance, celui-ci, dans la même logique, avait été identifié, traqué et livré à certains médias pour un lynchage abominable.

Ainsi, le « Zenab Bashing » lancé alors contre la ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle est remis au goût du jour. Toujours avec la même virulence qui jure pourtant avec l’absence de la moindre once de preuve.

On demande à l’intéressée de rendre le tablier, alors qu’elle n’a été inculpée par aucune juridiction ni épinglée par un rapport ou audit émanant d’un organe de contrôle de l’Etat.

En parlant de ce que d’aucuns qualifient de fronde au sein du parti présidentiel, cela ne risque pas d’impressionner outre mesure « Professeur » qui en a vu d’autres.

A l’image de la plupart de nos partis, là aussi c’est le président qui régente tout, et pour la démocratie à l’interne on peut toujours aller voir ailleurs.

N’Gara BA

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