Bah Oury, président du parti UDRG

Bah Oury, le président de l’union des démocrates de la renaissance de la Guinée (URDG), change de camp ! Il ne conteste plus la nouvelle constitution, la nouvelle Assemblée nationale, encore moins la légitimité du président Alpha Condé, réélu pour un troisième mandat de six ans. L’ancien vice-président de l’UFDG a même été coopté par Mamadou Sylla pour appartenir à son cabinet, en tant que chef de file de l’opposition parlementaire. 

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com, le leader politique explique ce changement de cap politique par « le principe de la réalité ». L’opposant qui a pourtant lutté au sein du FNDC (Front national pour la défense de la constitution) contre le troisième mandat d’Alpha Condé contribue désormais à la reconnaissance des institutions issues du très controversé double scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier. D’ailleurs, Bah Oury estime « qu’on ne peut pas faire comme si tout cela n’existait pas » dans le pays.

« Vous savez, en politique, il faut toujours mettre le principe de la réalité. C’est-à-dire qu’il y a des situations de fait qui s’imposent à nous. Il y a eu des élections législatives, il y a eu une élection présidentielle. Et, beaucoup de nos partenaires avec lesquels nous étions au FNDC ont contribué à valider l’élection présidentielle du 18 octobre, jusqu’à ce que cette élection apparaisse comme étant tout à fait normal, malgré nos recommandations et nos mises en garde. Après cette élection présidentielle, nous avons pris acte ; et, monsieur Alpha Condé est le Chef de l’Etat guinéen. En conséquence, en prenant acte de cela, cela veut dire que tout ce qui a été validé par les autres partenaires dits de l’opposition, on met ça derrière nous et on travaille avec ceux qui sont en place. C’est-à-dire qu’on a un chef de l’Etat, on a un gouvernement, on a un chef de file de l’opposition, on a une Assemblée nationale, nous avons une CENI. Donc, on ne peut pas faire comme si tout cela n’existait pas. Donc, pour résoudre les problèmes du présent et préparer le futur de la Guinée, il faut nécessairement une implication intelligente avec les structures et les institutions actuelles qui apparaissent comme celles qui parlent et agissent au nom du peuple de Guinée à l’heure actuelle. Le chef de file de l’opposition nous a fait l’honneur de nous solliciter et de nous impliquer dans sa volonté de promouvoir une autre façon de faire la politique pour aller dans le sens de l’apaisement et dans le sens d’une forme qui peut conduire à la stabilité de notre pays. Ça rejoint notre demande antérieur relative à la nécessité d’avoir une concertation nationale des acteurs des forces vives de la Guinée pour régler les problèmes actuelles et envisager l’avenir autrement », a dit Bah Oury.

Dans ce cabinet qu’il vient d’intégrer, l’ancien vice-président de l’UFDG occupe le poste de « conseiller chargé des acquis démocratiques et de l’unité nationale ». Et, déjà, il promet d’amener les gens à changer leur façon de faire la politique dans ce pays.

« On va amener les gens à changer leur façon de faire dans ce pays. D’abord, on a contribué à écrire un mémo pour demander premièrement la libération des détenus politiques, la réouverture de toutes les frontières, la réaffirmation du vivre ensemble ; et, par rapport à la question actuelle, le déguerpissement, qu’ils (les autorités) aillent avec humanité, justice et solidarité vis-à-vis des victimes. Et, par rapport au chantier que la commission permanente devra faire, il faudra revoir tous les problèmes qui ont fait que la Guinée est toujours dans le chaos, les processus électoraux, etc. Donc, en tant que conseiller chargé des acquis démocratiques et de l’unité nationale, ça me donnera un champ vaste à permettre que les choses aillent mieux dans l’intérêt de l’ensemble des Guinéens », a ajouté Bah Oury.

Ibrahima Sory Diallo Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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