C’est avec des slogans « EDG, zéro ! », « on veut le courant ! », « trop, c’est trop »… que les jeunes du quartier Tonkolonko (commune urbaine de Faranah) ont manifesté contre le manque du courant électrique dans leur quartier. Ces jeunes en colère ont barricadé la route nationale N2 Faranah-Kissidougou pendant plusieurs heures hier, mercredi 24 février 2021.

Selon les manifestants, leur quartier est sevré d’électricité depuis deux semaines ; alors qu’ils en étaient habituellement servis entre 19 heures et une heure du matin. Ce que l’antenne locale de la société électricité de Guinée ne nie pas. 

Interrogé sur cette crise, Mamadi Traoré, assistant du directeur général d’EDG à Faranah, a reconnu qu’il y a des problèmes de surcharge et de carburant.

« Nous avons eu un problème au niveau du groupe électrogène. Chaque fois que la charge est élevée sur le groupe, ça chauffait ; et, quand ça chauffe, le disjoncteur coupe l’alimentation », a-t-il expliqué. Et, l’assistant du directeur général d’EDG à Faranah a précisé que Tonkolonko n’est pas le seul dans cette situation. D’autres parties de la ville de Faranah sont aussi privées d’électricité à cause du même problème. « Quand le problème de carburant s’est posé, on ne servait que le camp parce que là-bas, c’est prioritaire. C’est la raison pour laquelle Tonkolonko 1 et 2 n’ont pas actuellement le courant. Egalement, le quartier Aviation n’est pas épargné ; et, une partie du quartier abattoir ne reçoit pas le courant », a ajouté monsieur Traoré.

Finalement, les autorités de Faranah ont dépêché une mission, conduite par monsieur Oumar Camara, le maire de la commune Urbaine de Faranah, et le Colonel Malick Diakité, commandant du bataillon autonome de Faranah pour aller rencontrer et surtout sensibiliser les manifestants qui ont été priés de libérer cette importante route nationale.

Oumar Camara, maire de la commune urbaine de Faranah

Au nom des autorités locales le maire de la commune Urbaine de Faranah s’est adressé aux jeunes manifestants. 

« Ce matin aux environs de 7 heures, nous avons été informés que les jeunes de Tonkolonko 2 ont érigé des barrages en bloquant la route nationale N2. Tout de suite, on s’est retrouvé en tant qu’autorités (maire, préfet, gouverneur, forces de sécurité et de défense). Nous avons siégé pour connaître le motif de la manifestation. On nous a fait comprendre que ça fait plus d’une semaine qu’il n’y a pas de courant et que même s’il y en a, ça ne vient pas régulièrement comme ça se doit. Nous nous sommes informés auprès d’EDG. EDG nous a fait comprendre qu’il y a un manque de carburant, et que le problème n’est pas local, c’est au niveau national. On a compris qu’il y a effectivement un problème parce que l’EDG a signé un partenariat avec la station total. Donc, c’est à partir de là-bas qu’ils sont approvisionnés. Et, dans ces demandes, le responsable en charge de l’approvisionnement des antennes à l’intérieur nous a fait comprendre que maintenant là, il y a une citerne qui est au dépôt à destination de Faranah. Ça veut dire que la citerne bouge aujourd’hui à Conakry pour Faranah », a rassuré le maire de Faranah. 

Pour convaincre les manifestants d’accepter de lever les barrages, les autorités locales leur ont donc promis que leur demande sera satisfaite. « Les autorités locales, à commencer par le maire, le préfet, le gouverneur et les forces de sécurité et de défense, nous nous engageons pour qu’il y ait le courant aujourd’hui. C’est une réalité parce que nous avons cherché à trouver le carburant », a dit Oumar Camara. 

Le maire de la commune de Faranah a profité de cette communication pour interpeller l’agence EDG dont le manque de communication est la principale raison de ces manifestations récurrentes. « Au niveau local, EDG doit prendre ses responsabilités. Quand il y a un petit problème qui pointe à l’horizon, qu’on informe la population, qu’on informe les autorités à la base aussi pour qu’on soit en mesure d’expliquer ça à nos citoyens. Mais, ils ne le font pas, on nous met devant le fait accompli, c’est extrêmement grave. C’est ce qui nous a valu vraiment tous ces coups là aujourd’hui. Si y avait l’information préalablement, nous sommes là, c’est la gestion humaine, on gère les citoyens ; et, c’est leur droit de réclamer le courant… S’il n’y a pas d’information, ça crée la confusion. Donc, on a fait ce reproche là à EDG ; désormais, si y a des difficultés, qu’ils informent la population, même nous les autorités, on n’avait pas toutes ces informations là… », a notamment expliqué Oumar Camara. Ce qui a permis de mettre fin à la manifestation.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com 

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