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« Ce n’est pas mon mari qui est l’auteur de cette grossesse. Il paraît que c’est un pêcheur léonais qui répond au nom de Mohamed Touré qui l’a enceintée au port de Kaporo. Elle-même, elle a dit que ce n’est pas mon mari. Après cet acte, son père est venu récupérer tous les enfants (qu’elle a eus avec lui avant leur divorce, ndlr). Ils m’ont dit de les suivre, j’ai dit niet, je ne peux pas quitter mon foyer », a soutenu Mme Camara Djaka Kaké.

Détenu depuis le 22 juin 2020 à la maison centrale de Conakry, Salifou Camara est poursuivi par sa fille adoptive pour viol suivi de grossesse. Devant le tribunal de première instance de Dixinn où il était convoqué le lundi dernier, 22 février 2021, le père de famille a plaidé non coupable, jurant ne rien savoir de cette affaire, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi le procès.

 

C’est la fille biologique de son épouse qui a porté plainte contre Salifou Camara. Elle l’accuse de l’avoir violée et enceintée pendant qu’elle vivait chez lui. Des accusations que le père de famille a rejetées en bloc devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Il a juré n’avoir jamais eu une quelconque relation charnelle avec la plaignante.

 

« C’est en 2004 que j’ai épousé sa mère qui était divorcée. Elle est venue chez moi avec 3 enfants que j’ai accepté d’adopter. Tous ces enfants étaient à ma charge. Ils dormaient sous mon toit, je les nourrissais et j’assurais leur éducation. Un jour, j’ai acheté une tablette pour ma propre fille. A cause de ça, Mlle M.S. s’est formalisée pour aller chez son père sans même me tenir au courant.

 

A son retour, elle m’a dit que sa maman va retourner chez son père. Il y a eu un peu de discussion par rapport à ça. Un jour, pendant que j’étais au travail, deux gendarmes sont venus me tendre une plainte soi-disant que j’ai non seulement violé la fille mais aussi je l’ai enceintée. Mais je jure : même une seule fois, je n’ai pas pensé à coucher avec elle, jamais ! », s’est défendu l’accusé.

 

Comparaissant comme témoin dans cette affaire, l’épouse de l’accusé et mère biologique de la plaignante, a déclaré que son mari n’est pas coupable de ce dont on l’accuse. Selon elle, c’est un pêcheur sierra-léonais qui serait l’auteur de la grossesse de sa fille.

 

« Ce n’est pas mon mari qui est l’auteur de cette grossesse. Il paraît que c’est un pêcheur léonais qui répond au nom de Mohamed Touré qui l’a enceintée au port de Kaporo. Elle-même, elle a dit que ce n’est pas mon mari. Après cet acte, son père est venu récupérer tous les enfants (qu’elle a eus avec lui avant leur divorce, ndlr). Ils m’ont dit de les suivre, j’ai dit niet, je ne peux pas quitter mon foyer », a soutenu Mme Camara Djaka Kaké.

 

Une version corroborée par Kadiatou Camara, une amie de la plaignante, qui a comparu également comme témoin. « Ma copine m’avait dit qu’elle était tombée enceinte d’un léonais. Mais, elle ne m’a pas dit son nom. Elle m’a même dit que ce dernier lui a remis de l’argent pour qu’elle fasse un avortement, mais elle a refusé », a témoigné la jeune fille.

 

Mais, malgré ces témoignages à décharge, le ministère public reste convaincu que M. Salifou Camara a affectivement violé et enceinté la fille de sa femme. C’est pourquoi, le procureur Daouda Diomandé a demandé de le « retenir dans les liens de la culpabilité de viol suivi de grossesse, en le condamnant à 10 ans de réclusion criminelle ». Une demande à laquelle s’est opposé l’avocat de la défense. Maître Amadou DS Bah a déclaré qu’il n’y a aucune charge à retenir contre son client et a plaidé sa relaxe pure et simple.

 

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le lundi prochain, 1er mars 2021.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/654416922

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