Au cours de l’assemblée générale mensuelle de son parti, ce samedi 27 février 2021, Bah Oury a répondu aux critiques le visant suite à sa participation au cabinet du chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Mamadou Sylla. Beaucoup ont dénoncé un manque de cohérence dans la démarche politique du président de l’UDRG, qui a décidé d’intégrer une institution issue d’un processus électoral qu’il ne reconnaissait pas jusqu’à récemment. Mais l’opposant, lui, explique que sa démarche est plus que nécessaire au regard de la situation difficile dans laquelle se trouve la Guinée.

Bah Oury, président de l’UDRG

« A l’heure actuelle, le pays est dans de sérieuses difficultés. Des difficultés politiques, des difficultés économiques, des difficultés liées à la situation de la pandémie Covid-19 et maintenant de la résurgence de la fièvre hémorragique Ebola. Que faut-il faire ? S’enfermer dans une boule et dire que tous ceux qui sont au pouvoir, on ne les reconnait pas, on ne les considère pas, on ne va pas discuter avec eux pour trouver des solutions au pays, c’est pratiquement démissionner. Démissionner par rapport à nos obligations de citoyen, démissionner par rapport à la nécessité de préparer le présent et l’avenir.

Si on fait ça, c’est comme si on renie notre citoyenneté de guinéen (…). En tant que responsable politique, ce qui nous intéresse, c’est l’intérêt de tous les Guinéens, quel que soit leur positionnement politique. Et, la situation actuelle, avec les problèmes qui ont été dénombrés, notre participation auprès du chef de file de l’opposition nous permet de faire prévaloir des revendications et des propositions pour que la situation s’améliore pour l’ensemble de la population guinéenne », a indiqué le président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée.

Pour lui, le premier combat qu’il faut mener aujourd’hui en Guinée, est de faire en sorte que le climat politique s’apaise et que le pays sorte des crises à répétition qu’il connaît depuis plusieurs années. Et, c’est dans ce cadre, dit-il, que l’UDRG se bat en faveur de la libération des détenus politiques. « Il y a près de 500 personnes, on ne connaît pas exactement le nombre, qui sont dans les prisons. Est-ce qu’il faut fermer les yeux sur tout ce monde et croire qu’on peut dormir tranquille ? Nous ne pouvons pas fermer les yeux, nous ne pouvons pas dormir tranquillement lorsque d’autres compatriotes sont en train d’être privés de leur liberté, de vivre des situations qui ne sont pas du tout admissibles de par les conditions dans lesquelles ils vivent.

Pour ceux qui croient que nous faisons cela pour chercher cela pour chercher à nous faire plaire, pour chercher un nom, nous leur disons non. L’une des raisons majeures de notre implication en politique depuis plus de 40 ans maintenant, depuis qu’on avait 16-17 ans, c’était de faire de la Guinée un pays qui respecte les droits de l’homme. C’est dans ce cadre que nous nous sommes battus avec d’autres personnalités qui ne sont plus là aujourd’hui pour qu’il y ait des organisations de défense des droits de l’Homme.

Les militants du RPG au début des années 90 ont été parmi ceux qui ont le plus été les cibles de notre action dans cette période, puisque beaucoup d’entre eux étaient arrêtés et incarcérés. Donc si nous nous sommes levés à ce moment-là pour des militants du RPG pour les sortir de prison, ce n’est pas aujourd’hui parce que le RPG est au pouvoir, que nous allons croiser les bras et laisser d’autres citoyens guinéens privés de leur liberté. Nous ne cherchons pas un nom », a assuré Bah Oury.

Enfin, l’opposant promet de travailler avec ses collègues de manière à renforcer le statut de chef de file de l’opposition « pour que demain, il y ait l’émergence d’une autorité politique qui ne soit pas celle que nous avons connue pratiquement depuis l’indépendance jusqu’à présent ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin