Madame Bangoura Maïmouna Yombouno, Présidente de la fondation Solidarité Féminine

En Guinée, le mois de mars est dédié aux femmes. Pendant tout ce mois, la couche féminine est à l’honneur. Une occasion de se pencher sur la situation des femmes dans le pays et de promouvoir le respect de leurs droits. C’est dans ce cadre que Mme Bangoura Maïmouna Yombouno, la présidente de la fondation Solidarité féminine, a accordé un entretien à Guineematin.com ce mercredi, 3 mars 2021. Cette féministe a lancé un appel aux femmes de Guinée, leur demandant de se battre pour avoir la place qu’elle mérite.

Représentant 52% de la population du pays, la couche féminine demeure celle qui souffre le plus en Guinée. Les femmes sont moins scolarisées par rapport aux hommes et moins représentées dans les instances de prise des décisions. A cela s’ajoutent plusieurs autres facteurs sociaux (mariages précoces et forcées, viols, mutilations génitales féminines) auxquels elles sont confrontées. Toutefois, la présidente de la fondation Solidarité Féminine constate que la situation commence à s’améliorer positivement depuis quelques années.

Madame Bangoura Maïmouna Yombouno, Présidente de la fondation Solidarité Féminine

« Depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, il y a beaucoup de choses qui ont changé aujourd’hui sincèrement dans le cadre du respect des droits et de la participation des femmes à la vie sociopolitique. C’est avec l’avènement du président Alpha Condé que nous avons vu les femmes occuper des postes stratégiques autrefois réservés aux hommes. C’est avec Alpha Condé que nous avons vu pour la première fois une femme occuper les postes de ministre de l’économie est des finances, de ministre des travaux publics, de ministre du plan.

C’est avec l’avènement du président Alpha Condé que nous avons vu trois femmes se succéder à la tête du ministère de l’environnement.  Ensuite, le président de la République prend la parole pour lutter contre les fléaux faits aux femmes (les mariages précoces et les viols), il a créé des fonds d’appui aux initiatives des femmes. Il a une attention toute particulière et il fait quelque chose pour les femmes. Pour moi, le président a joué sa partition, mais il ne peut pas tout seul obtenir les résultats escomptés », a noté Mme Bangoura Maïmouna Yombouno.

Cette année, la célébration de la fête des femmes, qui a habituellement lieu le 8 mars, a été reportée, en raison de la situation sanitaire du pays, marquée par la présence de la pandémie de Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola dans le pays. Mais malgré cette situation, la fondation Solidarité Féminine, elle, ne compte pas passer le mois de la femme sous silence. Elle prévoit d’organiser quelques activités allant dans le sens de la promotion des droits de la couche féminine.

 « Nous avons planifié une campagne de solidarité, un mouvement de solidarité dénommé « He for She » qui veut dire « lui pour elle ». C’est une campagne de plaidoyer qui a été lancée aux Nations Unies pour l’automatisation des femmes sous le règne de Ban ki Moon, qui recommande à ce que les hommes prennent la parole, se positionnent pour défendre les droits des femmes. Nous sollicitons l’adhésion des autorités guinéennes à cette activité parce que c’est un mouvement de soutien aux droits des femmes.

C’est une campagne de plaidoyer porte-à-porte que nous sommes en train de mettre en place. Nous sommes en train de préparer ce mouvement qui va prendre tout le temps qu’il faut, parce que nous voulons obtenir l’adhésion du président de la République. La fondation a planifié également deux conférences-débats le samedi prochain », a annoncé Maïmouna Yombouno, tout en invitant les femmes de Guinée à se lever pour réclamer de meilleures conditions favorisant leur épanouissement.

 « Il faut que nos sœurs sachent que la fête des femmes, ce n’est pas pour réclamer des uniformes. C’est l’occasion pour nous de réclamer quelque chose. La chance que nous avons en Guinée, c’est que tout le mois de mars est dédié aux femmes. Il faut donc que les femmes se lèvent pour réclamer plus de place, réclamer des fonds d’appui,  réclamer la maison de la femme de Guinée. Où les femmes doivent se retrouver sans rien payer, se former, échanger, partager leurs expériences.

Un centre de donner et de recevoir. Où les femmes peuvent recevoir leurs sœurs victimes de violence, peuvent recevoir les filles qui ont été déscolarisées, qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, pour qu’on puisse leur donner une deuxième chance en les inscrivant à l’école.  Où les femmes peuvent se retrouver pour travailler sur les nouvelles technologies, le numérique. Sans cela aujourd’hui, on sera hors-jeu. Donc, il faut que les femmes se remettent en cause », a lancé l’activiste des droits des femmes.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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