Guinée : le « gouverner autrement » poursuit son populisme

Par Habib Yembering Diallo : Déguerpissement ou destruction, c’est selon, par-ci contrôle inopiné par-là, le slogan gouverner autrement commence à montrer son vrai visage. En tout cas pour le moment ce sont les deux actions concrètes que l’on observe sur le terrain.

Une nouvelle fois le chef de l’Etat a effectué une visite inopinée dans des ministères. Objectif : contrôler la présence effective des fonctionnaires à leur poste. Et visiblement l’homme a été très déçu. A un moment où  la Guinée est le seul pays au monde à être confronté à plusieurs épidémies dont Coronavirus et Ebola, et comble de paradoxe, le ministère de la Santé a enregistré le record d’absences.

Ce qui a mis Alpha Condé dans tous ses états. Il a demandé aux chefs de ces départements, très gênés, de prendre des sanctions. Lesquelles devront aller d’un simple avertissement à une radiation pure et simple des effectifs de la fonction publique. Dès lors, on imagine la panique. Mais aussi les règlements de compte. Car gare à celui qui fait partie des absents de ce jour et qui n’était pas en odeur de sainteté avec son patron.

Il est bien beau de contrôler la présence effective des fonctions à leur lieu de travail. Car ils sont payés pour travailler. Mais il est aussi bien de créer les conditions de travail. Car ce n’est un secret pour personne que si tous les fonctionnaires se présentent à leur travail il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Les fonctionnaires guinéens travaillent de façon alternative. Pendant que les uns sont au travail les autres sont à la maison. En plus, les outils de travail datent du « Moyen âge ».

La réalité guinéenne ne s’applique pas à cette citation de Georges Clemenceau « Les fonctionnaires sont comme les livres d’une bibliothèque : les plus haut placés sont ceux qui servent le moins ». Ici ce sont les plus hauts placés qui travaillent le plus. Parce que ce sont eux qui ont des bureaux. Ce sont eux aussi qui ont du travail. Les autres ne sont qu’un complément d’effectif.

En outre, si le gouverner autrement pouvait aussi s’appliquer au cas de corruption, les Guinéens applaudiront de deux mains. Pour l’exemple concret du cas de déguerpissement, si le chef de l’Etat donnait l’ordre de demander des comptes à tous ceux qui ont vendu les domaines de l’Etat. C’est-à-dire non seulement les zones réservées mais aussi les terrains prévus pour les marchés, les écoles, les terrains de sport et même les cimetières. Il faut noter que dans certains  quartiers de Conakry et sa proche banlieue de Coyah et de Durbréka trouver où enterrer un mort est parfois plus douloureux  que la mort d’un proche.

Et que dire de tous ces barrages routiers dont le seul et l’unique objectif est de rançonner le pauvre citoyen. Bref, si on se mettait à égrener les cas de corruption et de détournement dans ce pays jusqu’à demain on n’aura pas fini. C’est cela qu’il faut changer. C’est cela gouverner autrement monsieur le président.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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