Coyah et Dubréka ou « l’apartheid » dans l’assainissement

image d’archive

Il aura fallu Coronavirus et ses corollaires de restrictions pour que les autorités guinéennes nous parlent « du Grand Conakry ». Entendez les cinq communes de la capitale plus Coyah et Dubréka. Sur le papier ces deux préfectures et leurs communes urbaines sont rattachées à la préfecture de Kindia. Mais sur le papier seulement. Dans les faits, Coyah et Dubréka partagent tout avec Conakry.

Du moins  quand s’il s’agit des problèmes de santé, de sécurité d’embrouillages, de moustiques et que sais-je encore. Pour le reste, ces deux localités sont les grands oubliés des autorités. En effet, depuis quelques mois maintenant, Conakry a changé peu à peu de visage. Notamment en termes d’insalubrité. Des poubelles sont posées de Kaloum à Sonfonia. Des camions sillonnent les communes pour ramasser les ordures. Même des agents balayeurs sont désormais sur le terrain.

L’impact de cette triple action est visible partout. Finis les tas d’immondices tout le long de la route le Prince. Des routes propres et une ville qui ressemble enfin à une. Mais cette politique d’assainissement ne concerne que la capitale. C’est-à-dire celle qui existe sur le papier. Alors que, comme nous l’avons vu, il y a désormais Conakry et le Grand Conakry. La première est propre. La seconde reste une ville-poubelle.

Le contraste est terrible entre les quartiers de Conakry et ceux de Coyah ou de Dubréka. D’un côté vous avez Enta, Dabompa et jusqu’à Lansanaya, qui sont relativement  propres et où il y a des poubelles et de l’autre le KM 36 qui baigne dans les immondices. La situation est identique sur la route le Prince. Alors Sonfonia, tristement célèbre ces dernières années à cause de son insalubrité, est désormais propre, Kagblen où, à défaut de poubelles, les citoyens n’ont pas le choix que d’incinérer les ordures reste comme avant.

Incontestablement Kagbelen et le KM 36 sont respectivement les portes d’entrée de la capitale pour la route le route le Prince et l’autoroute. Il ne devait donc pas y avoir aucune différence entre ces quartiers et leurs voisins de Conakry. La capitale ne saurait être propre si ses deux entrées sont sales. Conakry ne serait pas à l’abri des épidémies liées à l’insalubrité si Coyah et Durbréka sont dans l’état actuel dans lequel elles se trouvent.

D’où la nécessité pour les autorités de relancer le projet vieux de 11 ans maintenant : celui qui fait de la capitale guinéenne une ville avec 8 communes dont Coyah et Dubréka. Il faut rappeler qu’à l’occasion de la grande transition amorcée en 2010, il était prévu d’intégrer ces deux préfectures dans la capitale pour en faire 7 communes plus une autre commune qui devait être créée.

Malheureusement, comme les auteurs secteurs sociaux et économiques, cette initiative n’a pas encore prospéré. C’est la raison pour laquelle les autorités, estimant sans doute que la capitale est pour le moment prioritaire pour l’assainissement, s’occupent d’une partie de la ville qu’elles considèrent comme Conakry et abandonnent une autre  partie, elle, qui relève de l’intérieur du pays. Comme si Kindia ne fait pas partie de la Guinée.

Habib Yembering Diallo pour Guineemaitin.com

Tél. : 664 27 27 47

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