Sansando (Mandiana) : un forage pour plus de 2 500 habitants Kansan

Située à environ 117 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Mandiana, le district de Kansan (dans la sous-préfecture de Sansando) fait face à un manque criard d’eau potable. Cette localité ne possède qu’un seul forage pour plus 2 500 habitants. Et, la majeure partie de l’eau consommée actuellement dans les ménages provient du Djoliba (le fleuve Niger), a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Mandiana.

Malheur à celui qui a une cérémonie de mariage actuellement à Kansan ! Car, en cette période de saison sèche, trouver de l’eau dans ce district relève d’un parcours du combattant. Sur les trois forages qui y existent, seul un est fonctionnel. Et, pour avoir l’eau de ce forage, les habitants de Kansan (notamment les femmes et les enfants) doivent se lever au milieu de la nuit pour aller faire la queue. Ceux qui, par malheur, jouissent confortablement de leur sommeil jusqu’au levée du jour n’auront aucune goutte d’eau. Et cela, quel que soit leur degré de combativité devant ce forage où la quête d’eau se transforme parfois en bagarre rangée entre ces pauvres citoyens. Ainsi, la seule alternative qui s’offre à ces populations pour avoir cette denrée indispensable est le fleuve Djoliba. 

C’est dans ces eaux troubles de fleuve, après pour plusieurs heures de marche pour certains, qu’ils puisent l’eau pour les besoins en famille. Par moment, c’est cette eau du fleuve qu’ils boivent aussi.

« Ça arrive souvent qu’on ait des accouchements, mais il se trouve que la pompe est fermée ou bien il y a plus d’eau dedans. La femme peut accrocher, on attend le matin pour bien laver le bébé. Chez moi, ce sont mes filles élèves qui puisent de l’eau avant de partir à l’école. Ce que moi je cherche à la pompe, c’est l’eau à boire ; sinon, pour d’autres besoins, aucun de mes enfants ne va à l’école sans puiser de l’eau, même s’il est l’heure. Je préfère que mon enfant chôme que de rater le fleuve le matin. Car, une fois que tu rate le fleuve, tu te prépare à guerre. Parce que quand tu vas à la pompe (le forage), forcement tu vas faire la guerre », a confié Fadima Keïta, matrone au poste de santé de Kansan.

Selon le maire de la commune rurale de Sansando, le problème d’eau à Kansan s’explique en grande partie par le fait que la nappe phréatique est très difficile d’accès dans ce district.

« Cette localité est sur une qualité de terre qui fait que difficilement les forage donne de l’eau. Mais, j’ai encore prévu un forage dans cette localité dans les nouveaux projets de l’ANAFIC. On a même fait la passation de marche, tout est fini, ça ne reste que la réalisation du forage », a indiqué le maire Mamady Keïta.

Cependant, pour le gérant local des forages de Kansan, Famani Condé, les populations de ce district sont simplement victime d’abandon de la part de l’Etat.

« Si Alpha Condé est informé de ça, on n’allait pas être dans ce état ; car, lors des différentes élections, on lui a donné toutes nos votes. Donc, au retour, après 10ans de pouvoir, on ne peut pas continuer à boire de l’eau du fleuve. L’état ne nous a rien donné comme pompe ; et, la seule qui est là, c’est un projet qui nous l’a offert », s’est indigné Famani Condé.

De Mandiana, Mamady Konoma Keita pour Guineematin.com

Tel : 00224 625 81 03 26

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