Hadja Maïmouna, épouse de Chérif Bah : « je demande aux autorités de laisser mon mari aller se traiter »

L’état de santé de Chérif Bah, vice-président de l’UFDG, détenu depuis plus de quatre mois à la Maison centrale de Conakry, préoccupe son épouse. Hadja Maïmouna Diallo demande aux autorités guinéennes de permettre à son mari, qui présente des problèmes cardiaques, d’être évacué pour des soins à l’étranger. Elle a lancé cet appel dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, le samedi dernier, 20 mars 2021.

 

Décryptage !

 

Guineematin.com : votre mari, Ibrahima Chérif Bah, est hospitalisé depuis quelques jours, après avoir présenté des problèmes de santé en prison. Comment vivez-vous aujourd’hui cette situation ?

Hadja Maïmouna Diallo, épouse de Chérif Bah et vice-présidente du bureau national des femme de l’UFDG

Hadja Maïmouna Diallo : effectivement, les conditions de détention à la Maison centrale qui sont insoutenables, ont contribué sérieusement à dégrader l’état de santé de mon mari. Parce que je le répète encore, quand il rentrait en prison, il était en bonne santé, il n’avait aucun problème. Mais ces derniers jours, il ne se sentait pas bien, donc il a demandé à avoir des examens. Malheureusement, les examens ont révélé que les paramètres cardiaques étaient beaucoup dégradés. Le médecin a recommandé une hospitalisation d’urgence avec un suivi très sérieux. C’est pour ça que dans la nuit même du mercredi à jeudi, il a été transporté à l’hôpital Ignace Deen. Donc, je confirme que son état de santé n’est pas reluisant.

 

Guineematin.com : on apprend que votre souhait aujourd’hui, c’est l’évacuation de votre mari à l’étranger pour qu’il puisse avoir des soins plus appropriés. Avez-vous engagé des démarches dans ce sens ?

 

Hadja Maïmouna Diallo : tout ce que je peux, c’est de demander aux autorités, particulièrement au président de la République et au Premier ministre, d’œuvrer en sorte que mon mari puisse aller avoir ses soins. Parce que l’année dernière, avec la Covid-19, il n’a pas pu voyager pour aller faire son contrôle. Malheureusement, au moment où il devait partir, c’est en ce moment qu’il a été arrêté. Il est en prison depuis bientôt 5 mois. C’est un homme d’un certain âge qui a l’habitude de voir son médecin tous les 3 à 4 mois, qui se retrouve dans une situation qui ne lui permet pas de voir un médecin.

 

Donc, je leur demande de laisser mon mari pour aller faire son traitement. Parce que c’est un Guinéen, il mérite quand même d’avoir des soins. Comme tout citoyen libre, il a droit à des soins. Il faudrait qu’on accepte qu’il soit évacué pour qu’il aille se traiter. Moi, je les assure que mon mari ira se traiter et il reviendra se mettre à la disposition de la justice de son pays. Parce qu’il ne se reproche rien. Il est sûr que le dossier est vide et on finira par le comprendre et le relâcher purement et simplement.

 

Guineematin.com : dans un communiqué publié vendredi soir à la télévision nationale, le ministère de la justice a indiqué que l’état de santé de votre mari s’améliore. Il annonce aussi que sur instruction du président de la République, autorisation est donnée désormais à tous les détenus d’être suivis régulièrement par leurs médecins traitants. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

 

Hadja Maïmouna Diallo : j’aimerais avoir la confirmation de tout ce qui est dit en laissant mon mari aller se faire soigner. Quand ils le laisseront partir se faire traiter, j’aurai la confirmation que ce que le président a dit, c’est effectif. Parce que c’est nécessaire et urgent.

 

Guineematin.com : le même communiqué du ministère de la justice annonce que des procès justes et équitables seront bientôt organisés. Est-ce que cela vous rassure ?

Hadja Maïmouna Diallo, épouse de Chérif Bah et vice-présidente du bureau national des femme de l’UFDG

Hadja Maïmouna Diallo : au regard de ce qui s’est passé jusque-là, de son arrestation à son incarcération, la justice n’a été respectée nulle part. Ça, je le dis. Maintenant, si aujourd’hui on me dit qu’il aura une justice équitable, je ne peux que l’accepter et attendre de voir. Parce que si aujourd’hui la justice devait être respectée, il ne serait pas en prison. Alors, j’aimerais voir un procès équitable, c’est mon grand souhait. Ceci dit, je voudrais que cet appel du président de la République soit respecté encore une fois.

 

Guineematin.com : vous le rappeliez tout à l’heure, il y a bientôt 5 mois que votre mari est en prison. Comment parvenez-vous à gérer cette situation ?

 

Hadja Maïmouna Diallo : c’est très pénible. On s’est marié depuis plus de 30 ans. C’est la première fois qu’on s’est séparé plus d’un ou de deux mois. Vous savez, on dit le plus souvent que la vie est plus facile quand on la vit à deux. Moi, j’ai toujours tout partagé avec mon mari. Mais aujourd’hui, il n’est pas là. Ça c’est vraiment très dur.

 

Il faut que les autorités sachent que ces détenus politiques sont des citoyens à part entière de la Guinée. C’est des gens qui n’ont jamais été condamnés et qui ont été pour la plupart des hautes personnalités de ce pays. Particulièrement mon mari, qui a occupé de hautes fonctions ici. Il a enseigné la plupart des hauts cadres qui exercent aujourd’hui. Ça veut dire que c’est un homme digne de confiance et de respect. Alors, je demande à ce que la loi soit respectée, à travers ces prisonniers, en les libérant et en les laissant rejoindre leurs familles.

 

Ils ont toutes les garanties de représentativité et donc, il n’y a aucun risque qu’ils ne puissent pas répondre à la justice quand celle-ci aura besoin d’eux. C’est des personnalités publiques et politiques, ils ne peuvent pas se dérober à la justice. Donc, encore une fois, je demande au président de la République de prendre les mesures permettant à ces détenus politiques de rejoindre leurs familles et de se remettre physiquement avant le procès. Aujourd’hui, certains ont le Covid-19, d’autres avaient des maladies comme le diabète, l’hypertension et leur état de santé s’est dégradé en prison.

Interview réalisée par Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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