Viol et séquestration d’une fille à Coyah : 20 ans de prison requis contre Amadou Camara, le ‘’Serpent’’

Après près de 7 ans de détention préventive à la maison centrale de Conakry pour « viol et séquestration » d’une fille dans la préfecture de Coyah, Amadou Camara, alias ‘’Serpent’’, a comparu le mardi dernier, 16 mars 2021, devant le tribunal criminel de Mafanco. Et, au terme d’intenses débats entre les parties au procès devant cette juridiction de première instance, ce jeune « danseur » a fini par reconnaitre les faits qui lui sont reprochés. Ce qui n’a pas empêché le ministère public à requérir la peine maximale à son encontre. La procureure Joséphine Loly Tinkiano a demandé au tribunal de le condamner à 20 de réclusion criminelle, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi le procès.

A l’ouverture de son procès, Amadou Camara a commencé par réfuter toutes les charges articulées contre lui. « Moi, je suis danseur. Les faits qu’on m’accuse ne sont pas de moi. Je ne les reconnais pas », s’est-il défendu devant le tribunal.

Cependant, il sera très vite contraint de faire marche arrière et reconnaitre les faits de viol et de séquestration qui pèsent contre lui. Car, le tribunal et le ministère public se sont employés, tour à tour, à lui rafraichir la mémoire et le confondre avec ses dépositions à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur. Des dépositions dans lesquels il avait reconnu les faits articulés contre lui.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé la peine maximale contre Amadou Camara. La procureure audiencière, Joséphine Loly Tinkiano, a demandé 20 ans de réclusion criminelle contre l’accusé.

« Monsieur le président, monsieur Amadou Camara, alias Serpent, est poursuivi devant votre tribunal pour des faits de viol et séquestration. Des faits qui se sont déroulés dans la nuit du 07 au 08 décembre 2013 dans la préfecture de Coyah. L’accusé présent ici a reconnu les faits qui lui sont reprochés à l’enquête préliminaire… La victime a dit devant vous ici qu’elle ne s’est pas trompée de personne et que c’est bien celui-ci (Amadou Camara) qui a abusé d’elle. Elle dit que Amadou Camara est celui qui venait souvent derrière notre Cour. C’est pourquoi, nous ministère public disons que les preuves des faits sont concrètes. Pour cela que nous allons requérir qu’il vous plaise de retenir Amadou Camara dans les liens de la culpabilité des faits à lui reprochés en ce qui concerne le viol… Pour la séquestration, elle  a été  bien établie. Le ministère public requière qu’il vous plaise de condamner Amadou Camara à  20 ans de réclusion criminelle », a requis la procureure Joséphine Loly Tinkiano.

Des réquisitions du ministère public qui ont outré la défense. L’avocat de Amadou Camara a jeté un « doute » sur le procès-verbal d’enquête préliminaire versé au dossier de la procédure. La défense a ensuite plaidé la relaxe pure et simple de l’accusé.

« Monsieur le président, les faits reprochés à mon client ne sont qu’un simple montage de la police. A l’enquête préliminaire, monsieur Amadou Camara n’a pas reconnu les faits à lui reprochés. Devant vous ici, il n’a pas reconnu les faits. Nous la défense, nous n’avons pas dit que la fille n’est pas victime de viol, mais le coupable n’est pas notre client. Le ministère public n’a pas fourni les preuves de sa poursuite. Nous doutons du procès-verbal versé au dossier. C’est pourquoi, nous demandons à votre tribunal d’ordonner la relaxe pure et simple de notre client Amadou Camara », a plaidé la défense.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le mardi 30 mars prochain.

A noter que l’accusé Amadou Camara est officiellement en prison depuis le 09 mai 2014 à la maison centrale de Conakry.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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