Société minière de Mandiana à Loïla (Koundian) : ce qui oppose les travailleurs à ENCORES Guinée

 

C’est une impasse dans les négociations entamées par le préfet Mohamed Lamine Doumbouya dans le bras de fer qui oppose la société ENCORES à ses travailleurs en charge de la construction de l’usine de traitement d’or de la société minière de Mandiana (SMM) à Loïla, dans la commune rurale Koundian. Ces travailleurs -qui réclament de meilleures conditions de vie et de travail à leur employeur- viennent rejeter le protocole d’accord qui leur a été tendu par ENCORES. Ils considèrent ce protocole comme « une provocation » ; car, il ne répondrait en rien à leur attentes, d’autant plus qu’il ne tient pas compte des points d’accord sortis de la récente réunion avec le préfet de Mandiana.

Selon des informations confiées au correspondant préfectoral de Guineematin.com hier, mardi 23 mars 2021, le préfet, Mohamed Lamine Doumbouya, dans sa tentative de trouver une solution concertée au problème qui oppose ENCORES à ses travailleurs, a tenu le samedi dernier une « réunion de négociation » avec les parties en conflit. Cette assise avait alors permis de rapprocher les lignes et laisser entrevoir une lueur d’espoir pour une sortie rapide de crise entre ENCORES et ses travailleurs.

Oumar Traoré, le porte-parole du collectif des travailleurs de ENCORES-Guinée

« Nous avons pris part à la deuxième réunion de négociation entamée par le préfet, Mohamed Laminé Doumbouya, pour trouver un terrain d’entente entre nous et les responsables de la société ENCORES- Guinée. Mais, avant de venir à Mandiana pour cette réunion, on s’est entretenu vendredi, de 19 heures à 22 heures, avec le directeur général de la société minière de Mandiana (SMM), monsieur Mondjir. Il nous a proposé une augmentation de salaire de 400 mille francs sur le salaire de tous les travailleurs à compter du mois de janvier 2021 ; mais, on ne s’est pas compris ; parce que notre revendication ce n’est pas à ce niveau. Mais, le samedi matin, on s’est présenté à la préfecture pour le rendez-vous de monsieur le préfet de Mandiana. Dans la salle, il y avait le directeur de cabinet de ENCORES- Guinée, l’inspecteur régional du travail de Kankan et nous, le collectif des travailleurs de ENOCRES… Devant le préfet, on nous a proposé la même augmentation de salaire de 400 mille francs à compter de janvier 2021. Maintenant, pour ne pas s’éloigner de tout le monde, on a accepté ; mais, à condition que cette augmentation de salaire tienne compte des mois antérieurs depuis octobre 2020 et que tous les 10 heures de travail de samedi soient obligatoirement payées comme heures supplémentaires. C’est après ça que le préfet a instruit à ce que les responsables de la société travaillent avec l’inspecteur régional du travail de Kankan pour bien examiner nos nouvelles conditions dans trois jours et de lui donner une réponse qui fera objet d’une autre réunion », a indiqué Oumar Traoré, le porte-parole du collectif des travailleurs de ENCORES-Guinée.

Cependant, cette lueur d’espoir d’un dénouement rapide de la crise s’est estompée en début de cette semaine quand, à la surprise générale des travailleurs, la direction d’ENCORES a brandi un « protocole d’accord » qui n’intègre pas tous les points accord obtenus devant l’autorité préfectorale de Mandiana. Les travailleurs, très en colère, ont refusé de signer ce document qu’ils considèrent comme « une provocation » de la part de leur employeur.

Ousmane Mara, membre du collectif des employés de ENCORES-Guinée

« A notre forte étonnement, ce lundi, les responsables de ENCORES-Guinée nous ont déposé un protocole d’accord qui ne tient compte que d’une augmentation de 400 mille francs sur le salaire, sans préciser la considération des mois antérieurs, ni des heures supplémentaires. Directement, on a appelé monsieur le préfet qui nous a dit qu’il n’est au courant de rien. Donc, nous sommes toujours derrière le préfet de Mandiana pour être rétablis dans nos droits. Car, pour nous, ce protocole est une provocation. Mais, on ne fait rien pour le moment avant la prochaine rencontre avec le préfet », a précisé Ousmane Mara, un des membres du collectif des employés de ENCORES-Guinée.

A rappeler que dans leur plateforme revendicative, les employés d’ENCORES Guinée demandent le paiement des heures supplémentaires, l’enregistrement des travailleurs à la caisse nationale de la sécurité sociale, la signature de nouveaux contrats pour ceux qui ont respecté le contrat d’essai de 3 mois, le respect des récolements de fin de contrat et la prise en charge de l’assurance maladie.

A suivre !

De Mandiana, Mamady Konoma Keita pour Guineematin.com

Tel : 00224 625 81 03 26

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