Guinée : nostalgie, quand tu nous tiens !

Une nouvelle fois le président Alpha Condé a emboité le pas à son prédécesseur, le premier président de la Guinée. En visite à Fria, il a dit tout le mal qu’il pense de certains pays voisins. En particulier le Sénégal. Le chef de l’Etat guinéen accuse ce pays d’avoir de velléité de déstabilisation contre la Guinée. Ce qui justifie logiquement le maintien de la fermeture de la frontière de la Guinée avec le Sénégal.

Que la Guinée accuse le Sénégal de vouloir la déstabiliser, ce n’est pas une nouveauté. Du moins pour ceux connaissent l’histoire entre les deux pays. Depuis leur indépendance la situation est la même. Parce que Dakar est aux opposants de la sous-région ce que Paris  est aux dissidents du monde entier. Depuis les années soixante Dakar est un refuge pour tous ceux qui sont persécutés en Guinée. Y compris un certain Alpha Condé qui s’était réfugié à l’ambassade du Sénégal à Conakry avant d’y être exfiltré par les autorités sénégalaises et conduit à l’aéroport pour Dakar.

Si l’ancien opposant historique devenu président de la République est hostile à la présence de ses opposants dans la capitale sénégalaise, le Sénégal lui rappela que si le pays de la Teranga n’avait pas cette tradition de protéger les faibles contre les forts, lui –même ne serait pas là où il est aujourd’hui. Si, sur le plan interne, il a réussi à rendre prohiber tout ce qui était permis hier, sur le plan externe ce n’est pas possible.

Dans tous les cas, et comme nous l’avons dit, si la Guinée accuse le Sénégal de vouloir la déstabiliser ce n’est pas la première fois. Et malheureusement ce ne sera pas la dernière. Parce que ce pays voisin défendra toujours les opprimés d’une sous-régio en proie à des régimes d’une autre époque. Pour le Sénégal il y a des principes et des valeurs qu’il ne négociera jamais. C’est entre autres accorder l’asile politique et la protection à ceux qui se sentent menacés dans leur pays.

Le moins que l’on puisse dire est qu’avec cette accusation, les nostalgiques sont bien servis. Car cela n’est pas sans rapper les relations exécrables entre d’une part Léopold Seder Senghor et Sékou Touré et d’autre part entre ce dernier et Félix Houphouët-Boigny. Durant les années de plomb la frontière avec ces deux pays voisins étaient hermétiquement fermées. Ceux qui s’y aventuraient étaient abattus comme du gibier. Leurs biens confisqués par la révolution dévoratrice et dévastatrice.

Que la frontière avec un de ce pays soit aujourd’hui encore fermée, c’est la concrétisation d’une promesse de reprendre la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Même si, à l’opposé de la situation d’hier, les relations entre Conakry et Abidjan, elles, sont au beau fixe. Mais cela aussi on le sait pourquoi. Objectif de troisième mandat oblige. Comme dit le vieil adage, ce sont les oiseaux de même espèce  qui volent ensemble.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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