Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre guinéen

Sauf changement de calendrier, le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, passera devant l’Assemblée nationale demain, mercredi 7 avril 2021, pour présenter la politique générale de son gouvernement. Et à quelques heures de ce passage très attendu, le sujet focalise beaucoup d’attentions et suscite un grand débat à Conakry.

Pour cause, la Constitution en vigueur donne le pouvoir aux députés d’approuver ou de désapprouver la déclaration de politique générale faite par le Chef du gouvernement. C’est en tout cas ce que dit l’article 63 de la Constitution. « Après sa nomination, le Premier Ministre fait une déclaration de politique générale devant l’Assemblée Nationale. Cette déclaration est suivie d’un débat avec vote ».

Autrement dit, si le Premier ministre ne parvient pas à convaincre les députés, ces derniers ont la possibilité de rejeter la déclaration de politique générale de son gouvernement. Et la conséquence immédiate d’un tel scénario serait la démission du gouvernement.

« Lorsque l’Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou lorsqu’elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement », indique l’article 99 de la Constitution.

Ces passages de la Constitution ajoutés aux rumeurs annonçant une éventuelle démission du Premier ministre laissent la place à toutes sortes de spéculations. D’aucuns laissent entendre que l’Assemblée nationale pourrait sanctionner Ibrahima Kassory Fofana, en rejetant la déclaration de politique générale de son gouvernement.

Si une telle situation arrivait à se produire, ce serait une première en Guinée. Car jusque-là, la présentation de la politique générale du gouvernement par le Premier ministre, était suivie de débat mais sans vote. Mais, certains analystes ne se font pas d’illusions à ce sujet. Pour eux, il serait utopique de penser que le parlement va sanctionner le gouvernement.

Tous sont unanimes que la Constitution guinéenne est hautement présidentielle, et que seul le Président de la République a le pouvoir « réel » de nommer ou de renvoyer son Premier ministre. Ce qui veut dire que le renvoi du Premier ministre par la représentation nationale, quels que soient les arguments, ne sera pas pour demain.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

 

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