Mort d’Idriss Déby : Fodé Mohamed Soumah appelle à la mise en place d’un gouvernement civil

Honorable Fodé Mohamed Soumah, président du parti la Génération Citoyenne (GeCi)

Le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno décédé le mardi dernier, de ses blessures reçues au front, selon le communiqué de l’armée, a rejoint sa dernière demeure le vendredi, 23 avril 2021, dans son village. Il a été remplacé à la tête du pays, non pas par le Président de l’Assemblée nationale qui est son dauphin constitutionnel, mais par une junte militaire dirigée par son fils le Général Mahamat Idriss Itno.

Et depuis ce changement inconstitutionnel, l’opinion est médusée à cause du silence des organisations internationale et des puissances occidentales qui, comme au Mali, au Burkina Faso et ailleurs avaient pris fait et cause pour exiger la dissolution de la junte et l’avènement à la direction du pays d’un civil.

Interrogé par Guineematin.com, ce samedi 24 avril 2021, l’opposant Fodé Mohamed Soumah, par ailleurs 5ème vice-président de l’Assemblée nationale, leader de la Génération Citoyenne, GeCi, membre du groupe parlementaire Alliance patriotique et porte-parole du Chef de file de l’opposition guinéenne, a exprimé son désarroi face à la disparition du dictateur Tchadien avant de souhaiter la conduite de la transition par un gouvernement totalement civil.

« Honnêtement, je suis troublé par cette mort prématurée du Président Idriss Déby. De nos jours, on ne peut pas se permettre de liquider physiquement un Président de la république. Cela relève aux antipodes de l’ère moderne. A l’occasion je voudrais présenter mes condoléances au peuple tchadien qui s’apprêtait même à confier un nouveau mandat au Président défunt. Je salue également l’observance d’une journée de deuil national décrétée en Guinée. Cela va dans l’esprit d’unité de notre continent », a dit leader de la GeCi.

L’opposant dénonce le deux poids, deux mesures de la communauté internationale dans ce dossier, alors que le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, est lui-même tchadien. Mais aucune voix ne s’est levée pour exiger de la junte au Tchad de laisser la place aux civils pour conduire la transition.

Honorable Fodé Mohamed Soumah, président du parti la Génération Citoyenne (GeCi)

« La Communauté internationale ne doit pas faire le deux poids deux mesures. Ce n’est pas du tout normal. Tant que l’Afrique ne s’appuie pas sur les acquis démocratiques, c’est-à-dire, le refus de la reculade, on va tourner en rond et au grand dam de nos braves et laborieuses populations. C’est pourquoi, j’ai salué la pression faite sur les militaires au Mali quand ils ont débarqué le Président élu. J’ai salué la pression qui a été mise sur les militaires qui ont fini par céder la place aux civils. Mais ici au Tchad, la junte s’est octroyée 18 mois de gestion du pays et personne n’a levé le doigt pour dénoncer et leur opposer un refus, alors que tout le monde sait que les militaires ne vont pas respecter ce délai. C’est vraiment dommage ! Et la position de la France me laisse sans voix. Elle qui, habituellement est en tête des donneurs de leçons démocratiques, surtout en pareil cas », a déploré l’opposant.

Tout en assurant être un véritable soutien de l’armée dans son rôle de défenseur du territoire national, ce haut responsable du parlement milite pour le respect et la consolidation des institutions républicaines.

« Le cas de la Tanzanie doit être une école pour tous les pays africains. Le Président est décédé, et automatiquement, c’est la vice-présidente qui a été investie. Voilà, un bel exemple de démocratie et de la promotion du genre. En ma qualité de parlementaire, je soutiens l’armée dans son rôle régalien de défense du territoire national, de protection des institutions républicaines et de la protection des populations. Mais la gouvernance doit être assurée obligatoirement et par tous les moyens par les civils. Nous savons bien qu’il y a la présence de ces fous de Dieu (djihadistes) qui se disent islamistes et dont le Tchad constitue un des verrous les plus importants pour le Sahel et même pour les pays côtiers. Mais la meilleure façon de protéger le sahel, le Tchad et le continent est de déployer les militaires sur les frontières que de les confier des charges du pays », plaide l’honorable député.

Pour Fodé Mohamed Soumah, il n’y a rien qui explique la présence de la junte au pouvoir au Tchad.

« Il n’y a aucune raison qui explique la présence des militaires à la tête de l’Etat. Ils doivent s’occuper de la sécurisation du pays. Eux-mêmes reconnaissent que la situation est en ce moment très fragile. Et en lieu et place de la junte réunie au sein du Comité militaire de transition (CMT), un gouvernement civil doit être mis en place et composé de toutes couches politiques du pays. Nous savons que l’opposition est affaiblie dans ce pays mais sa voix compte nécessairement. C’est comme la société civile et les autres composantes comme le parti de Déby qui avait remporté la présidentielle. Chacun d’eux doit oublier ses intérêts personnels et placer le Tchad au-dessus de tout pour l’aider à sortir de cette crise et permettre à ses populations de vivre en paix, dans la concorde, dans un pays stable et émergent. Puisque le Tchad, c’est un pays potentiellement riche. Il exploite le pétrole depuis plusieurs années. Les populations n’ont pas droit de souffrir. Pour cela, il faut dès maintenant, un gouvernement entièrement civil aux commandes pour préparer la transition et aller à des élections ouvertes, démocratiques, paisibles et transparentes », a conclu l’opposant.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45 

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