Retard du procès des détenus politiques : Dansa Kourouma interpelle le gouvernement

Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG)

Cela fait six mois environ depuis que plusieurs centaines d’opposants ont été arrêtés à Conakry. Ces interpellations faisaient suite à la réélection contestée du président Alpha Condé pour un troisième mandat à la tête de la Guinée, lors de la présidentielle du 18 octobre dernier. Et jusque-là, ces responsables et militants de l’opposition, incarcérés à la Maison centrale de Conakry, attendent encore leur jugement pour qu’ils puissent être situés sur leur sort. Mais au regard la lenteur qui caractérise le traitement de ce dossier politico-judiciaire, rien ne laisse présager la tenue rapide de leur procès.

Et, cette situation ne laisse pas indifférent le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSC-G). Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce samedi 24 avril 2021, Dr Dansa Kourouma a appelé les autorités guinéennes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la tenue d’un procès équitable dans un bref délai. Car, dit-il, au-delà de la souffrance qu’endurent les détenus, c’est l’image du pays même qui est en jeu dans cette affaire.

 « D’abord, il est tout à fait dans l’intérêt du gouvernement d’ouvrir ce procès et que ce procès se déroule le plus rapidement possible dans le respect des droits des accusés mais également, de réunir toutes les conditions de transparence et d’équité de ce procès. Quand on tient compte seulement des rapports des différentes organisations internationales des droits de l’homme sur la Guinée, tout porte à croire que le pays est en train de rentrer dans l’étau par rapport à la communauté internationale, notamment les organisations qui travaillent sur les droits de l’homme.

Alors, plus tôt ce procès dans la diligence et dans la transparence, mieux sera la position de la Guinée sur les questions des droits de l’homme sur le plan national et international. Donc moi, je pense qu’on n’a pas à faire autre chose si ce n’est de demander au gouvernement d’ouvrir ce procès », a lancé l’activiste de la société civile. Et pour cela, ajoute-t-il, il faut tout d’abord résoudre la crise liée à la grève des huissiers de justice de Guinée, accompagnés dans leur démarche par les avocats. Une crise qui paralyse actuellement l’appareil judiciaire guinéen.

L’autre raison pour laquelle il faut organiser rapidement un procès équitable dans cette affaire, c’est la nécessité d’apaiser la situation sociopolitique du pays, indique le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSC-G). « Il faut qu’on ait le courage de dire la vérité, notre pays a besoin d’une situation sociopolitique apaisée pour améliorer nos relations avec les institutions internationales. Quelles que soient les richesses de la Guinée, on ne peut pas se développer en ayant des mauvaises positions avec la communauté internationale. Donc je pense que le gouvernement a tout à fait intérêt à mettre la balle à terre et de régler définitivement la question de ces détenus », a dit Dr Dansa Kourouma.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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