Bah Oury, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG)

Les sanctions infligées par l’Union européenne à cinq responsables du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) sont diversement appréciées en Guinée. Si certains s’en félicitent, d’autres par contre estiment que la mesure est insuffisante au regard des crimes commis le 28 septembre 2009, à Conakry.

Et, c’est dans ce deuxième groupe que l’on retrouve l’opposant Bah Oury, président de la commission d’organisation de la manifestation violemment réprimée au stade du 28 septembre de Conakry. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce lundi 17 mai 2021, le président de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée) a estimé que ces sanctions sont insignifiantes par rapport à l’ampleur de la situation.

« Les mesures contre ces 5 personnes qui ont été citées, ce sont des mesures qui datent de plus de 10 ans. Et, ce sont des mesures que je trouve, dans le contexte actuel, insuffisantes pour prendre en compte l’ampleur du désastre et de la tragédie du 28 septembre », a réagi Bah Oury, farouche opposant de la junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, qui avait pris le pouvoir en Guinée, après la mort du président Lansana Conté.

Pour lui, le plus important aujourd’hui est de faire la lumière sur le massacre du 28 septembre 2009 (qui avait fait 157 morts, des centaines de blessés et des femmes violées, selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme) pour sanctionner les auteurs de ces crimes et réhabiliter les victimes. Une mission à laquelle les autorités guinéennes ont failli, soutient le président du parti UDRG.

« Les autorités guinéennes qui ont fait semblant de vouloir juger cette affaire, ont leurré aussi bien la communauté nationale qu’internationale par rapport à leur volonté de mener une justice sereine, équitable pour que les responsabilités soient situées dans cette tragédie. Je ne trouve pas, dans le contexte actuel, une capacité politique des autorités guinéennes de juger cette affaire pour deux principales raisons.

Premièrement, le temps a fait que beaucoup de témoins ne sont plus de ce monde aujourd’hui. Et donc, c’est une volonté de faire disparaître des preuves et des témoignages qui auraient pu édifier l’opinion et la justice sur les véritables responsables de cette tragédie. Deuxièmement, depuis 10 ans, la nécessité de faire un jugement par rapport à ce dossier du 28 septembre, c’était pour éviter la répétition ou la récidive de cette tragédie, quel que soit le lieu et quelles que soient les populations cibles.

Malheureusement, ces 10 années et plus ont montré qu’il y a eu des répétitions et d’ethno-stratégies, notamment en Guinée forestière et à Conakry. C’est pour dire que la capacité politique d’organiser ce jugement n’est plus d’actualité par les autorités guinéennes actuelles », a laissé entendre M. Bah.

A rappeler que les cinq personnalités sanctionnées par l’Union européenne sont : le capitaine Moussa Dadis Camara, le colonel Jean-Claude Pivi, le colonel Moussa Tiégboro Camara, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, et Abdoulaye Chérif Diaby. Accusés d’avoir joué un rôle dans le massacre du 28 septembre, ces hauts responsables du CNDD sont interdits de voyager dans les Etats membres de l’UE et leurs avoirs qui y sont détenus sont gelés.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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