Un guinéen victime de racisme à Laval (France) : « Dépêche-toi esclave », écrit une cliente à ce jeune livreur d’Uber Eats

Les faits se sont produits vendredi dernier à Laval (une ville située à environs 300 kilomètres de Paris et chef-lieu du département de la Mayenne en région des Pays de la Loire), mais c’est ce jeudi, 20 mai 2021, que l’information a été révélée par nos confrères de ‘’France Bleu’’. Yaya (la victime) est un jeune guinéen de 34 ans et travaille depuis sept (7) mois chez Uber Eats (une plateforme de livraison de plats cuisiné) à Laval. Il était en route pour apporter une commande à une cliente lorsque cette dernière (qui apparemment savait qu’il était noir) lui envoie un message violent : « dépêche-toi esclave. Je vais te donner un (1) centime, tu mérite que sa ». Et, très choqué par ce message raciste, le jeune guinéen a porté plainte au commissariat de Laval pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

Selon les informations, Yaya est arrivé en France en 2009. Il travaille pour la plateforme Uber Eats depuis 7 mois à Laval et il n’avait jamais eu de problème. Sur son profil sur Uber Eats, il est noté par ses clients avec 98% de satisfaction pour 2796 commandes livrées. Mais, le vendredi dernier, 14 mai 2021, il a subi un choc terrible. Il a été moralement blessé par une cliente qui lui écrit un message raciste. « dépêche-toi esclave… », a écrit sa cliente à son égard. C’était vers 20 heures. Et, n’ayant pas pu supporter « ces insultes insupportables », Yaya a décidé de ne pas livrer la commande à cette cliente qui venait de se défouler sur lui. Il a tout simplement appelé la plateforme Uber Eats qui s’est chargée d’annuler la commande de la cliente insolente.

« Je ne pouvais pas lui remettre sa commande, parce que ces insultes, c’est insupportable. Une fois arrivé là-bas (chez la cliente), on peut se bagarrer », a déclaré le jeune livreur chez nos confrères de France bleu.

A en croire Yaya, la cliente savait que sa peau était noire. Car, sa photo s’affiche sur son profil Uber Eats et les clients y ont accès. « Une fois qu’on a accepté une commande, le client voit notre photo directement sur l’écran. Nous, on voit seulement son nom et son numéro de téléphone : on ne voit pas son visage », précise le livreur d’Uber Eats.

Comme les faits se sont produits un peu tard vendredi, Yaya a attendu lendemain (samedi) pour aller porter plainte au commissariat de Laval. Il déposé plainte pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » pour dénoncer le racisme dont il a été victime. « On est dans un pays de droits, je ne pouvais pas faire justice moi-même », dit-il alors qu’il est encore rongé par la douleur des mots de la cliente insolente.

Mais, Yaya a surtout dénoncé ce racisme pour éviter que cet acte ne se reproduise. Car, au-delà de sa propre personne, si ce cas ci est passé sous silence, ses collègues pourraient également être victimes de tels propos dans l’avenir. Et, dans ce combat, il peut compter sur l’accompagnement de Uber Eats. Cette plateforme de livraison de repas cuisinés a déjà annoncé faire le nécessaire pour « suspendre le compte de la cliente ». Et, dans un communiqué, la plateforme rappelle qu’elle ne tolère « aucune discrimination envers les livreurs, les restaurants et les clients, que cela soit en raison de leur origine, de leur religion, de leur handicap, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur situation familiale, de leur âge ou tout autre facteur de discrimination ».

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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