Bah Oury, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG)

A l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de la création de l’Union africaine, l’opposant guinéen, Bah Oury, a donné son avis sur le fonctionnement de cette organisation continentale. Pour le président de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée), l’UA a suffisamment montré ses limites dans la gestion des problèmes du continent. C’est pourquoi, il estime qu’il faut l’émergence de nouveaux leaderships dans les différents pays pour relancer l’institution et lui permettre de jouer pleinement le rôle qui lui a été assigné par ses pères fondateurs. Il l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 25 mai 2021.

« Nous sommes dans un contexte où le souffle démocratique qui avait soufflé au début des années 90 avec les conférences nationales souveraines, avec l’éclosion du multipartisme et le fait de faire prospérer la démocratie de type libéral telle qu’elle était exprimée a atteint ses limites. Pratiquement, 30 ans après, nous sommes dans un contexte de crise, d’essoufflement des processus de constitution des Etats. Et les réponses positives ne sont pas encore suffisamment apportées. D’où les renoncements, les reculs des processus démocratiques tel qu’on le constate actuellement.

Si ce n’était que l’aspect institutionnel, il va de soi que les luttes politiques classiques allaient permettre de restaurer, d’une manière ou d’une autre, l’élan démocratique. Par contre, les crises se sont aggravées. Nous ne sommes plus face à des contestations politiques internes, nous sommes face à une géopolitique mondiale avec des forces de plus en plus forte de type djihadiste tel que ça s’exprime sur le Sahel et sur la corne de l’Afrique jusqu’au niveau des confins du Mozambique aujourd’hui. Vous avez des frontières qui éclatent, des gouvernants qui ont amené leurs pays à être des Etats en faillite et c’est le problème qui se pose.

Donc, l’Union africaine qui est dans la dynamique du respect sacrosaint de la souveraineté nationale des Etats, n’est plus de ce point de vue en mesure de faire face à un contexte géostratégique qui est profondément bouleversé. D’où la nécessité d’envisager d’autres dynamiques, d’autres paradigmes pour qu’il y ait de nouveaux leaderships qui puissent émerger pour donner un contenu beaucoup plus positif et constructif de l’élan panafricaniste au lieu d’avoir des attitudes conservatrices qui, dans une certaine mesure, ne font que reléguer l’Afrique de plus en plus en arrière.

Mais il ne faut jamais désespérer de l’avenir. A chaque problème, d’une manière ou d’une autre, il y aura des solutions. Espérons que les solutions les plus heureuses et vertueuses l’emporteront. Mais, encore une fois, pour que l’Union africaine puisse reprendre un élan neuf, un élan positif, il faudrait que dans certains Etats moteurs, il y ait de nouveaux leaderships forts qui puissent prendre le relais, qui puissent prendre une nouvelle vision, une nouvelle pratique de la gouvernance pour faire espérer des changements concrets et notables, tant dans la manière de gouverner que dans la conception de cette gouvernance elle-même », a dit M. Bah.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

Facebook Comments Box

Commentaires

Alpha Guineematin.com