Conflit domanial : des gendarmes accusés de destruction illégale de 3 boutiques à Bentourayah

Dans la nuit d’avant-hier, dimanche 30 mai 2021, des gendarmes ont fait une descente musclée à Bentourayah, un district de la sous-préfecture de Manéah, dans la préfecture de Coyah. Et, à l’aide d’un bulldozer, ils ont démoli une pharmacie, un salon de coiffure et un restaurant appartenant à la veuve Rouguiatou Camara. Apparemment, ils étaient en mission sur place au compte d’un certain Thierno Sidy Barry. Ce dernier se réclame propriétaire des lieux et tient à expulser madame Rouguiatou Camara qui a hérité ce domaine de son feu mari N’Faba Fofana.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, depuis plus de 5 ans Thierno Sidy Barry et la famille Fofana sont en conflit autour de ce domaine. Leur conflit s’était même transporté devant la justice qui a fini par reconnaitre la famille Fofana propriétaire dudit domaine. Ainsi, après cette décision de justice, Thierno Sidy Barry s’était rangé et collé la paix à la famille Fofana. Mais, ces derniers temps il est revenu à la charge après le décès de N’Faba Fofana. Il tient à tout prix à expulser et exproprier la veuve de N’Faba Fofana (madame Rouguiatou Camara) de ce domaine. Et, dimanche dernier, il est passé à la vitesse supérieure. Il y a envoyé des gendarmes et un bulldozer pour démolir toutes les constructions qui se trouvent sur le domaine. Cette équipe de démolition est arrivée sur les lieux aux environs de 3 heures et elle a fait table rage des bâtiments qui s’y trouvaient. Une pharmacie, un salon de coiffure et un restaurant ont été démolis par les gendarmes.

Mme Fofana, Rouguiatou Camara, veuve et victime de ce désastre

« C’est mon mari (N’Faba Fofana) qui a acheté la partie là depuis longtemps. Bien avant qu’il ne décès, le nommé Thierno Sidy Barry, propriétaire de la cour qui est juste derrière nous, a commencé à nous menacer de quitter sur notre terrain, que c’est pour lui là bas. Il a porté plainte contre nous à Conakry. Après le jugement, on a eu raison sur lui. Les gens là on fait des papiers pour lui dire que ce n’est pas pour lui. Depuis lors, l’affaire s’est un peu calmée. Après le décès de mon mari, il y a 5 ans, Thierno Sydi Barry a commencé à m’envoyer des émissaires pour venir me convaincre pour lui vendre le terrain sur lequel mon mari a bâti trois magasins et un conteneur d’Orange money. Pendant le ramadan, il (Thierno Sidy Barry) achète beaucoup de denrées alimentaires pour venir m’offrir. Mais, j’ai toujours rejeté ses dons et refoulé les émissaires qu’il m’envoyait pour me convaincre de céder. Je lui ai dit moi je ne vais pas vendre cet endroit, je suis une veuve, c’est le seul bien que mon mari m’a laissé pour pouvoir entretenir mes 5 enfants. Un jour, ils ont remis une convocation à mes locataires pendant que moi j’étais jusqu’à Ourékaba. Quelqu’un parmi eux m’a appelé pour m’en parler. Je n’avais même pas de transport sous la main pour revenir. C’est mon locateur qui m’a envoyé le transport pour venir vite. Quand je suis arrivée, j’ai été voir le responsable de l’habitat de Coyah et le maire de Manéah, ils m’ont tous dit de se calmer, que Thierno Sidy ne peut pas se permettre de m’attaquer pendant qu’il n’a aucun papier légal. Je suis allée voir aussi leur grand chef au ministère de l’habitat, lui aussi m’a dit que ce n’est pas lui qui a signé. Il m’a ensuite conseillé de prendre un avocat. Maintenant, depuis près d’une semaine, quelqu’un est venu déposer un préavis devant la pharmacie qui loge dans une de mes boutiques sans parler à qui que ce soit. La pharmacienne m’a appelé pour me dire ça. J’ai fait sortir mon fils en classe pour venir chercher ce papier. Mon fils m’a dit de ne pas s’inquiéter, qu’ils n’ont adressé à personne, c’est par terre qu’ils ont jeté. Donc, depuis, on était en train de démarcher pour prendre un avocat. Ce n’est que très tôt ce matin (lundi) qu’on m’a appelé pour me dire que les gendarmes sont venus détruire les boutiques qui étaient sur le domaine », a expliqué Rouguiatou Camara avec un cœur meurtri.

Apparemment, les agents n’ont donné aucune chance aux occupants des lieux de sortir leurs biens (marchandises et matériels de travail). Ils ont démoli les bâtiments avec tout leur contenu. Le restaurateur Ibrahima Sory Barry est l’une des victimes de cette destruction de biens. Il assure que rien n’est sorti de son restaurant.

Ibrahima Sory Barry, propriétaire du restaurant saccagé sur la terre en conflit

« Moi c’est un restaurant que je gère ici. Donc j’avais mes marchandises à l’intérieur de ma boutique. Comme dimanche est mon jour de repos, c’est là que je profite pour aller acheter les marchandises à Madina. Hier donc je suis allé acheter les cartons de lait, les boites de sardine….Pour venir les mettre dans le restaurant. Il y avait mon congélateur de 8 étagères que j’ai acheté à 2.500.000, il y avait également ma télévision et les chaises. Mais rien de tout ça n’a été sauvé, ils ont fait tomber les briques sur tout. C’est à 3 heures qu’on m’a appelé qu’une machine est venue saccager notre mon restaurant après je suis venu constater », a-t-il confié.

Cependant, à en croire Morlaye Katalaye Camara, un vieil homme d’une soixantaine d’années, c’est à tort que Thierno Sidy s’est attaqué et démoli aux bâtiments de la famille Fofana. Car, il n’en est en rien le propriétaire du domaine sur lequel ils ont été bâtis.

Morlaye Katalaye Camara, cédant des deux parties et témoin

« C’est moi qui ai vendu toute cette partie, jusqu’à l’usine de tôle de Bentourayah. La cour clôturée qui appartient aujourd’hui à Thierno Sidy Barry, c’est moi qui l’avais vendu à une femme ; et, j’ai vendu la devanture droite de cette cour au mari de Rouguiatou Camara. À l’époque, j’avais mis les bornes pour que chacun sache ses limites. C’est après que la dame elle, a revendu sa parcelle à Thierno Sidy Barry. C’est maintenant, malgré qu’il y ait les bornes, un beau matin Thierno est venu réclamer la partie. Je me suis opposé et nous sommes allés jusqu’au tribunal de Kaloum. Après jugement, on a fait savoir à monsieur Barry que le domaine ne l’appartient pas », a témoigné Morlaye Katalaye Camara. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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