Située à 22 heures kilomètres de la commune urbaine de Kankan, la sous-préfecture de Tinti-Oulén a été le théâtre de violentes échauffourées mardi dernier, 1er juin 2021. Et, ce sont les habitants des districts de Bako-Fadou et Dabola, opposés par un conflit domanial, qui se sont affrontés à la machette dans un champ. Cet accrochage a fait plus de 15 blessés.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, les communautés de ces deux districts voisins se disputent la paternité d’un champ agricole depuis 2018. Mais, leur différend avait déjà été réglé par le tribunal de Kankan qui, à travers une décision, avait partagé le domaine entre les deux districts. Une délimitation avait même été faite pour éviter le débordement de l’un ou de l’autre des camps. Malheureusement, cette décision de justice, aussi réfléchie soit-elle, n’a pas suffit aux deux communautés pour enterrer la hache de guerre en vue d’une cohabitation pacifique. Et, mardi dernier, à la surprise générale, elles sont en venues aux mains. Elles se sont affrontées avec des machettes sans faire de mort. Mais, plus de 15 personnes ont été blessés et transportées à l’hôpital régional de Kankan. Et, pour l’heure, on ignore ce qui a mis le feu aux poudres.  Chacune des communautés rejette la responsabilité sur l’autre.

Rencontré ce jeudi, 03 juin 2021, à l’hôpital régional de Kankan, Adamadjan Condé, citoyen de Bako-Fadou, a jeté l’anathème sur les habitants de district de Dabola.

Adamadjan Condé, citoyen de Bako-Fadou

« Il ya des années, le verdict avait été rendu par les autorités. Nous sommes partis avec les gendarmes pour limiter les propriétés, en donnant une partie du domaine à chaque camp. Il a été ordonné aux deux camps de ne pas franchir leur domaine respectif. Mais le mardi, quand on est parti au champ, on a trouvé les citoyens de Dabola en train de détruire nos riz. Ils étaient munis de gourdins, d’armes et de machettes. Ils nous ont dit de quitter leur domaine. C’est là que tout a éclaté. Ils s’étaient fixé le but de me tuer. Il y a eu affrontement, quelqu’un est venu me frapper avec la machette au cou », a-t-il expliqué.

Abordant dans le même sens, Sona Traoré de Bako-Fadou a également accusé les populations de Dabola d’avoir été à l’origine des présents affrontements.

Sona Traoré de Bako-Fadou

« C’est mon frère qui était parti faire le ménage au champ. Arrivé sur place, il a vu des citoyens de Dabola. Ces derniers se sont attaqués à lui. Nous, on était proche du champ. Quand nous sommes arrivés, on l’a trouvé sévèrement blessé. J’ai dit à mon frère : lèves-toi on va rentrer au village. C’est ainsi que quelqu’un est venu me frapper avec la machette. J’ai été blessé » a-t-elle indiqué.

Cependant, pour Nantenen Camara de Dabola, ce sont les femmes du district de Bako-Fadou qui ont provoqué ces violents affrontements.

« Cette affaire a débuté il y a 3 ans. Si vous voyez les femmes de Dabola en colère aujourd’hui, c’est parce que chaque fois que nos hommes vont là-bas (au champ litigieux), les femmes de Bako s’attaquent à eux. Pourtant, le document a été envoyé que le domaine nous appartient. Les femmes de Bako se sont attaquées à nos hommes à 3 reprises. Aujourd’hui, nos hommes sont venus blessés. C’est pourquoi on est parti. Les femmes de Fadou sont venues de partout, notamment de Kankan Koura. Quand on est parti, on a vu que nos hommes étaient attaqués. Les fadouka voulaient me tuer » a-t-elle expliqué.

Contacté par notre rédaction, le maire de Tinti-Oulén, Mory Kallo Bérété, s’est montré moins bavard. « Je n’ai pas du tout été approché à cette affaire », a-t-il dit brièvement.

                        De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com     

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