Ce sont huit (8) prévenus, tous des tenanciers de bars et leurs familles), qui ont bénéficie mercredi dernier, 09 juin 2021, d’une « relaxe pour délit non constitué » devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Ils étaient tous poursuivis pour « attroupement illégale » pendant la période du couvre-feu en vigueur à Conakry dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19 en Guinée. Le tribunal les a blanchis de cette infraction et a renvoyé le ministère public à mieux se pourvoir, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Ces tenanciers de bars et leurs familles ont été arrêtés pendant les heures du couvre-feu, dans divers quartiers de la haute banlieue de Conakry. Mais, à la barre ce mercredi, ces prévenus ont laissé entendre qu’ils ne travaillaient au moment de leur interpellation.

« Je suis gérant de bar à Kobaya. Ce jour j’avais fermé mon bar à 23h30 pour le respect du couvre-feu en vigueur dans le pays. Chaque jour, à cette heure, je demande à mes clients de rentrer pour que je ferme le bar. Pendant que j’étais couché avec ma famille et un de mes frères, j’ai reçu la visite d’une brigade de la gendarmerie à 00h15min. Ils ont tapé à la porte qui était fermée et m’ont demandé de l’ouvrir. Chose que j’ai refusé. C’est après quoi qu’ils ont défoncé la porte pour y rentrer. J’étais couché avec ma femme, mes deux enfants et mon frère avec qui d’ailleurs on m’a interpellé. C’est ainsi qu’ils nous ont arrêtés (mon frère et moi) envoyé à leur base », a expliqué Marcel Moriba Maomou, gérant de bar à Kobaya.

Sur la même lancée, Jean Marie Yaradouno a dit avoir été interpellé dans son bar à Sonfonia où il a préféré passer la nuit après une dure journée de travail d’installation. « Je suis propriétaire d’un bar inachevé. Il y avait des travaux à faire à l’intérieur. Le samedi passé, j’ai fait venir mon cousin Roger Kondano de Tombolia et un frère qui habite lui à Kissosso pour m’aider à faire certaines installations dans mon bar, parce que c’est un nouveau bar qui n’opère aucune activité commerciale pour le moment. Donc, ce jour, on a passé toute la journée à y travailler, jusqu’à 23h passées.

Finalement, comme il se faisait tard, nous avons décidé d’y passer la nuit en plus pour sécuriser mes installations et objets nouveaux. Étant couchés à 00 heure passé, les agents sont venus taper à la porte et me demander d’ouvrir pour qu’ils vérifient s’il y a des clients. Je leur ai dit qu’il n’y a personne ici. Ils ont insisté, moi aussi j’ai ouvert parce que ce sont les agents de l’État. Ils sont rentrés puis ils nous ont arrêté tous les trois », a-t-il confié.

Egalement, tous les prévenus qui ont défilé devant le tribunal correctionnel ont clamé leur innocence. Mais, dans ses réquisitions, le ministère public a quand même demandé leur condamnation à un an de prison assortie de sursis. Et, De son côté, la défense a tout simplement plaidé la relaxe pour les huit (8) prévenus.

Finalement, le tribunal a suivi les plaidoiries de la défense et a relaxé les huit prévenus pour délit non constitué. « Le tribunal statuant publiquement et contradictoirement en matière correctionnel sur l’action publique, en application de l’article 544 du code de procédure pénal, relaxe pure et simple ces prévenus, tous poursuivis par le ministère public pour attroupement illégal, pour délit non constitué, déboute le ministère public et le renvoie à mieux se pourvoir », a dit la juge Aïssatou Kalissa qui a présidé cette audience.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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