Gaoual : les chasseurs d’or rentrent bredouille de l’Eldorado perdu de Kousitel (reportage)

14 juin 2021 à 22 10 01 06016

Venus de tous les coins de la Guinée (majoritairement de la Haute Guinée) et des pays limitrophes de la Guinée, plusieurs ont rallié ces dernières semaines la préfecture de Gaoual dans l’espoir de se remplir les poches de l’or. En quelques jours, cette préfecture (qui était jusque-là oubliée des guinéens) est devenue le lieu le plus prisé des guinéens. Seulement, l’espoir suscité par ce nouvel Eldorado n’a été qu’un feu de paille. Avec l’interdiction d’exploitation et la fermeture des mines dans cette zone par le gouvernement de la république, la marrée d’orpailleurs qui était sur place a été très éprouvée. En quelques heures, l’espoir d’avoir des poches dorées était devenu une illusion. Et, les conditions de vie exécrables qui ont suivis ont contraint beaucoup à prendre le chemin du retour.

Sur la route nationale Labé-Mamou, on les rencontre sur des motos ou des camions surchargés en direction de la Haute Guinéen. Ils sont éprouvés, fatigués par les difficultés de l’Eldorado ; et, ils sont généralement en excès de vitesse sur leurs engins, notamment les motos. Ils étaient encore visibles sur la route ce dimanche, 13 juin 2021 ; et, certains, très essoufflés ou en panne, s’arrêtent par moment pour se reposer.

Moussa Konaté, diplômé en droit privé, a parcouru plus de 700 kilomètres pour se rendre à Goaual à la recherche de l’or. Mais, son rêve de richesse est devenu un mirage. On l’a rencontré ce dimanche, il était en route pour sa Mandiana natale où il emporte avec lui les tristes souvenirs de sa mésaventure de Gaoual.

« Nous sommes venus de Mandiana et nous avons parcouru plus de 700 kilomètres dans l’espoir de trouver de l’or pour soutenir notre famille. On a fait presqu’une semaine depuis notre arrivée à Gaoul, mais nous n’avons rien fait. En plus, nous avons dépensé plus de 7 millions de francs dans le vide. Je suis diplômé depuis 5 ans ; et, partout où j’ai déposé de dossiers, c’est sans suite favorable. Nous n’avons plus rien, on a tout dépensé. Nous demandons le président de la République de créer de l’emploi pour la jeunesse. Une jeunesse sans emploi dans un pays est une nation vouée à l’échec. Nous lançons un appel aux autorités de soutenir les jeunes », a dit Moussa Konaté.

Pour rallier Gaoual, certains orpailleurs ont dépensé toutes leurs économies. Egalement, d’autres se sont endettés pour faire partie de cette ruée vers l’or. Et, pourtant, aujourd’hui ils rentrent les mains vides. Ils n’ont rien gagné à Kounsitel où « on ramasse de l’or comme on ramasse de l’arachide ». Ibrahima Sory Diallo, originaire de la préfecture de Dinguiraye et jeune migrant guinéen fraichement rentré de la Lybie, se sent frustré de rentrer à Dinguiraye les mains vides. On l’a trouvé coincé dans un garage de réparation de moto à Hoggo Bhouro ; et, il demande aux autorités de permettre aux jeunes de travailler.

« Je viens de Kounsitel. Je suis arrivé là-bas depuis Lundi et nous avions commencé à travailler le mardi jusqu’à 14 heures. À 18 heures, les forces de défense ont commencé à nous menacer. Certains d’entre eux (les militaires) demandaient 500.000francs à chaque orpailleur pour y accéder. Je peux vous dire, sans vous mentir, il y a  l’or là-bas. On nous facturait aussi un million par appareil détecteur. Nous demandons au gouvernement de libérer cette zone pour permettre aux jeunes de vivre. Moi je viens de rentrer, j’étais en Lybie. Si on nous chasse dans les pays extérieurs et dans notre pays on nous chasse aussi, je ne comprends pas. Seulement à Kounsitel on ramasse l’or comme on ramasse l’arachide. Qu’ils nous laissent travailler pour mieux vivre », a imploré Ibrahima Sory Diallo.

Avec les conditions de vie difficiles et les incessantes tracasseries des militaires déployés à Gaoual pour faire respecter l’indiction d’exploitation des mines, Abdourahamane Diallo a choisi de prendre le chemin du retour pour ne pas souffrir vainement.

« Nous sommes de retour, parce que les autorités ont décidé de fermer les zones. Les militaires ont récupéré nos machines. Nous avons décidé de revenir d’abord pour ne pas souffrir pour rien. Nous prions Dieu qu’ils reviennent sur leur décision. A notre retour, à la sortie, on nous demandait aussi de l’argent. On a fait qu’une semaine, on a pratiquement rien  fait, mais nous avons vraiment souffert », a confié Abdourahamane Diallo.

Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.Com

Tél. : 625698919/657343939

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Pas de palais de justice à Gaoual : « s’il y a des arrestations, il n’y a pas où juger les gens »

14 juin 2021 à 20 08 51 06516

Cela fait 14 ans que la préfecture de Gaoual n’a pas de palais de justice. Le bâtiment qui existait a été détruit lors des violentes manifestations de 2007 ; et depuis, il n’a pas été reconstruit, a appris un envoyé spécial de Guineematin.com dans la préfecture.

A Gaoual, la justice n’existe pas. Ou alors elle n’existe que de nom. Et là, on ne parle pas de l’indépendance des magistrats, qui est souvent remise en cause par certains. Le problème va bien au-delà. Ici, les agents judiciaires mutés par l’Etat n’ont même pas la possibilité de travailler. Car il n’y a pas de palais de justice. Une situation que regrette Dansa Kanté, un citoyen de Gaoual.

Dansa Kanté

« Le palais de justice de Gaoual a été détruit en 2007 (lors de l’insurrection populaire contre le régime du président Lansana Conté, ndlr) par nos propres fils. Ce n’est pas quelqu’un d’autre qui a détruit ça, ce sont des citoyens de Gaoual. Après ça, les audiences se tenaient dans un premier à la maison des jeunes. De là, ils ont déménagé dans le centre de santé. Et aujourd’hui, ils les ont chassés de là-bas encore. Actuellement, s’il y a des interpellations, il n’y a pas où juger les gens », a-t-il déploré.

La récente découverte de l’or à Gaoual, qui a été suivie d’un afflux massif de citoyens venus de toutes les régions du pays, a fait craindre une montée de l’insécurité dans la préfecture. Même si ces mines ont été temporairement fermées et que les chercheurs d’or sont pour la plupart rentrés chez eux, certains habitants de Gaoual estiment que c’est le moment de résoudre ce problème. Reconstruire le palais de justice et le commissariat de la police.

Elhadj Mamadou Saliou Diallo, président du conseil des sages de Gaoual

« Gaoual ne manque seulement que de de palais de justice. Gaoual n’a pas aussi de commissariat de police, ni même de bloc administratif. Donc au nom des sages de Gaoual, au nom de toute la population de Gaoual, je demande au gouvernement de nous aider à réhabiliter le palais de justice de Gaoual, le commissariat de police et le bloc administratif  préfectoral. Le nouveau préfet n’a qu’à mettre ça dans son agenda », sollicite Elhadj Mamadou Saliou Diallo, président du conseil des sages de Gaoual.

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. 621686148

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Départ des orpailleurs de Gaoual : les vendeurs locaux d’aliments se plaignent de la rareté de clients

14 juin 2021 à 20 08 30 06306
Djeynabou Manet, vendeuse du riz à Gaoual

Depuis l’annonce de l’interdiction de l’exploitation des mines d’or de Gaoual, la marrée humaine d’orpailleurs qui s’était abattue ces derniers sur cette préfecture se retire progressivement. L’espoir déçu à l’Eldorado perdu, les orpailleurs attachent leurs bandoulières et se lancent sur le chemin du retour. Aujourd’hui, Gaoual se vide de sa substance humaine qui l’avait envahit et cela impacte sérieusement les activités des vendeurs locaux d’aliments divers. Ces vendeurs, dont certains qui avaient érigé sur place des gargotes pour vendre du riz, se lamentent déjà de la rareté de clients, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Gaoual.

Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, la ruée vers l’or de Gaoual a fait le beau temps chez certains habitants de cette préfecture de la région de Boké. Les commerçants y ont largement trouvé leur compte, même si la moisson a été de courte durée. Les produits s’écoulaient facilement, la clientèle était abondante et les profits ne faisaient que grimper. Mais, depuis la fermeture des mines et le départ des orpailleurs, les commerçants, notamment ceux qui évoluent dans l’alimentation et la restauration, tirent le diable par la queue. Les clients se font rares et les chiffres d’affaires ne cessent de baisser. Plus rien n’est comme il y a une semaine. Et, Djenabou Diallo, vendeuse de riz, souffre déjà de la précarité actuelle.

« J’ai quitté Koumbia pour venir ici revendre du riz, suite à la découverte de l’or dans la préfecture de Gaoual. Je me débrouillais pas mal, je vous mens pas, je vendais très bien. Mais, les autorités disent d’arrêter le travail et chacun n’a qu’à rentrer chez lui pour le moment. Nous, on était content parce qu’on vendait bien et on gagnait de quoi nourrir nos familles. Les gens souffrent, seul Dieu sait comment on arrive à joindre les deux bouts. Je vendais un sac du riz et plus par jour. J’avais vraiment là où nourrir ma famille, mais vous avez vu que tout le monde est parti », a confié Djenabou Mané.

Venu de Dinguiraye pour vendre de la viande de bœufs à Gaoual, Mamadou Adama Bah est désemparé. Il est arrivé dans cette préfecture avec l’espoir de faire des bénéfices, mais la sitation actuelle de Gaoual risque de lui infliger des pertes. Il est entouré de viande dans son petit kiosque qui lui sert de boucherie, mais aucun client n’est pour l’instant en face de lui.

Mamadou Adama Bah, boucher

« La vente à nettement baissée, tout le monde est parti, presque. Je suis là aujourd’hui parce que j’avais déjà égorgé la chèvre là. J’ai prit du crédit pour venir ici. La dépense que j’ai effectuée, je n’ai même pas récupéré l’argent là encore ; et, on nous dit de rentrer chez nous. Aujourd’hui, quand je finis de revendre la viande qui me reste ici, je vais rentrer demain à Dinguiraye, incha Allah. On n’a pas le choix, il faut respecter la décision des autorités », dit-il avec beaucoup d’amertume qu’il tente vainement à dissimuler. 

De Gaoual, Amadou Lama Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. : 621686148

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Guinée : l’opposant Edouard Zoutomou Kpogomou (UDRP) attendu à Conakry

14 juin 2021 à 20 08 06 06066
Dr Édouard Zoutomou Kpogomou, président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP)

Après deux mois d’absence en Guinée, Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, le président de l’UDRP (l’union démocratique pour le renouveau et le progrès) rentre au bercail demain, mardi 15 juin 2021. En provenance des Etats-Unis où il était en séjour, l’opposant au régime Alpha Condé et candidat recalé à l’élection présidentielle d’octobre dernier en Guinée atterrira à l’aéroport international Conakry-Gbéssia à 16heures30’. L’annonce a été faite à Guineematin.com dans l’après-midi de ce lundi, 14 juin 2021, par Jean Michel Lamah, le secrétaire chargé à l’organisation du bureau politique national de l’UDRP.

« Le bureau politique national du parti de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès informe par la présente annonce, les militants et sympathisants, du retour de son Excellence Dr Édouard Zoutomou KPOGHOMOU. Le président de l’UDRP (l’union démocratique pour le renouveau et le progrès), dont la candidature a été écartée lors de l’élection présidentielle 2020, rentrera en Guinée ce mardi 15 juin 2021. Il arrivera à l’aéroport international de Conakry-Gbessia à 16heures30’. A rappeler qu’il rentre après 2 mois de visite effectuée aux états Unis. Nous invitons tout le monde à se mobiliser massivement pour lui réserver un accueil chaleureux. Le bureau politique national du parti sait compter sur la disponibilité de chacun et de tous », a annoncé Jean Michel Lamah.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 622919225

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Interdiction de la coupe et du transport du bois : les acteurs plaident pour un allègement de la décision

14 juin 2021 à 19 07 50 06506

Après démantèlement réseaux clandestins de coupe abusive et d’exportation de bois dans les préfectures de Mamou et Faranah, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’environnement, des eaux et forêts, vient d’interdire la coupe et le transport du bois en Guinée jusqu’à nouvel ordre. Cette décision des autorités est entrée en vigueur ce lundi, 14 juin 2021, sur toute l’étendue du territoire national. Et, au niveau de la filière bois on s’alarme déjà.

Rencontrés par un reporter de Guineematin.com, les acteurs de ladite filière font mine de comprendre la motivation d’une telle mesure, mais ils plaident pour un allègement de cette décision très pénalisante.

Abdoulaye Traoré, vendeur de bois à Kountia

« C’est une décision des autorités, on ne peut pas s’y opposer. Mais, c’est la surprise avec laquelle la décision est tombée qui nous a peiné. Ce qui nous est arrivé est l’œuvre de certains de nos amis. Le gouvernement a d’une part raison. Sinon comment peut-on couper du bois ici en Guinée et aller payer les taxes sur un autre territoire ? C’est une perte pour la Guinée. Voilà aujourd’hui c’est tous les acteurs de la filière qui sont impactés par leur action. Les gens ont des commandes de bois en brousse qui peinent à leur arriver. Sinon c’est quelque chose de 20 jours seulement qui nous séparent de la date des trois mois du repos biologique, période à laquelle on fait le reboisement. Nous on se préparait pour ça en acheminant nos bois déjà coupés d’ici l’arrêt des activités. Il faut s’attendre à beaucoup de pertes chez les vendeurs. Parce que les bois coupés ne seront plus replantés ; et nous, nous ne pouvons pas en profiter. Car, quand ça reste en brousse là-bas en cette saison pluvieuse, ça sera gâté par l’eau. Donc, nous ne sommes pas contre la décision, mais si les autorités pouvaient nous faire cet allègement, ça va soulager les acteurs du bois. Sinon, le gouvernement avait autorisé la consommation locale, mais exporté, même nous, nous sommes contre. Moi personnellement j’ai mon chargement qui est présentement en route pour ici. Parce qu’ils avaient eu tous les permis de circuler avant la rentrée en vigueur du communiqué », a indiqué Abdoulaye Traoré, vendeur du bois à Kountia.

A peine que cette interdiction soit entrée en vigueur, les affaires de Abdoulaye Fofana sont déjà impactées. Un de ses chargements est actuellement bloqué à Guékédou. Et, il demande un moratoire pour leur permettre d’acheminer les bois déjà couper et ceux qui sont déjà chargés pour le transport.

Abdoulaye Fofana, vendeur de bois

« J’ai appris avec amertume ce communiqué du ministère de l’environnement, des eaux et forêts. Mais, comme c’est une décision de nos chefs, on ne peut pas outre passer. Mais, vu la situation, nous avons des doléances à leur encontre. Qu’ils (le gouvernement) aient pitié de nous en nous offrant quelques jours pour acheminer les bois déjà acheté en brousse. À l’heure où moi je vous parle, j’ai plus d’argent en brousse là-bas qu’ici. Il y a beaucoup d’argent que j’ai amené ces derniers temps dans le cadre de la coupe et le transport des bois. Si soudainement on arrête comme ça, les bois vont pourrir là-bas ; et, cela va jouer non seulement sur moi, mais aussi sur mes amis avec qui je travaille. Parce qu’ici nous travaillons en synergie. Même s’il faut nous accorder 10 jours additionnels pour permettre à ceux qui ont déjà embarqué et qui ont des laissez-passer d’arriver à destination. Parce que moi on vient de m’appeler ce matin qu’ils ont arrêté un de mes chargements à Guékédou, pourtant le chauffeur avait déjà pris tous les papiers qu’il fallait. Donc, nous les prions pour ça pour ne pas doubler la perte », a confié Abdoulaye Fofana.

Tout comme ce vendeur de bois, Lancinet Camara déplore déjà trois chargements bloqués à Dabola. Il dit avoir été surpris par cette interdiction et plaide pour allègement de la mesure.

Lancinet Camara, vendeur de bois à Conakry

« Cette interdiction est arrivée pendant qu’on était en plein préparation pour faire venir nos marchandises avant le début du repos biologique qui commence le 2 juillet. Malheureusement, cela a coïncidé au mauvais comportement de certains coupeurs du bois qui envoient les bois en Sierra Léon. Donc, finalement les autorités ont infligé une sanction commune à nous tous. Sinon, ce communiqué nous a vraiment surpris. Le gouvernement doit reculer un peu pour qu’on puisse acheminer les bois qu’on a à l’intérieur du pays. Sinon le feu de brousse ou la pluie va gâter notre marchandise. Pourtant, c’est dans ça que nous faisons vivre notre famille. J’ai trois chargements bloqués présentement à Kébéya (Dabola). Ils étaient en train de chercher les papiers pour embarquer dans le camion, mais on me dit que ce n’est plus possible », s’est plaint Lancinet Camara.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Mariage de Macka Diaby : les militants de l’UFDG se payent Fodé Oussou et Hadja Halimatou Dalein

14 juin 2021 à 19 07 12 06126
Arfamoussaya Macka Diaby, Fodé Oussou, Aly Kaba, Laye Junior Condé…

Le moins que l’on puisse écrire est que l’épouse du principal opposant au régime de Conakry et le vice-président de l’UFDG viennent de mettre leurs pieds dans le plat. Leur présence au mariage d’un partisan inconditionnel du pouvoir suscite une véritable levée de boucliers. Certains militants de l’UFDG ne comprennent pas du tout leur présence à cette cérémonie.

Si Hadja Halimatou Dalein Diallo et Fodé Oussou Fofana voulaient, à travers leur présence à cette cérémonie, montrer que la politique n’est pas l’adversité, ils auront malheureusement raté leur communication. Même si le militant du parti au pouvoir qui se mariait est considéré par eux comme un modéré du camp présidentiel, la pilule est plutôt difficile à avaler pour les militants de l’opposition.

Arfamoussaya Macka Diaby, son épouse et Hadja Halimatou Dalein Diallo

Quelques-uns tentent, sans trop convaincre, d’expliquer et de justifier que cette présence n’a rien d’anormal. Mais, ceux qui désavouent cet acte restent droits dans leur botte. Pour eux, rien ne justifie cette présence. A ceux qui disent que la politique n’est pas l’animosité, ils rétorquent que cette assertion n’est valable que sous d’autres cieux. Pas celui de la Guinée. Arguant que l’hôte des opposants au régime fait partie d’un système et d’un régime qui a tout de même liquidé de sang-froid une centaine de militants de l’opposition.

Donc, ce qui est possible ailleurs ne l’est pas en Guinée. Il n’est pas interdit qu’un responsable d’un parti concurrent fréquente celui d’un autre. Il est même souhaitable que les responsables donnent un bel exemple comme celui de Hadja Halimatou et de Fodé Oussou. Mais, la réalité guinéenne est aux antipodes de celle de la France ou même du Sénégal voisin. Lorsque le système auquel vous appartenez a causé la mort de plusieurs dizaines d’innocents sans aucune enquête et que vous n’avez jamais condamné cette barbarie, pire vous continuez à soutenir et à faire les éloges de ce régime, il va de soi que vous faites partie des oppresseurs.

Que le camp des victimes considèrent ces dernières comme perte et profit et qu’il s’affiche ostensiblement aux côtes des oppresseurs, les victimes et les leurs ne comprendront jamais. Ces victimes réagissent exactement comme deux protagonistes dans un procès et qui, à la  pause de ce procès, voient leurs avocats boire un coup ensemble. De la même manière que ces deux protagonistes vont penser que leurs avocats sont en train de les trahir de la même manière les militants de l’opposition croient dur comme fer que les responsables de l’opposition – ou tout au moins certains d’entre eux- tiennent deux discours.

Devant ce casus belli, l’opposition, et en premier lieu, Cellou Dalein Diallo, doit rassurer. Sa force étant ses militants, il doit rassurer ces derniers qu’il n’y pas deux discours. Et que l’acte de son épouse n’est pas un affront aux victimes de la répression. En bon communicateur Cellou devra convaincre ses militants. A défaut, il aura prêté le flanc à l’adversaire qui voit cet acte comme un cadeau inespéré tombé du ciel.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Guinée : décès du général Facinet Touré, ancien médiateur de la République

14 juin 2021 à 18 06 35 06356
Le général Facinet Touré

Le général Facinet Touré n’est plus. L’ancien médiateur de la République de Guinée s’est éteint ce lundi, 14 juin 2021, des suites de maladie, à Conakry.

Décédé à l’âge de 87 ans, ce militaire à la retraite fut un membre influent du CMRN, le comité militaire qui a pris le pouvoir à la mort du président Sékou Touré, en 1984.

Il était compagnon d’arme et ami proche du général Lansana Conté, le deuxième président de la Guinée, qui a dirigé le pays pendant 26 ans.

Facinet Touré a occupé plusieurs postes ministériels sous l’ère Conté, avant d’être nommé médiateur de la République par le président Alpha Condé.

Paix à son âme, amine !

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Télimélé : les fils de Kaïlondji-Dando lancent les travaux de reconstruction de leur ancienne école primaire

14 juin 2021 à 18 06 10 06106
Elhadj Hamâté Sy et Elhadj Mamadou Oury Diallo, président du district de Kaïlodji au milieu d’un groupe d’élèves

C’est un signe de l’engagement des fils et filles de Kaïlondji-Dando (un district relevant de la sous-préfecture de Sogolon, dans la préfecture de Télimélé) à promouvoir l’éducation chez eux. Ces citoyens, résidents et ressortissants, ont décidé de construire trois nouvelles salles de classe dans leur village pour faciliter la scolarisation de tous les enfants en âge d’aller à l’école. La pose de la première de cette infrastructure scolaire a eu lieu le samedi, 12 juin 2021, en présence des autorités administratives, communales et éducatives de Sogolon, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Le district de Kaïlondji-Dando a eu sa première école primaire en 1960, deux ans après l’indépendance de la Guinée. Un bâtiment de trois classes qui a formé plusieurs générations d’élèves, avant de tomber en ruine sous le poids de l’âge et du manque d’entretien. Aujourd’hui, les 166 élèves du district dont 94 filles sont entassés dans trois salles de classe offertes par la coopération allemande, les seules qui existent dans cette localité. C’est pourquoi, les fils et filles de la de Kaïlondji-Dando ont décidé de se donner les mains pour reconstruire leur première école primaire. Une initiative qui permettra non seulement de décongestionner les trois salles de classe existantes actuellement, mais aussi d’avoir un cycle primaire complet dans le village.

Bachir Sylla, journaliste, coordonateur du projet C2P Dando

« Ce projet est initié par la communauté de Dando à travers Kumpital Dando, qui est une plateforme créée sur WhatsApp pour permettre à tous les fils et toutes les filles de Dando de se retrouver, d’échanger des idées et des stratégies pour le développement de notre localité. Le coût du projet est estimé à environ 270 millions de francs guinéens, de la pose de la première pierre jusqu’à la remise des clés, avec tous les équipements qu’il faut. Le financement sera assuré par les ressortissants, les résidents et les bonnes volontés que nous sollicitons », a indiqué le journaliste Bachir Sylla, ressortissant de Kaïlondji-Dando.

Le coordonateur du projet C2P Dando a mis l’occasion à profit pour remercier ceux qui ont déjà mis la main à la poche afin de soutenir le projet. Il a aussi tendu la main à d’autres puisque, souligne-t-il, le budget est loin d’être bouclé. Et ce n’est pas le seul projet que les fils de ce district veulent réaliser pour promouvoir l’éducation chez eux. « A l’avenir, nous envisageons la construction d’un collège puisque dans la sous-préfecture, il n’y a que 2 collèges. C’est beaucoup, mais c’est nettement insuffisant pour une sous-préfecture aussi grande. Donc nous rêvons d’avoir un collège et pourquoi pas un lycée pour notre sous-préfecture. Après ces travaux, nous souhaitons faire des réalisations dans d’autres villages relevant du district de Kaïlondji, soit des écoles, des postes de santé, des ponts, etc.», annonce Bachir Sylla.

Youssouf Bah, DSEE Sogolon

Présent à cette cérémonie, le directeur sous-préfectoral de l’enseignement élémentaire de Sogolon a salué vivement l’initiative des fils et filles de Kaïlondji-Dando. Youssouf Bah se dit réconforté de voir des citoyens venir en appui à l’Etat pour promouvoir l’éducation de leurs enfants « Nous sommes animés aujourd’hui par des sentiments de fierté et de réconfort. Cette nouvelle école qui verra le jour incessamment va décongestionner un peu les 3 autres classes disponibles. Nous souhaitons également la construction de logements pour les enseignants. Cela va également contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants de cette école », a dit le DSEE.

Minkaël Diallo, maire de la commune rurale de Sogolon

Dans son intervention, le maire de la commune rurale de Sogolon, Minkaël Diallo, a rappelé que le district de Kaïlondji n’est pas à sa première expérience dans la construction des infrastructures d’intérêt communautaire. « Ils ont construit plusieurs autres infrastructures, notamment le poste de santé, la reconstruction de la mosquée de Kaïlondji, la réhabilitation de celle de Dando, la construction de l’école primaire de Doundoun… Donc, cette reconstruction de l’ancienne école primaire de ce district est loin d’être une surprise pour nous. Et, je demande aux autres districts de leur emboîter le pas», demande le maire.

Seydouba Bangoura, sous préfet de Sogolon

De son côté, le sous-préfet de Sogolon, Seydouba Bangoura, qui a présidé la cérémonie, s’est dit impressionné par ce projet. « Ce que je viens de voir à Kaïlondji m’a impressionné. J’ai compris que c’est une localité qui opte pour le développement et j’ai compris que les sages ont bien éduqué leurs enfants en les envoyant à l’école. Ces enfants se sont pliés pour avoir des bénédictions. Voilà qu’aujourd’hui cette bénédiction a porté fruit. Ces enfants n’ont pas oublié leur localité et c’est pourquoi ils reviennent pour aider leurs parents et leurs jeunes frères à aller de l’avant. Nous, en tant que représentants de l’Etat, nous ne pouvons que remercier ces populations. Et nous allons les épauler et les encourager dans le cadre du développement de leur localité », a promis l’autorité sous-préfectorale.

De retour de Kaïlondji, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Assassinat d’Elhadj Doura : le policier Amadou Sacko jure avoir été torturé à la gendarmerie de Matam

14 juin 2021 à 17 05 49 06496

Comme annoncé précédemment, le procès des auteurs présumés de l’enlèvement et de l’assassinat de l’opérateur économique Elhadj Abdourahmane Diallo, plus connu sous le nom d’Elhadj Doura, s’est poursuivi ce lundi, 14 juin 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Après la comparution du militaire Oumar Barry (en service au Bataillon spécial de la sécurité présidentielle) qui a reconnu avoir participé à cette opération, le tribunal a entendu le brigadier-chef Amadou Sacko, en service au CMIS numéro 5. Et, contrairement à son coaccusé, le policier a plaidé non coupable, assurant qu’il n’est ni de près ni de loin impliqué dans cette affaire, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Selon l’ordonnance de renvoi, c’est la voiture du brigadier-chef Amadou Sacko qui a servi à transporter le corps d’Elhadj Doura de la case où le vieil homme était retenu en otage jusqu’à l’endroit où il a été enterré, dans la sous-préfecture de Maférinya (Foréacariah). Mais, à la barre, le policier a rejeté cette accusation, tout comme celle relative à la détention d’une arme à son domicile. Il a laissé entendre que ce véhicule ne lui appartient pas, tout en rappelant que les agents qui ont été chez lui n’ont trouvé aucune arme sur les lieux. L’accusé dit ne pas savoir pourquoi son nom a été cité dans cette affaire.

« Je n’ai pas pris part à cet enlèvement. D’ailleurs, au moment des faits (le 5 décembre 2017), je n’étais même pas à Conakry. J’étais au village, à Koba, pour me soigner. Elhadj Mamadou Diallo qui est là (le cerveau présumé de l’enlèvement d’Elhadj Doura), je ne l’ai vu que deux fois au Km66. Il était avec Ibro (un autre accusé). Mais, moi, je n’ai jamais conclu quelque chose avec lui concernant l’enlèvement du vieux Elhadj Doura. Je ne sais pas pourquoi ils ont profité de cette occasion pour m’accuser. Ils ont inventé ça, je ne sais pourquoi. Ce n’est pas mon véhicule qui a transporté le corps d’Elhadj Doura, et aucune arme n’a été retrouvée chez moi », a-t-il déclaré.

Pourtant, l’ordonnance de renvoi mentionne que le brigadier-chef Amadou Sacko avait reconnu les faits lors de son audition à la gendarmerie de Matam. Mais, il dit avoir fait ses aveux sous l’effet de la torture. « Dans un premier temps, je leur ai dit que moi, je n’ai jamais participé à cette opération. Mais, ils m’ont mis en brochette de 3h à 5h du matin, ils m’ont dit de reconnaître les faits, parce que Oumar Barry a déjà tout dit. C’est en ce moment que je leur ai dit de prendre en compte tout ce que Oumar Barry a dit sur moi, parce que j’étais fatigué. Mais, en réalité, je ne connais rien dans cette affaire », a assuré le policier.

Après avoir entendu ces deux accusés, le tribunal a renvoyé l’affaire au 28 juin 2021 pour la suite des débats.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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La Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant (1990-2021) : les 30 ans de l’instrument africain

14 juin 2021 à 17 05 19 06196
Me Thierno Souleymane Barry, Docteur en droit, Université Laval/ Université de Sherbrooke (Canada)

Par Dr. Me Thierno Souleymane Barry, Docteur en droit, Université Laval/ Université de Sherbrooke (Canada). 1990-2021 : la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant (ci-après la Charte africaine) souffle ses trente bougies. Cet instrument est le répondant africain de la Convention relative aux droits de l’enfant (ci-après la Convention sur les droits de l’enfant), un texte reconnaissant les droits de l’enfant et aménageant un organe pour la surveillance de son application. Nous allons rappeler son cadre normatif et institutionnel, indiquer son ancrage dans les réalités africaines et terminer par son apport au dispositif guinéen de promotion et de protection des droits de l’enfant.

Rappel du cadre normatif et institutionnel de la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant

A l’instar de l’instrument universel, la Charte africaine reconnait des principes d’égalité, de non-discrimination, de vie et de survie et de participation de l’enfant ; elle reconnait aussi à l’enfant les droits à l’identité, à l’intégrité physique, aux loisirs, à la santé,… Pour assurer la surveillance des droits qu’elle reconnait, elle a institué un Comité africain d’expert sur les droits et bien-être, organe qui reçoit les rapports des Etats et les plaintes des enfants en cas de violation de leurs droits. Ce Comité a rendu plusieurs décisions allant dans le sens d’un renforcement de la protection des droits de l’enfant en Afrique.

La Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant : un instrument adapté aux réalités africaines

La Charte africaine est-elle une copie conforme de l’instrument universel que la Convention sur les droits de l’enfant ? A cette question, nous avions apporté une réponse négative lors de nos travaux précédents[1]. En résumé, nous y indiquions que la Charte africaine tient compte du contexte africain, tout en respectant scrupuleusement les droits et principes de la Convention sur les droits de l’enfant. Pour illustrer brièvement ces propos, nous pouvons citer l’interdiction de la mendicité, du recrutement et de la participation des enfants dans les conflits armés, des pratiques culturelles néfastes pour le bien-être de l’enfant,…Il s’agit aussi de la reconnaissance des devoirs à l’enfant.

La Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant : un instrument entrant dans le cadre du dispositif guinéen de protection des droits de l’enfant.

La Guinée est partie à la fois à la Convention sur les droits de l’enfant et à la Charte africaine. Une des obligations de ces deux instruments est d’harmoniser les textes légaux internes à l’aune des prescriptions conventionnelles. Avec l’assistance de ses partenaires, la Guinée s’est acquittée de ce travail en adoptant le Code de l’enfant qui regroupe dans un seul texte des dispositions qui étaient autrefois non conformes et éparses dans plusieurs autres codes. Cependant, la Guinée se doit de mettre un accent particulier sur la justice pour mineurs à savoir former des magistrats spécialisés, doter le Tribunal pour enfants d’un siège, mettre en place des centres ouverts pour les enfants en conflits avec la loi,….

En somme, la Charte africaine est un complément de la Convention sur les droits de l’enfant. L’Afrique – Guinée en particulier – a tout intérêt à respecter scrupuleusement son contenu pour les droits et le bien-être de ses enfants, son présent et son futur. A l’occasion de ce mois de juin, mois de l’enfant africain, nous formulons nos vœux de bon respect des droits de l’enfant, à l’endroit tant aux enfants qu’à celles et ceux qui œuvrent pour leur mise en œuvre.

-Juris Guineensis No 7.

Conakry, le 14 juin 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Bagarre entre 2 groupes de jeunes à Senkèfara 2 (Kankan) : un jeune poignardé

14 juin 2021 à 16 04 46 06466

Les faits se sont produits dans la nuit d’hier, dimanche 13 juin 2021, au quartier Senkèfara 2, dans la commune urbaine de Kankan. Sékouba Sangaré, un élève de la 10ème année, a été roué de coups et finalement poignardé au dos par un groupe de jeunes. Il a été admis à l’hôpital régional de Kankan pour soins ; et, une plainte une plainte a déjà été déposée à la police contre ses agresseurs.

Selon les informations confiées ce lundi au correspondant de Guineematin.com dans la ville de Nabaya, c’est aux environs de 23heures30’ que ce jeune élève a été agressé. C’était lors d’une bagarre rangé entre son groupe et un autre groupe rival. Une bagarre qui a éclaté en marge d’un show de la rue (Faré-Gnakhi) organisé par le groupe de la victime de cette agression.

« C’est vers 23heures30’ que ce groupe de jeunes (les agresseurs) est venu éteindre le moteur. Après, il y a eu des cris partout. Mais, puisque les membres de notre groupe avaient tous arboré un même t-shirt, ils (les agresseurs) nous repéraient à l’aide de ça. Maintenant, Sékouba, la victime, avait jugé bon de rassembler les chaises qu’on avait louées. Donc, c’est là-bas qu’ils sont allés le prendre pour le frapper avant de le poignarder au dos », a témoigné Mory Traoré, un témoin de cette bagarre.

A en croire notre source, la bagarre de ce dimanche est la suite des hostilités engagées depuis samedi entre ces deux groupes rivaux au cours d’un show de la rue.

« Avant-hier, au cours d’une organisation, les mêmes jeunes sont venus. Ils ont tenté de voler les chaises, on s’est opposé à eux et on les a chassé des lieux. Donc, c’est pourquoi ils sont revenus hier soir avec d’autres intentions » a confié Mory Traoré.

Aux dernières nouvelles, la famille de Sékouba Sangaré (le jeune qui a été poignardé) a porté plainte au commissariat central de police de Kankan et une enquête a été ouverte pour tenter de mettre main sur les membres du groupe qui a agressé ce jeune élève.

« On a porté plainte au commissariat de police, le commissaire a dit aux jeunes de notre quartier de prendre son contact et de l’informé dès qu’ils verront ceux qui ont poignardé notre frère », a indiqué Djénabou Kouyaté, la tante de la victime de cette blessure.

A noter que Sékouba Sangaré se trouve actuellement à l’hôpital régional de Kankan où il continue de recevoir des soins.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Integra ouvre des crèches pour favoriser l’apprentissage des jeunes mères

14 juin 2021 à 15 03 36 06366

Le programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes (INTEGRA), financé par l’Union européenne, a procédé à l’ouverture officielle depuis mai 2021 de crèches pour accueillir les enfants de 0 à 5 ans des bénéficiaires du programme à Kindia et à Mamou.

Cette initiative mise en œuvre par l’agence Enabel a pour but de faciliter l’apprentissage des jeunes filles et femmes dans le parcours de formation qui dure neuf mois.

Ainsi ces crèches qui ont une capacité de 20 enfants de 0 à 5 ans vont permettre d’assurer des conditions de travail décentes et de favoriser la part des femmes au sein du programme INTEGRA.

Fatoumata Camara 25 ans, mère de deux enfants et bénéficiaire du programme INTEGRA, dont le corps de métier est ferrailleur, se confie :

« Je remercie chaleureusement INTEGRA d’avoir mis en place ces garderies. Comme vous le savez, ils y avaient des femmes qui étudiaient et travaillaient avec leurs enfants au dos et parfois au soleil parce qu’elles n’avaient personne à qui confier leurs enfants à la maison. Cette initiative est très importante pour les femmes et me rassure, car nos enfants vont pouvoir jouer en toute sécurité dans un endroit sain. Je remercie encore une fois le programme INTEGRA. »

Installé dans deux localités lors de la phase pilote à proximité des chantiers école, le dispositif de crèches est fortement plébiscité par les jeunes femmes bénéficiaires et les communautés locales car c’est une première. Un appel à don sera bientôt lancé pour récolter des jeux pour les enfants de ces crèches, comme souligné dans le slogan de la campagne « Un jouet pour un sourire, soutenez nos crèches. ». Le projet de crèches pourrait s’étendre dans plusieurs localités dont Labé, Pita et Conakry si la phase pilote s’avère concluante.

Le programme INTEGRA se veut une contribution pour amorcer de nouvelles dynamiques dans le développement socio-économique en Guinée. Financé par l’Union européenne au titre du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, INTEGRA crée des opportunités pour la jeunesse guinéenne à travers la préparation à la vie professionnelle dans les établissements scolaires, la réalisation d’infrastructures économiques, la formation professionnelle, la création d’emplois durables et le développement de l’entrepreneuriat.

Ainsi, à travers ce programme, ce sont plus de 15 000 jeunes qui seront directement accompagnés pour mettre en œuvre cette nouvelle dynamique socio-économique par la création d’emplois et l’appui au développement de l’entrepreneuriat en Guinée.

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Fermeture des mines d’Or à Gaoual : les orpailleurs cèdent face à la fermeté des autorités

14 juin 2021 à 15 03 26 06266

La fermeté des autorités prend le dessus sur la détermination des orpailleurs qui tentaient de braver l’interdiction d’exploiter l’or dans la préfecture de Gaoual. Après quelques jours de résistance, les chercheurs d’or sont en train de quitter par vagues la préfecture pour rentrer chez eux, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Malgré la fermeture des mines d’or découvertes récemment à Gaoual (un dans la commune et deux dans la sous-préfecture de Kounsitel), la préfecture était encore bondée. De nombreux mineurs avaient refusé de rentrer chez eux, comme le leur avait demandé le gouvernement. Alors que certains exigeaient la restitution de l’argent qu’ils ont payé auprès des autorités locales pour avoir des permis d’exploitation, d’autres disaient n’avoir pas les frais de transport pour rentrer chez eux. Déterminés à ne pas rentrer bredouilles, plusieurs d’entre eux sont allés en brousse pour chercher clandestinement de l’or.

Mais, ces orpailleurs « récalcitrants » ont fini par abdiquer face à la détermination des autorités d’arrêter l’exploitation « sauvage » de l’or dans cette nouvelle zone minière de la Guinée. En effet, quelques jours seulement après avoir quitté Gaoual, le gouverneur de la région de Boké est revenu dans la préfecture hier, dimanche 13 juin 2021. Cette fois, le général Siba Sévérin Lohalamou n’a pas fait de déclaration publique, mais les indiscrétions laissent entendre qu’il a donné des instructions fermes aux autorités locales. Il s’agirait notamment d’interdire aux habitants de louer leurs maisons aux chercheurs d’or venus d’autres localités.

Ainsi, ce lundi, 14 juin 2021, Gaoual se vide de ses orpailleurs. Ils quittent la préfecture par vagues (certains à motos, d’autres en taxis et en minibus) pour rentrer chez eux, le cœur serré. Car leur rêve d’avoir rapidement de l’argent a été brisé par le gouvernement guinéen. Ceux qui n’ont pas encore plié bagages pour partir disent être là encore par contrainte. Selon eux, ils cherchent tout simplement à récupérer d’abord leurs machines détectrices d’or et leurs motos, qui auraient été saisies et confisquées par les forces de défense et de sécurité déployées en nombre à Gaoual.

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. 621686148

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Enlèvement et assassinat d’Elhadj Doura : un militaire de la sécurité présidentielle passe aux aveux

14 juin 2021 à 13 01 24 06246
Elhadj Abdourahmane Diallo

Le procès des auteurs présumés de l’enlèvement et de l’assassinat de l’opérateur économique Elhadj Abdourahmane Diallo, plus connu sous le nom d’Elhadj Doura, se poursuit ce lundi, 14 juin 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Dans sa déposition, le militaire Oumar Barry, en service au Bataillon spécial de la sécurité présidentielle, a reconnu les faits pour lesquels il est poursuivi. Il dit avoir participé à l’enlèvement, à la séquestration et à l’enterrement du commerçant, mais nie avoir reçu un centime de la rançon versée par sa famille, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

« C’est Elhadj Mamadou Diallo (le cerveau présumé de l’affaire) qui est allé me chercher chez moi, à Maférinya. Il m’a dit de venir chercher son papa qui est malade pour l’envoyer chez son guérisseur traditionnel. Nous sommes venus à 4 heures du matin au domicile du vieux, à Hamdallaye, dans la commune de Ratoma. J’ai garé le véhicule entre deux cours. Elhadj Mamadou Diallo était avec deux de ses amis. Ils ont enlevé le vieux et on l’a conduit à Sonfonia, puis après à Maférinya. C’est moi qui ai négocié son logement à Maférinya.

C’est dans une case qui se trouve à moins d’un kilomètre de chez moi qu’on a logé le vieux. Après son décès, Elhadj Mamadou Diallo m’a dit que le vieux est décédé. C’est ainsi qu’au nombre de 5 personnes, nous avons pris le corps et nous avons procédé à son enterrement au bord d’un marigot sans laver le corps. On l’a enterré la nuit, et personne n’a prié sur le cadavre. Ils ont voulu l’enterrer dans le cimetière, mais je leur ai dit qu’on n’a jamais enterré quelqu’un la nuit dans ce cimetière. 

Et comme on n’avait pas les outils nécessaires pour creuser une tombe, je les ai conduits au bord du marigot. C’est là-bas qu’on a enterré le vieux. Après l’enterrement, on s’est séparés. C’est à la gendarmerie qu’on s’est retrouvés. Mais moi, je n’ai jamais entendu parler de l’argent (la rançon de 100 mille dollars payée par la famille d’Elhadj Doura, ndlr). Même mille francs guinéens, je n’ai pas reçu dans cette affaire », a déclaré l’accusé.

Les débats se poursuivent devant le tribunal criminel de Dixinn, et nous y reviendrons.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Électricité : 14 groupes électrogènes pour la ville de Kankan

14 juin 2021 à 13 01 19 06196

Pour pallier au déficit énergétique, la ville de Kankan vient de bénéficier de quatorze nouveaux groupes électrogènes. La cérémonie officielle pour la remise de ces groupes a été organisée hier, dimanche 13 juin 2021, dans l’enceinte de la centrale thermique, en présence des autorités de Kankan. C’est la ministre de l’énergie, Bountouraby Yattara et son homologue Bouréma Condé, de l’Administration du territoire et de la décentralisation, qui ont co-présidé la remise de ces groupes électrogènes à la société EDG (électricité de Guinée), rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la capitale de la Haute Guinée.

Après les tempêtes de réclamations (manifestation contre le manque de courant) pour l’électrification de Kankan, le président Alpha Condé fait face cette ville qui a contribué à son élection à la tête de la Guinée pour son actuel troisième mandat. Et, pour ce premier geste, le chef de l’Etat a offert 14 groupes électrogènes à la ville de Nabaya pour booster la capacité de production locale de l’EDG en termes d’électricité.

A la cérémonie de remise de ces groupes électrogènes, la ministre de l’Energie, Bountouraby Yattara, a fait savoir que Kankan a toujours fait partie des priorités du président Alpha Condé dans son ambition d’électrification de la Guinée.

Bountouraby YATTARA, ministre de l’Energie

« Le président de la république a souhaité l’électrification de la Guinée ; et, dans ce cadre, Kankan est parmi les priorités. C’est pour cette raison qu’il s’est lui-même employé à donner 14 groupes à la ville de Kankan. Je rappelle que quand il venait, Kankan n’avait que 4 MW. Donc, aujourd’hui, avec ces groupes, Kankan dispose désormais plus de 14 MGW d’électricité qui vont être suivis du groupe de 20 MGW que nous allons installés très prochainement ici », a dit la ministre Bountouraby Yattara.

Ces groupes électrogènes arrivent à Kankan à un moment certains quartiers de la ville n’ont jamais connu le courant électrique. Ces quartiers n’ont même jamais eu d’installation électrique. Mais, pour le directeur général de l’EDG, Bangaly Mathy, cette situation est due à un « problème de réseau » qui va être résolu au fur et à mesure.

Bangaly MAHTY, Directeur Général EDG

« C’est normal qu’il y ait des quartiers qui n’ont pas de courant. Parce qu’en réalité ce n’est pas un problème de courant, mais un problème de réseau. Donc, comme partout ailleurs, il y a des quartiers qui n’ont pas d’installation, ça c’est d’autres projets. On va continuer à installer des poteaux et des fils, évidement tout ça ne se fait pas en un seul jour. C’est des projets de longues halènes, mais il y a un projet en cours pour faire l’extension du réseau de Kankan », a indiqué Bangaly Mathy.

Pour le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, général Bouréma Condé, ce don du chef de l’Etat est une réponse aux troubles que la ville de Kankan a connus il y a des mois.

Bouréma CONDE, ministre l’administration du térritoire et de la décentralisation

« C’est un sentiment de satisfaction pour un natif de Kankan et pour les populations de Kankan. C’est comme pour répondre à ce que Kankan a connu il y a quelques mois comme troubles pour dire nous voulons du courant. Et, comme vous savez le Pr Alpha Condé c’est la détermination d’aller à la résolution de ses engagements, c’est ce qui est fait aujourd’hui » a dit le ministre Bouréma Condé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Don de matériels et d’équipements sanitaires : l’ARMA vole au secours de l’hôpital régional de Mamou

14 juin 2021 à 13 01 05 06056

A la faveur d’une cérémonie organisée le samedi dernier, 12 juin 2021, dans la salle de réunion de l’hôpital régional de Mamou, l’association des ressortissants de Mamou vivant à Atlanta (ARMA) a procédé à la remise d’un don de matériels et d’équipements de santé aux autorités sanitaires de Mamou. Ce don, principalement destiné à l’hôpital régional de Mamou, sera acheminé à d’autres structures sanitaires (centres de santé, postes de santé) de la préfecture de Mamou pour renforcer leur capacité d’accueil et de travail, au bénéfice des populations locales.

Composé de médicaments, d’équipements de protection, de matelas, de chaises roulantes, de lits, de blouses, ce don de l’ARMA vient en appui aux structures sanitaires de la préfecture de Mamou. Il est un symbole de satisfaction et de reconnaissance envers la terre mère (Mamou). Et, à l’hôpital régional de Mamou, les responsables se sont engagées à utiliser ces équipements et matériels de santé au profit exclusive des malades.

Dr Abdoulaye Kader Camara, directeur de l’hôpital régional de Mamou

« Au nom des travailleurs de l’hôpital Régional de Mamou, nous disons très sincèrement merci aux ressortissants de Mamou. Malgré cette distance qui nous sépare, ils ont pensé à nous. Par ce geste, ils ont montré qu’ils n’ont pas oublié leur origine. Par ce geste, ils prouvent qu’ils n’ont pas oublié Mamou. Nous nous engageons devant les autorités ici présentent que ce don là sera utilisé exclusivement pour les malades et par les malades. Et, nous veillerons là-dessus, même une aiguille ne sortira ici sans que cela ne soit justifié. Vous  pouvez compter sur nous. Nous pouvons voir ce que nous donnerons aux centres et aux postes de santé de la préfecture comme symbole », a promis Dr Abdoulaye Kader Camara, directeur de l’hôpital régional de Mamou.

Pour le représentant de l’ARMA à cette cérémonie, Thierno Ibrahima Diallo, les équipements et matériels médicaux que l’association des ressortissants de Mamou vivants à Atlanta met aujourd’hui à la disposition des autorités sanitaires de Mamou sont le fruit de dur labeur. Et, en conséquence, il est important d’en prendre soin et les utiliser à bon escient.

Thierno Ibrahima Diallo, représentant de l’association des ressortissants de Mamou vivants à Atlanta

« Au nom de la Présidente de l’association des Ressortissants de Mamou vivant à Atlanta et son bureau,  nous sommes heureux de vous rendre service ; car, nous faisons partie de vous. Bien que nous sommes loin de vous, nous sommes de cœur avec vous. Nous avons pu obtenir ces  matériels sophistiqués après un travail laborieux. Nous souhaitons que ces équipements soient utilisés pour servir les citoyens du pays en général et ceux  de la région administrative de Mamou en particulier », a dit Thierno Ibrahima Diallo.

Prenant la parole à cette occasion, Dr Kassie Fangamou, le directeur régional de la santé de Mamou, s’est réjoui de l’engagement de l’ARMA au près de la population de Mamou. Il a aussi invité les agents de santé des structures bénéficiaires à une utilisation rationnelle de ces matériels mis à leur disposition.

Dr Kassie Fangamou, Directeur Régional de la Santé de Mamou

« Les sentiments qui m’animent c’est un sentiment de joie, un sentiment de satisfaction et de fierté vis-à-vis des filles et fils ressortissants de Mamou vivant à Atlanta. Ce don que l’hôpital vient de bénéficier est le fruit de dur labeur. Pour nous, c’est un acte à saluer et à remercier. Nous demandons aux autres fils du pays de suivre ce bel exemple. J’invite le personnel de santé de mettre ces matériels au service de la population de Mamou. J’invite aussi le personnel à maintenir de façon préventive ces équipements et à les utiliser à bon escient dans l’intérêt de Mamou, pourquoi pas toute la Guinée parce que Mamou est une synthèse de la Guinée », a notamment indiqué Dr Kassie Fangamou.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél : 625 69 89 19 / 657 34 39 39

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Préfecture de Coyah : le budget 2021 s’élève à un peu plus de 2 milliards

14 juin 2021 à 12 12 33 06336

Le conseil administratif préfectoral de Coyah s’est déroulé du 9 au 11 juin 2021. La rencontre annuelle a permis de faire le bilan de l’année 2020 et de projeter des actions à mener dans les prochains mois, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Organisé sous le thème : « Le monde rural au cœur du développement participatif », ce conseil administratif préfectoral visait à tirer les leçons de l’année 2020 par rapport au fonctionnement administratif et financier à tous les niveaux et sur tous les plans et faire des projections pour l’année 2021. Après la présentation des rapports d’activités, les participants ont fait un constat qui fait état d’un certain nombre de problèmes à résoudre. Il s’agit entre autres :

Au niveau du secteur éducatif : insuffisance du mobilier scolaire, insuffisance des moyens logistiques pour les cadres de la DPE et les DSEE, insuffisance des programmes d’enseignement, manque de stratégie pour maintenir  les enseignants mutés dans les zones rurales, faible implication des APEAE, insuffisance des salles de classe et des équipements. 

Au la direction préfectorale de la santé : manque de plan opérationnel au niveau des structures de santé, insuffisance de supervision des structures de santé, insuffisance de l’appui financier pour les activités de surveillance, manque du personnel dans certains postes de santé. Dans d’autres les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, on notre le manque de crédits agricoles, l’utilisation des barons pour des fins d’habitation, la persistance des conflits entre agriculteurs et éleveurs, le faible niveau de recouvrement des taxes d’abattage…

Après ces constats au niveau de tous les secteurs, des recommandations ont été formulées en vue de corriger ces insuffisances. Les participants ont ensuite adopté le budget 2021 de la préfecture qui s’élève à 2 185 780 229 GNF. Ce budget prévoit quatre actions principales à réaliser : la rénovation du bâtiment des finances, la construction d’un bloc de latrines de deux cabines pour le bloc administratif B de la préfecture, la rénovation des logements des deux secrétaires généraux et l’installation de la téléphonie entre les différents services du bloc administratif.

Il est à noter que ce budget exercice 2021 a connu une baisse de 5,41% par rapport à celui de 2020. Selon les autorités préfectorales, cela est dû à la pandémie de Covid-19 qui a nettement réduit voire empêché le recouvrement des impôt et taxes pendant toute l’année dernière et qui continue de ralentir les activités des citoyens. 

De Coyah, Etienne Tamba Tenkiano pour Guineematin.com

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Travail des enfants en Guinée : « c’est un dommage pour toute la société », alerte FITIMA

14 juin 2021 à 9 09 43 06436
Hawa Dramé, présidente de la Fondation internationale Thierno et Mariame (FITIMA)

C’est la présidente de la fondation internationale Thierno et Mariam (FITIMA) qui a tiré la sonnette d’alarme. Mme Hawa Dramé souligne que le travail des enfants est dommageable pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour toute la société. Elle appelle à des mesures urgentes et efficaces pour lutter contre ce phénomène en Guinée.

Le 12 juin de chaque année, l’humanité a célébré la journée mondiale contre le travail des enfants. Une occasion de promouvoir des actions fortes visant à mettre fin au travail des enfants dans le monde. A cette occasion, la présidente de la fondation internationale Thierno et Mariam (FITIMA) a accordé un entretien à Guineematin.com dans lequel elle a lancé sur cri d’alarme.

« La Guinée a ratifié toutes les conventions relatives aux droits des enfants. L’un des droits fondamentaux des enfants est bien sûr le droit d’être nourri, le droit à la santé et après, vient le droit à l’éducation. Lorsqu’un enfant est obligé de travailler au lieu d’être à l’école, c’est dommage pour toute la société. Parce que la place d’un enfant n’est pas dans le monde du travail, mais plutôt dans le monde de l’éducation et de l’apprentissage.

Malheureusement, dans notre pays, il y a encore trop d’enfants qui sont sur le marché du travail et qui passent complètement à côté de leur enfance. Des enfants qui n’apprennent pas des métiers qui leur permettront de s’épanouir plus tard et de devenir des citoyens à part entière », a déclaré Mme Hawa Dramé.

L’activiste des droits des enfants indique que ce phénomène est beaucoup plus accentué dans les zones minières « où on voit des enfants qui sont exploités sans compter toutes les violences auxquelles ils sont confrontées, parce que très peu de gens respectent leurs droits ». Selon, cette situation s’explique par un certain nombre de facteurs.

« Il y a d’abord la pauvreté, parce que les enfants sont devenus une variable d’ajustement du revenu de la famille. Parfois ils deviennent même des piliers de certaines familles. Il y a l’analphabétisme des parents qui fait que les familles ne voient pas trop l’intérêt de pousser l’enfant à aller à l’école ou à apprendre un métier pour plus tard pouvoir l’exercer et de s’en sortir avec.

Il y a également la non-application des instruments juridiques et l’absence de sanctions pour les contrevenants. Dans les pays où la traite ou le travail des enfants a disparu, il y a les lois qui sont respectées et chacun sait qu’il s’expose à des sanctions s’il transgresse ces lois. Et c’est le rôle de l’État de faire respecter les droits des enfants », a-t-elle rappelé.

A l’Etat justement, la présidente de FITIMA demande des mesures urgentes pour faire face à ce fléau. « Il faut faire respecter la loi, mener des vraies actions de sensibilisation ciblée dans des zones où on constate le travail des enfants, mais aussi des actions de sensibilisation en direction des familles, qu’on leur explique le danger du phénomène. Le troisième axe, c’est de faire en sorte que les enfants puissent accéder à l’école et y rester.

Faire en sorte que la gratuité de l’enseignement ne soit pas théorique, mais une réalité. Lutter contre la pauvreté en aidant les familles à mener des activités rémunératrices pour libérer les enfants. Si tout cela est combattu, on permet aux enfants issus des familles démunies de partir à l’école, de pouvoir s’y maintenir et apprendre un métier », a lancé Mme Hawa Dramé.

La fondation FITIMA est une organisation humanitaire qui s’intéresse au bien-être des enfants, notamment ceux en situation de handicap. Elle s’occupe également de la promotion des droits des femmes et de l’autonomisation des femmes à travers des activités génératrices de revenus.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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