Assassinat d’Elhadj Doura : le policier Amadou Sacko jure avoir été torturé à la gendarmerie de Matam

Comme annoncé précédemment, le procès des auteurs présumés de l’enlèvement et de l’assassinat de l’opérateur économique Elhadj Abdourahmane Diallo, plus connu sous le nom d’Elhadj Doura, s’est poursuivi ce lundi, 14 juin 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Après la comparution du militaire Oumar Barry (en service au Bataillon spécial de la sécurité présidentielle) qui a reconnu avoir participé à cette opération, le tribunal a entendu le brigadier-chef Amadou Sacko, en service au CMIS numéro 5. Et, contrairement à son coaccusé, le policier a plaidé non coupable, assurant qu’il n’est ni de près ni de loin impliqué dans cette affaire, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Selon l’ordonnance de renvoi, c’est la voiture du brigadier-chef Amadou Sacko qui a servi à transporter le corps d’Elhadj Doura de la case où le vieil homme était retenu en otage jusqu’à l’endroit où il a été enterré, dans la sous-préfecture de Maférinya (Foréacariah). Mais, à la barre, le policier a rejeté cette accusation, tout comme celle relative à la détention d’une arme à son domicile. Il a laissé entendre que ce véhicule ne lui appartient pas, tout en rappelant que les agents qui ont été chez lui n’ont trouvé aucune arme sur les lieux. L’accusé dit ne pas savoir pourquoi son nom a été cité dans cette affaire.

« Je n’ai pas pris part à cet enlèvement. D’ailleurs, au moment des faits (le 5 décembre 2017), je n’étais même pas à Conakry. J’étais au village, à Koba, pour me soigner. Elhadj Mamadou Diallo qui est là (le cerveau présumé de l’enlèvement d’Elhadj Doura), je ne l’ai vu que deux fois au Km66. Il était avec Ibro (un autre accusé). Mais, moi, je n’ai jamais conclu quelque chose avec lui concernant l’enlèvement du vieux Elhadj Doura. Je ne sais pas pourquoi ils ont profité de cette occasion pour m’accuser. Ils ont inventé ça, je ne sais pourquoi. Ce n’est pas mon véhicule qui a transporté le corps d’Elhadj Doura, et aucune arme n’a été retrouvée chez moi », a-t-il déclaré.

Pourtant, l’ordonnance de renvoi mentionne que le brigadier-chef Amadou Sacko avait reconnu les faits lors de son audition à la gendarmerie de Matam. Mais, il dit avoir fait ses aveux sous l’effet de la torture. « Dans un premier temps, je leur ai dit que moi, je n’ai jamais participé à cette opération. Mais, ils m’ont mis en brochette de 3h à 5h du matin, ils m’ont dit de reconnaître les faits, parce que Oumar Barry a déjà tout dit. C’est en ce moment que je leur ai dit de prendre en compte tout ce que Oumar Barry a dit sur moi, parce que j’étais fatigué. Mais, en réalité, je ne connais rien dans cette affaire », a assuré le policier.

Après avoir entendu ces deux accusés, le tribunal a renvoyé l’affaire au 28 juin 2021 pour la suite des débats.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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