Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire

Malgré le consensus trouvé jeudi dernier pour régler entre les deux camps, le contentieux opposant l’avocat Me Pépé Antoine Lama au Contrôleur général Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire, n’a pas pu être réglé à l’amiable. Le tribunal de première instance de Kaloum, qui était saisi du dossier, a poursuivi le procès ce mercredi, 30 juin 2021. Et la juridiction s’est déclarée incompétente de juger cette affaire, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

La médiation menée par le barreau de Guinée n’aura finalement pas porté fruit. Lors de la rencontre tenue dans la soirée du jeudi 24 juin dernier au ministère de la justice, les parties opposées étaient tombées d’accord pour que ce problème soit réglé à l’amiable. Et c’est dans cette logique que l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Dinah Sampil, s’est rendu ce mercredi au tribunal de première de Kaloum pour solliciter un renvoi du dossier, qui était programmé aujourd’hui, pour permettre de matérialiser ce consensus.

Mais le procureur de la République près le TPI de Kaloum, qui n’a pas été associé aux négociations ayant débouché sur ce consensus, s’est opposé à cette demande. Il a demandé au tribunal de prendre une décision dans cette affaire, en se déclarant incompétent de juger le Contrôleur général Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire, et son collaborateur, le Commandant Sékou Ly, poursuivis par l’avocat Me Pépé Antoine Lama pour « injures publiques et atteinte aux libertés individuelles ».

Et cette demande du procureur, Alpha Sény Sylla, a été acceptée par la juge, Hadja Mariama Doumbouya, qui a déclaré son tribunal incompétent de juger cette affaire. Car, les deux prévenus bénéficient d’une décision d’habilitation du procureur général, qui les empêche d’être jugés par un tribunal de première instance. Une décision que le représentant du bâtonnier (médiateur dans cette affaire) trouve conforme à la loi, mais pas souhaitée.

« Ce que nous nous voulions, c’était le temps donné au bâtonnier, en tant qu’organe médiateur, de pouvoir élaborer un document qu’il va soumettre à monsieur le procureur sous l’égide duquel, la transaction pénale devrait se faire. Pour réussir cela, il fallait que l’examen au fond du dossier soit stoppé jusqu’à ce que cette démarche-là soit effectuée.

Le procureur, par empressement ou par sûreté de la position qui était la sienne, n’a pas voulu comprendre cela et malheureusement, le tribunal est passé outre la demande de renvoi. La décision qui a été rendue, elle est conforme à la loi, on ne peut pas la critiquer, mais elle n’est pas souhaitée. On ne voulait pas que ce soit comme ça », a réagi Me Dinah Sampil.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin