Alors que tout le monde avait jusque-là les yeux rivés sur le mois d’août pour la tenue des examens nationaux en Guinée, le président Alpha Condé vient de chambouler le programme. En conseil des ministres le jeudi dernier, le chef de l’Etat a instruit le Premier et tous les acteurs impliqués dans le processus de l’organisation des examens nationaux de se hâter le pas pour la tenue desdits examens au mois de juillet « en raison des conditions liées au COVID-19 ». Et, apparemment, ces instructions du président de la République ont mis le MENA-E (ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation) sur des braises pour trouver une nouvelle date. Ce changement de calendrier se répercute aussi sur les établissements scolaires où les élèves-candidats et les encadreurs sont à pied d’œuvre pour boucler les programmes. C’est le cas au collège-lycée 1er mars de Matam où on annonce déjà les examens blancs entre le 29 juin et le 02 juillet dans l’espoir d’être au rendez-vous des examens réels à partir de la deuxième quinzaine du mois de juillet, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon nos informations, le MENA-E a mis les bouchées doubles pour satisfaire la demande du chef de l’Etat. Et, un nouveau calendrier est déjà sur table. Il sera présenté très prochainement en conseil des ministres en vue de sa validation.

Mamady Sidiki Camara, responsable de la communication du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation

« Le calendrier est établi. C’est sous proposition. Le ministre de l’éducation nationale le soumettra au Conseil des Ministres. Le gouvernement verra le calendrier et va le valider. Et si le calendrier est validé ou retouché, comme ça, il sera mis à la disposition de l’opinion et on organisera les examens en fonction de ce calendrier. Nous avons travaillé dessus, parce que le président l’a demandé, le Conseil des ministres a demandé et aussitôt nous nous sommes attelés à ce travail. Au moment où je vous parle, ce travail est fait ; mais, il faut le proposer au gouvernement pour sa validation », a confié Mamady Sidiki Camara, le chargé de communication du MENA-E.

Du côté des écoles, ces instructions du chef de l’Etat ont contraint les responsables des établissements à revoir leurs copies pour parer à toute éventualité. Elèves, enseignants et personnel d’encadrement sont à pied d’œuvre pour finir les programmes et boucler les évaluations de fin d’année pour les classes intermédiaires. Ils sont tous sur la braise, même si par endroit on fait mine de relativiser. C’est le cas au collège-lycée 1er mars de Matam où le proviseur Sékou Camara vient d’annoncer le démarrage des examens blancs pour ce 29 juin. Et, compte tenu de la nouvelle donne, ce responsable d’école plaide pour la deuxième quinzaine du mois de juillet pour le démarrage des examens nationaux.

Sékou Camara, proviseur du Lycée-collège er mars de Matam

« Cette année, il n’y a pas eu de perturbations, les cours se sont bien déroulés. À l’heure où je vous parle, la plupart des professeurs chez moi sont vers la fin des programmes. Ils sont à 98%. Ceux qui sont un peu en retard sont à 95%. Il y en a qui ont fini le programme depuis la semaine passée. Et nous avons décidé de nous entretenir. D’après ce qu’on a suivi avec le gouvernement par rapport à ces examens, je suis déjà en train de travailler les calendriers pour les classes intermédiaires et les classes d’examens qu’on appelle bac blanc et brevet blanc. Donc, nous, nous allons commencer ça. J’ai une réunion avec le personnel à partir de midi. On va essayer de discuter. Les élèves sont déjà préparés par rapport à ça. Je peux dire que nous nous sommes près. Nous avons décidé de faire des évaluations le 29 ou le 30 juin jusqu’au 2 juillet, c’est les examens blancs chez nous. À partir de là, on projette les classes intermédiaires. Donc, dans une semaine, si l’État lance les examens nationaux à partir de la deuxième quinzaine du mois de juillet, je pense qu’il n’y aura pas d’impact négatif. Je suppose qu’à partir de la deuxième quinzaine du mois de juillet, toutes les écoles seront prêtes pour affronter ces examens. Si on prend la fin du mois de juillet jusqu’au début du mois d’Août, ce n’est pas mauvais. Quelle que soit la date qui sera fixée, elle sera la bienvenue », a dit le proviseur Sékou Camara.

Elève en classe de terminale Sciences sociales au lycée 1er mars et candidate au baccalauréat, M’ma Sampil pense que la tenue des examens au mois de juillet est salutaire dans la mesure où les grandes pluies vont bientôt s’annoncer en Guinée. Elle admet cependant qu’il y a des leçons non encore dispensées aux candidats.

Sampil M’ma, élève en classe de terminale sciences Sociales du lycée-collège premier mars

« Moi, je peux dire que dans notre établissement, ça se passe très bien. Avec les professeurs, on a fini les programmes. Je pense que ce que le président a dit est une bonne chose pour nous. Parce que le mois d’août n’est pas bon pour les candidats et candidates. Il y aura la pluie, l’état des routes n’est pas bon, il y aura de l’embouteillage. Donc, je préfère que les examens se fassent pendant le mois de juillet. La majorité de nos professeurs ont fini leur programme. Le français, l’histoire, la géographie, on a terminé. On va terminer les maths la semaine prochaine. En anglais, on est un peu en retard ; mais, il ne nous reste que 5 leçons. Et, nous espérons que ça va finir avant juillet », a indiqué M’ma Sampil. 

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com
Tel : +224 622 07 93 59

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin