Depuis plusieurs jours, le torchon brûle entre certains députés de la mouvance présidentielle et le président de l’Assemblée nationale. Les frondeurs accusent Amadou Damaro Camara de gestion opaque et de népotisme dans l’attribution des marchés. Une situation qui ne laisse pas indifférent le président de l’Union Démocratique pour le Renouveau de la Guinée (UDRG).

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce jeudi, 1er juillet 2021, Bah Oury a analysé ce problème sous deux angles. Le premier, dit-il, c’est le fait que le népotisme soit érigé en système de gouvernance depuis plusieurs années en Guinée.

Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

« Cette situation à l’hémicycle ne me paraît pas singulière, parce que partout dans les administrations de ce pays et au niveau du sommet de l’Etat, la pratique est la même. Des personnes arrivent au pouvoir non pas pour servir mais pour se servir. Et, ils le font de manière tellement ostentatoire, comme s’ils ont un mépris des autres membres de la société guinéenne. C’est pour autant que la Guinée est considérée parmi les 15 pays les plus pauvres au monde et avec un niveau de corruption extrêmement élevé. C’est la mentalité prédatrice qui prédomine un peu partout.

Il n’y a jamais eu sérieusement de sanctions pour corriger la gouvernance. Cela constitue le véritable problème de la Guinée : les administrateurs, les dirigeants, ont une mentalité fortement teintée de certaines formes de prédation qui font que la Guinée a du mal à se relever. C’est le système qui est malade. Le système a atteint un tel niveau de pourrissement que ce qui se faisait dans le secret auparavant, se fait maintenant à ciel ouvert. Et puis, c’est fait avec tellement de prétention que d’autres refusent de se sacrifier pour faire plaisir aux uns et aux autres », a déclaré l’opposant.

Par ailleurs, le président de l’UDRG estime que cette fronde contre le président de l’Assemblée nationale peut être due à une guerre de positionnement pour la succession du président Alpha Condé. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’on est dans une période politique très tumultueuse et très trouble. Les calculs politiciens pour la succession, pour le positionnement pour le futur, ont commencé à se faire entendre et à se faire savoir. Les choses bougent, les règlements de comptes sont par-ci et par-là. En fait, c’est comme un  jeu de dames où on vise autre chose et on commence par les premiers pions en première ligne avant d’atteindre le résultat escompté », a dit Bah Oury.  

Depuis le début de cette crise qui secoue la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, aucun des acteurs concernés n’accepte de s’exprimer publiquement sur le sujet. Selon les indiscrétions, le problème est arrivé sur la table du président de la République, qui aurait décidé de s’impliquer dans la recherche d’une solution durable.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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