Thierno Saïdou Diakité sur le football guinéen : « les saisons sportives se suivent et se ressemblent »

Thierno Saïdou Diakité, Consultant sportif et membre du Comité d’Organisation de la Confédération Africaine de Football (COCAN)

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce jeudi, 1er juillet 2021, Thierno Saïdou Diakité, Consultant sportif et membre du Comité d’Organisation de la Confédération Africaine de Football (COCAN), s’est exprimé sur la situation actuelle du football guinéen. De la qualification de quatre clubs (Horoya AC, CIK, SAG et Wakrya AC) qui représenteront la Guinée aux prochaines compétitions africaines au classement de la CAF des meilleurs championnats, en passant par l’insistante rumeur d’une éventuelle mise en place d’un comité de normalisation à la tête de la fédération guinéenne de football, rien n’a échappé à l’œil de ce spécialiste du cuir rond en Guinée. Il exulte du niveau actuel du football guinéen sur le continent ; mais, déplore aussi le fait que les choses ne bougent pas assez au niveau national.

Décryptage !

Guineematin.com : quatre clubs guinéens (le Horoya AC, le CIK, la SAG et le Wakrya AC) vont participer aux prochaines compétitions africaines. Mais, ce sont pratiquement les mêmes clubs de l’année dernière qui se qualifient. Quelle est votre perception et pensez-vous qu’il y a une chance de les voir évoluer ? Puisque chaque année, ils sont éliminés dès les premiers tours, à l’exception du Horaya AC.

Thierno Saïdou Diakité, Consultant : C’est vrai que depuis quelque temps chez nous les saisons sportives se suivent et se ressemblent. Parce que depuis pratiquement 4 à 5 ans, le Horoya domine le championnat local ; et, à ce titre, il participe à la ligue des champions. Grâce à ses performances d’ailleurs l’indice du football a été amélioré. Ce qui fait que depuis 3 saisons, nous avons 4 représentants en coupe africaines (deux en ligue des champions et deux autres en coupe de la CAF). Malheureusement, le constat est quelque peu déplorable, parce que dans les préliminaires, régulièrement, trois de nos représentants sont éliminés ; et, seul le Horoya parvient à aller jusqu’en phase de groupe. L’année dernière même, il a disputé une demi-finale. Alors, moi, je souhaite maintenant que les présidents des clubs qui vont nous représenter puissent tirer les leçons de ces échecs répétitifs afin que notre représentation soit beaucoup plus efficace et qu’elle puisse améliorer l’indice du football guinéen. Parce que si les clubs vont loin en compétition africaine, l’indice va être amélioré ; et, au lieu de 4, on peut avoir 5 ou 6 représentants comme les pays magrébins. C’est un peu ça le challenge que les différents présidents des clubs doivent maintenant relever comme défi majeur. C’est-à-dire renforcer l’effectif des équipes qu’ils ont et aussi chercher à trouver des sponsors et annonceurs qui vont leur apporter de l’argent pour pouvoir recruter de bon joueurs dans les différents secteurs de jeu.

S’ils ne tirent pas de leçon par exemple de l’élimination prématurée la saison dernière et que les choses restent en état, il va s’en dire que dans les préliminaires encore, ils vont être éliminés. Parce que figurez-vous qu’à l’heure actuelle, le Horoya est le seul club véritablement professionnel. C’est un club qui a suffisamment d’argent, c’est un club qui a une administration fonctionnelle, c’est un club qui peut se permettre de recruter de très bons joueurs de haut niveau. Ce qui fait que les résultats sont suivis. Depuis 4 à 6 ans, le Horoya est champion de Guinée et depuis quelques années, il fait bonne figure en ligue des champions. La saison dernière, ils ont été jusqu’en demi-finale. Malheureusement, cette saison, ils ont été éliminés en phase de groupe. Je pense que le bureau exécutif a tiré des leçons et qu’ils vont aller le plus loin possible encore la saison prochaine. C’est un peu l’invite que moi je fais aux autres différents présidents de club. Au Général Mathurin qui est président du CIK, à la direction du club de la SAG de Siguiri et Guillaume Soumah qui est, je crois, le président du Wakrya, de vraiment faire en sorte que les clubs soient vraiment compétitifs et qu’ils puissent aller au-delà des préliminaires et qu’ils intègrent la phase de groupe. Parce qu’il y a des retombés. Plus vous allez loin dans les deux compétitions, plus vous gagnez de l’argent. Il y a des primes très intéressantes que la CAF a instaurées pour motiver les clubs qui participent à ces deux compétitions.

Guineematin.com : dans le classement de la Confédération Africaine de Football (CAF) des 12 meilleurs championnats, la Guinée est classée 9ème et 2ème en Afrique de l’Ouest derrière le Nigéria. Quel est votre analyse et qu’est-ce que cela peut changer pour la Guinée ?

Thierno Saïdou Diakité, Consultant : Ce classement est intéressant parce que là c’est un critère d’évaluation des différentes compétitions locales. Pour ce qui nous concerne, on va revenir encore, grâce au Horoya, l’indice a été amélioré ; mais, il faut souligner qu’on a perdu une place. Au dernier classement de l’année dernière, on était 8ème. Cette fois-ci, on est 9ème. Mais, au plan Ouest-africain, on est 2ème derrière le Nigéria. Parce que le Horoya a fait bonne figure. Donc, ça veut dire que les responsables de la ligue professionnelle de football de Guinée, doivent maintenir le cap et faire en sorte que le niveau du championnat soit beaucoup plus élevé ; et, j’insiste encore que les différents clubs puissent se structurer pour rehausser le niveau de la compétition. C’est vrai que le Nigéria est un pays au potentiel économique, ils ont beaucoup investi dans le sport depuis les années 60. Ce qui fait que les différents clubs, même les équipes nationales toute catégorie confondue, ont de très bons résultats. Nous (la Guinée), on est sur la bonne voie ; mais, il faut maintenir le cap et qu’on essaye d’améliorer les acquis pour être davantage beaucoup plus performant au niveau sous-régional et continental.

Guineematin.com : des rumeurs circulent qu’après cette mission de la FIFA, de la CAF et le retrait de la plainte de Monsieur Aboubacri Touré, qu’on pourrait mettre en place un comité de normalisation. Quel impact cela peut avoir sur le football guinéen ?  

Thierno Saïdou Diakité, Consultant : Vous allez me permettre de faire une certaine mise au point. Du 21 au 24 juin, une mission conjointe de la CAF et de la FIFA, a séjourné dans notre pays. Ils ont rencontré des acteurs du football et certaines parties prenantes. Le ministre des sports, le président et le vice-président de la commission électorale de recours, la commission éthique, le président de l’AS Kaloum, le comité directeur de la fédération guinéenne de football et d’autres personnes ressources. On parle de comité de normalisation, ça, c’est une spéculation de nos confrères, il faut le dire. La mission est venue, le délégué de la FIFA a été clair. Il dit qu’ils sont venus pour faire un constat de ce qui se passe et faire une évaluation. Ils ont rendu leur rapport de mission le samedi dernier aux instances dirigeantes de la CAF et de la FIFA. Maintenant, dans les jours à venir, une décision va être prise par ces instances. Pour faire une projection, il y a deux solutions possibles. Ou, comme la spéculation et la rumeur le font croire, un comité de normalisation va être installé. Ce comité de normalisation aura ce qu’on appelle des termes de référence. C’est-à-dire, faire un toilettage des textes qui gèrent le fonctionnement de la fédération, c’est-à-dire les statuts, le règlement et autres ; et puis, préparer l’organisation de l’assemblée générale élective pour mettre en place un comité directeur. C’est la première solution.
La deuxième solution, la FIFA et la CAF peuvent envisager de mettre en place un organe qui va rapidement organiser l’élection générale du comité directeur. Donc, c’est l’une ou l’autre des solutions, je pense, qui vont être apportées pour régler définitivement la crise qui secoue notre football depuis quelques semaines. Mais, attendons la décision des instances de la CAF et de la FIFA qui vont apprécier les rapports de mission qui leur ont été transmis depuis samedi dernier ; et, c’est sur la base de ce rapport qu’une décision va être prise pour régler définitivement la crise.

Interview réalisée par Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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