Dr Louncény Nabé, Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG)

Le dimanche dernier, 4 juillet 2021, les membres du pool économique et financier du gouvernement (les ministres Mamady Camara, de l’économie et des finances, et Ismaël Dioubaté du Budget, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale, Dr Louncény Nabé) étaient à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés après la présentation, la veille, du document de cadrage budgétaire pluriannuel (2022-2024), a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans sa sérénité habituelle, le patron de la Banque centrale, à la suite des deux ministres cités plus haut, a tenu à apporter des informations sur la situation financière du pays ; et, particulièrement, sur le comportement de la monnaie guinéenne, dont la dépréciation est perçue par tous.

De la problématique du taux de change du franc guinéen et à sa dépréciation par rapport aux principales devises étrangères (euros et dollars), « C’est vrai qu’il a glissé continuellement », concède-t-il, tout en précisant que par moment, ce glissement a été un peu plus fort.

« De 1986 jusqu’aujourd’hui, le franc guinéen est passé de quelques 300 francs pour un dollar américain à un peu moins de dix mille aujourd’hui, le franc guinéen a glissé un peu continuellement… Par moment, ce glissement a été un peu plus fort. Mais, depuis septembre-octobre 2020, le Franc guinéen s’est stabilisé sur le marché officiel de change et sur le marché parallèle, il s’est même consolidé. En juin, juillet août, septembre 2020, sur le marché parallèle, le Franc guinéen était à dix mille six cent francs (10 600 GNF) pour un dollar. Aujourd’hui, on est à moins de dix mille francs pour un dollar. Dans notre histoire monétaire, c’est la première fois que cela se présente. Contrairement, à certaines limites déformées par un certain nombre de personnes, l’Etat s’est désendetté auprès de la Banque centrale depuis 2011 quand le gouvernement a décidé de fonctionner à base caisse », a expliqué l’argentier du pays.

Cependant, Dr Nabé, reconnaît que le pays a connu deux périodes sanitaires d’exception (2014-2016) marquées par Ebola et depuis 2020, par le Covid-19.

« Toutes les deux périodes ont bénéficié de la compréhension et la collaboration pour les éléments de réponse avec les Institutions de Breton Wood. Mais, depuis, beaucoup d’efforts ont été consentis pour ramener cet endettement à des niveaux compatibles avec la loi. En moyenne, on est au-dessous du plafond statutaire depuis le début de l’année », a expliqué le Gouverneur de la Banque centrale.

Par ailleurs, Dr Louncény Nabé a consacré une bonne partie de son intervention à parler des politiques et programmes développés par la BCRG depuis 2011. Une dynamique qui suit le cours des principales monnaies et le cours des matières premières. Des efforts qui le permettent de dire qu’en Afrique parmi tous les pays qui ont leurs monnaies indépendantes, aucun ne va mieux que la Guinée.

« Je pourrai vous dire que nous faisons mieux que beaucoup d’autres pays africains, même parmi ceux qui sont cités en exemple », a déclaré le gouverneur.

Pour lui, le taux change dépressif dont a parlé le ministre du Budget lors de son exposé, est lié aux exportations (de la bauxite, ndlr). Mais en rien, poursuit Dr Nabé, l’inflation n’est liée à cela mais plutôt à la crise sanitaire. « Nous avons des instruments pour calculer cela », soutient le gouverneur, visiblement confiant sur l’état de santé de la monnaie nationale.

Pour réussir le pari d’une monnaie forte et d’une économie compétitive, Louncény Nabé, énumère des conditions de transparence pour que le secteur privé puisse se mouvoir dans des conditions idéales.

« A la BCRG, il y a une centrale à risque qui est mise en place. On poursuit les séries de réformes avec la centrale de bilans et ces réformes sont en cours. C’est le cas du fonds de garantie et de prêts aux entreprises. Ce fonds est créé par décret et les membres du Conseil d’administration, nommés. Le processus de recrutement du Directeur est en cours. Le capital est libéré par l’Etat…Tout cela, c’est pour permettre aux opérateurs de bien évoluer en comptant non pas sur l’Etat mais sur leurs propres efforts », a souligné le principal banquier du pays.

Pour conclure, Dr Louncény Nabé, régulièrement saisi par les femmes députées sur la question d’inclusion et d’autonomisation de la junte féminine, a donné une bonne nouvelle par la mise en place d’une stratégie nationale d’inclusion économique et financière élaborée à cet effet par la Banque centrale. Le document sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale pour son adoption, a indiqué Dr Nabé.

Après des remarques objectives sur le document de cadrage pluriannuel 2022-2024, le Président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, a déclaré prendre acte du document, au nom de la représentation nationale. Et ce, dans l’attente de la présentation de la loi de Règlement.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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