Kaba Mamadi, Consultant en digitalisation, NTIC, TELECOM

Par Kaba Mamadi, Consultant, Spécialiste en Digitalisation/Télécom/NTIC : Dans l’attente de la promulgation du nouveau code général des Impôts dans lequel la TCT est doublée par un vote des députés à l’Assemblée nationale, on peut attirer l’attention sur les impacts que cette décision pourrait entraîner sur les consommateurs à faible revenu, les sociétés de téléphonie, mais aussi sur les recettes collectées par l’Etat dans le secteur.

Il est important de rappeler que la forte pénétration d’internet en République de Guinée a une conséquence sur l’épanouissement de la téléphonie classique qui est un pilier important dans le recouvrement des recettes en Télécommunication. Après analyse de l’évolution de la téléphonie ces dernières années et de la condition de vie de la plupart des Guinéens, le premier impact de cette décision est sur les consommateurs à faible revenu, qui peinent à avoir le minimum pour leur communication téléphonique. Imaginons que ces frais se retrouvent à la hausse !
Le deuxième impact est à la fois sur les sociétés des téléphoniques et les recettes de l’Etat dans le domaine de la téléphonie en ce sens où la croissance en téléphonie est axée sur l’élasticité du prix et de la demande qui varie de façon opposée pour la plupart du temps. C’est à dire que lorsque le prix augmente le risque que la demande baisse est très élevé. En d’autres termes, l’augmentation de la TCT entraînera une réduction considérable des minutes d’appels téléphoniques nationales et internationales.
Ainsi, ce fait nous mènera aux conséquences ci-après :

  • Beaucoup moins de recettes que celles attendues provenant de ladite taxe ;
  • Une réduction du chiffre d’affaires pour les opérateurs qui, à son tour affectera d’autres taxes comme la TARTEL qui est imposée à chaque opérateur à hauteur de 3% du chiffre d’affaire.
    Sachant que les coûts d’intégration et d’exploitation pour la plupart des opérateurs ne diminueront pas, leurs profits en téléphonie prendra un coup considérable ; et, alors, la contribution des opérateurs à l’impôt sur les bénéfices en pâtira et les recettes du secteur avec.
    Enfin, il importe de préciser que le secteur des télécommunications en Guinée a du potentiel, il est possible d’ouvrir une assiette fiscale ailleurs pouvant permettre la croissance des recettes sans impacts socio-économiques désastreux.

Kaba Mamadi, Consultant, Spécialiste en Digitalisation/Télécom/NTIC

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