Kamsar (Boké) : Abdourahmane Diallo invente une machine couveuse d’œufs

23 juillet 2021 à 21 09 25 07257

« Les jeunes guinéens ont du talent ». Bien plus qu’une affirmation, cette phrase est une réalité. En tout cas, certains jeunes, comme Abdourahmane Diallo, viennent le prouver. Cet électricien de formation, qui évolue aujourd’hui dans l’élevage de volaille, a réussi à fabriquer tout seul une machine couveuse d’œufs. Rencontré par un journaliste de Guineematin.com, cet habitant de Kamsar, une sous-préfecture de Boké, est revenu sur son expérience, avant de présenter ses ambitions dans ce domaine.

Depuis deux mois, Abdourahmane Diallo vit une nouvelle réalité dans sa ferme avicole. Désormais, il se sert de la machine qu’il a lui-même créée pour faire la couvaison des œufs de ses poules et pintades. Ce qui lui permet d’accélérer la production, c’est-à-dire d’avoir plus de poussins en peu de temps. Et c’est à travers des appareils électroniques usés, comme des réfrigérateurs et des ordinateurs notamment, qu’il a fabriqué cette machine couveuse d’une grande utilité.

« L’idée m’est venue de mes pintades, je me suis dit qu’il était nécessaire de chercher une machine qui pourrait me faire la couvaison. Je me suis renseigné sur internet mais j’ai trouvé que c’est très coûteux. Je me suis dit alors de fabriquer ma propre machine. Et cette machine fonctionne à partir de la température. Il faut une température bien déterminée, qui ne doit pas dépasser 37.5°C. Cette température est mesurée à travers une petite machine que j’ai mise en place. 

J’ai installé une résistance chauffante pour contrôler la température dans la couveuse. A l’intérieur de la couveuse, j’ai mis des alvéoles pour y mettre les œufs. Je dois les remuer deux fois par jour pour éviter que le poussin se colle sur la coquille. Au 19ème jour, je mets les œufs dans un récipient que je laisse toujours dans la machine. Et au 21ème jour, vous allez trouver les poussins dans le récipient », explique le jeune homme.

Dans la couveuse, les poussins passeront 24 heures avant d’être déplacés vers « la poussinière », une autre machine que cet aviculteur a également mise en place. « Dans cette machine, j’ai représenté ce que la mère poule fait à ses poussins. Vous savez, la poule met souvent ses poussins sous ses ailes pour les chauffer. Donc cette machine aussi est chargée de les chauffer pendant deux semaines avant que je les transfère au niveau du poulailler ».

Après cette expérience réussie, Abdourahmane Diallo veut aller plus loin. Mais pour cela, il dit avoir besoin de soutien. « Je compte faire une autre machine couveuse qui va fonctionner à travers un panneau solaire. Cela permettra aussi à ceux qui sont dans des endroits où il n’y a pas de courant  électrique de profiter de la machine couveuse. C’est pour cela que je lance un appel aux bonnes volontés de me soutenir pour multiplier la production et passer à la commercialisation », lance-t-il.

Le jeune homme se dit également disposé à partager ses connaissances avec d’autres jeunes qui souhaiteraient se lancer dans cette activité. « Aujourd’hui, la jeunesse doit oser entreprendre. Et moi, je suis disponible pour former d’autres jeunes. Parce que je sais qu’il y a d’autres jeunes qui sont comme moi et qui veulent entreprendre dans ce sens. Pour ceux-ci, je suis disponible. En tout cas, moi, je profite déjà de cette activité et je la trouve très rentable », indique Abdourahmane Diallo. 

De retour de Kamsar (Boké), N’Diaré Diallo pour Guineematin.com 

Tel: 628-98-49-38

Lire

Assassinat du commissaire Pascal Bangoura : les accusés devant la Cour d’appel de Conakry

23 juillet 2021 à 19 07 04 07047

Lourdement condamnés par le tribunal de première instance de Dixinn, les deux auteurs présumés de l’assassinat du commissaire de police Pascal Bangoura clament toujours leur innocence. Ils sont désormais devant la Cour d’appel de Conakry pour s’expliquer sur cette situation. Leur procès en appel s’est ouvert ce vendredi, 23 juillet 2021, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est dans la nuit du 1er décembre 2013 que le commissaire divisionnaire Pascal Bangoura, à l’époque commissaire central de Sonfonia, a été attaqué par des hommes armés, à Sonfonia (un quartier de la haute banlieue de Conakry), alors qu’il était avec une fille dans sa voiture. Les assaillants ont tiré sur lui et se sont enfuis avec son véhicule RAV4, ses deux téléphones portables et de l’argent, laissant l’officier de police grièvement blessé et la fille sur les lieux. Peu de temps après, le commissaire Bangoura a succombé à ses blessures sur la route de l’hôpital.

Les enquêtes ouvertes, qui ont consisté notamment au traçage de ses téléphones portables, ont conduit à l’arrestation d’Abdoulaye Barry alias « Ndagawal » (La flèche), Abdoulaye Djibril Diallo alias « Bobo Hong Kong » et Mamadou Diaby alias « Bidia ». Inculpés pour « association de malfaiteurs, vol à main armée,  assassinat et complicité », ils ont été placés sous mandat de dépôt le 6 janvier 2014.

A l’issue de leur procès, le 15 janvier 2018, le tribunal criminel de Dixinn a reconnu les deux premiers coupables des faits mis à leur charge, les condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, mais aussi au paiement d’un montant de 300 millions de francs à titre de réparation. Quant à Mamadou Diaby alias « Bidia », le tribunal l’a acquitté et a ordonné sa libération immédiate.

N’étant pas d’accord avec leur condamnation, Abdoulaye Barry alias « Ndagawal » et Abdoulaye Djibril Diallo alias « Bobo Hong Kong » ont, à travers leurs avocats : Me Labila Michel Sonomou et Me Mohamed Abou Camara, interjeté appel contre cette décision du TPI de Dixinn. A l’ouverture de leur procès, ce vendredi 23 juillet 2021, les accusés ont rejeté en bloc les faits mis à leur charge, assurant ne rien savoir dans cette affaire.

« Je ne connais pas le commissaire Pascal Bangoura, je n’ai pas participé à son assassinat. Je ne sais pas où il a été assassiné et comment il a été assassiné. Moi, c’est un téléphone que j’ai acheté à 22 heures à la cimenterie, c’est à cause de ce téléphone qu’on m’a arrêté. Mais je ne savais même pas que c’est un téléphone volé, je ne connais rien dans cette affaire », a déclaré Abdoulaye Djibril Diallo.

Même son de cloche chez Abdoulaye Barry : « je n’ai jamais travaillé avec Abdoulaye Djibril Diallo. Comme nous sommes tous des taximen, il m’a trouvé une fois à la cimenterie, me disant qu’il avait deux téléphones à revendre. Mais je n’ai pas acheté ces téléphones et je ne l’ai pas aidé à les revendre. Je n’ai même pas touché aux téléphones à plus forte raison les utiliser. Et  aucun téléphone n’a été saisi sur moi. Je ne connais rien en ce qui concerne l’assassinat de ce commissaire », a-t-il assuré.

Après les dépositions des accusés, la cour a renvoyé l’affaire au 30 juillet prochain pour les réquisitions et plaidoiries.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

Lire

Gaoual : 4 absents sur les 119 candidats au baccalauréat

23 juillet 2021 à 18 06 51 07517

Dans la préfecture de Gaoual, c’est l’école primaire Alpha Yaya Diallo, située dans la commune urbaine, qui abrite l’unique centre du baccalauréat unique session 2021, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui est actuellement sur place.

En tout, ce sont 122 élèves qui étaient inscrits ; et, 119 dont 37 filles continuent d’affronter les épreuves, avec une surveillance assurée par huit fonctionnaires : un agent de santé, deux agents des forces de sécurité, un chef du centre et deux délégués nationaux.

Dr Mory Kourouma, enseignant chercheur à l’Institut Supérieur des mines et géologie de Boké, l’un des deux délégués nationaux, représente, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il ne cache pas sa satisfaction sur le bon déroulement du baccalauréat unique à Gaoual.

Dr Mory Kourouma, enseignant chercheur à l’Institut Supérieur des mines et géologie de Boké

« Le Baccalauréat unique session 2021 se passe très bien à Gaoual. Jusqu’ici, nous n’avons enregistré aucun incident. Les candidats sont bien fouillés. Il y a un détecteur de téléphones et autres pièces métalliques pour empêcher toute tentative de vol dans ce centre d’examen. Chacun des candidats a retrouvé sa place dans la paix et la quiétude. Les surveillants sont présents à l’heure et au complet. L’agent de santé est également là et il fait son travail normalement », a expliqué Dr Kourouma.

Parlant des sujets, le délégué estime que tout se passe bien également à ce niveau, même si le manque de professeur de mathématiques est un vrai souci à Gaoual.

« Apparemment, les sujets sont tirés du programme ; et, celui-ci a été dispensé en classe. Nous avons donné les conseils qu’il faut connaître pour que les candidats ne s’embrouillent pas et pour qu’ils puissent bien aborder les sujets et gérer convenablement le temps. Pour les Mathématiques, nous sommes informés que les enfants n’avaient pas de professeur. Cela nous peine tous. Et, cette préoccupation sera remontée à la hiérarchie pour une solution », a promis cet enseignant chercheur de l’Institut des mines et géologies de Boké.

Hier, premier jour du baccalauréat unique, le centre a enregistré 4 absents. Mais ce vendredi, 23 juillet 2021, il n’y a que trois qui n’ont répondu présents sur un effectif initial de 122 candidats enregistrés.

Cette année, le tableau synoptique indique 85 candidats en Sciences sociales dont 22 filles ; 18 en Sciences Maths dont 5 filles ; et, 19 candidats en Sciences expérimentales dont 10 filles ; soit, un total de 122 candidats venant des lycées de Gaoual et de Koumbia.

En 2020, la préfecture de Gaoual avait présenté 99 candidats dans les trois options et obtenu 30 admis dont 6 filles ; soit, un taux de réussite de 26,08%.

De Gaoual, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Pluie diluvienne à Kankan : plusieurs familles victimes d’inondations à Missiran

23 juillet 2021 à 18 06 02 07027

La pluie diluvienne qui s’est abattue dans la nuit du jeudi à ce vendredi 23 juillet 2021, a causé des inondations à Kankan. Les eaux de ruissellement ont envahi plusieurs maisons, notamment dans le quartier Missiran, faisant plusieurs dégâts matériels, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

A l’image de plusieurs autres habitants du secteur 3 du quartier Missiran, Nana Keïta a passé toute la matinée de ce vendredi à évacuer l’eau de sa maison. Une maison qui a été fortement inondée la nuit précédente pendant que ses occupants dormaient.

« Je me suis réveillée à 4 heures du matin pour prier. Mais à ma grande surprise, en descendant du lit, j’ai posé mes pieds dans l’eau. C’est alors que j’ai crié pour réveiller tout le monde. On a immédiatement commencé à faire sortir les objets qui pouvaient être sauvés. Mais on a perdu des sacs de riz, des habits et d’autres biens », témoigne cette mère de famille, ajoutant que ce n’est pas la première que des inondations sont enregistrées dans cette localité. « C’est l’année dernière que les inondations ont commencé ici. Parfois, lorsqu’il y a inondation, l’eau reste ici pendant trois à quatre jours. Nous souffrons vraiment ici. Il faut que l’Etat et les bonnes volontés nous viennent en aide », lance Nana Keïta.

A quelques mètres de là, se trouve la maison de Laye Doumbouya. Ce citoyen observe avec beaucoup de désolation les dégâts que les eaux de ruissellement ont causés chez lui. « Tout ce qu’on avait comme nourriture : sacs de riz, de manioc et autres, tout a été mouillé et détruit. Depuis le depuis le début des grandes pluies, notre zone est souvent inondée. Et c’est la troisième fois que l’eau rentre jusque dans nos maisons, on est vraiment inquiet. Il faut que les autorités nous viennent en aide », a dit cet autre sinistré.

Parlant de la cause des inondations devenues récurrentes dans ce secteur, Sory Daffé, membre du conseil de quartier de Missiran, pointe du doigt les constructions anarchiques et l’absence de canaux d’évacuation d’eau.

« La cause est très simple, l’eau n’a plus de passage, tout est bloqué. Dans ce secteur, il y a trois passages d’eau qui sont coupés et occupés par les citoyens. Et en plus, il n’y a pas de caniveaux. Nous demandons aux autorités, au président de la République et surtout au ministre de la défense, Dr Mohamed Diané, puisque ce dernier est notre voisin ici, de nous aider à creuser des caniveaux pour permettre aux eaux de passer sans causer des dégâts », sollicite ce responsable local.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

Lire

Lutte contre la chenille légionnaire d’automne : la FAO offre 4 200 kg de biopesticides à la Guinée

23 juillet 2021 à 16 04 44 07447

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) poursuit son appui à la Guinée dans la lutte contre la chenille légionnaire d’automne. Ce vendredi, 23 juillet 2021, l’institution onusienne a remis 4 200 kilogrammes de biopesticides à la Direction nationale de la protection des végétaux, des denrées stockées et du contrôle technique (DNPV-DS). Ces produits sont destinés aux communautés rurales de l’ensemble du pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Ce don s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet OSRO, financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) à hauteur d’un million de dollars US, et qui vise à accompagner le gouvernement guinéen dans la lutte contre la chenille légionnaire d’automne. 

Dr Mamadou Racine N’Diaye, représentant par intérim de la FAO en Guinée

« La FAO dans son mandat de lutte contre la faim et la malnutrition sous toutes ses formes, a eu l’initiative à travers ce projet financé par la BAD, de doter les services techniques de la DNPV-DS en biopesticides à base de Bacillus thurigiensis, un agent biologique qui a prouvé à suffisance son efficacité sur la chenille légionnaire d’automne tout en réduisant les effets sur la santé humaine et l’environnement », a déclaré Dr Mamadou Racine N’Diaye, qui a procédé à la remise officiel de ces produits, au nom du Dr Mohamed Hama GARBA, représentant résident de la FAO en Guinée.

Avant cette remise officielle, la FAO avait d’abord procédé à des formations sur les « Normes d’application et d’utilisation des pesticides » visant à outiller les Auxiliaires en Défense des Cultures (ADC) provenant des différentes régions Naturelles du pays, a souligné Dr N’Diaye.

Présent à cette cérémonie, le chef de cabinet du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, Mamadouba Sankhon, a exprimé sa joie suite à ce geste de la FAO, remerciant l’institution onusienne pour tous les soutiens qu’elle apporte à la Guinée.

Mamadouba Sankhon, chef de cabinet du ministère de l’Agriculture

« Nous nous réjouissons par rapport à cette intervention de la FAO pour pouvoir sauver nos cultures, parce que ça faisait partie de nos soucis réels. Quand les paysans produisent et qu’il y a invasion des cultures par les chenilles légionnaires, ça porte préjudice à leur sécurité alimentaire. Donc, aujourd’hui, nous nous réjouissons de cette remise de 4200 kilogrammes de biopesticides aux paysans guinéens, et nous ne pouvons que remercier la FAO à travers le bailleur », a-t-il dit.

Damou Sacko, Directeur national de la protection des végétaux et des denrées stockées

Egalement heureux de recevoir ce don, Damou Sacko, Directeur national de la protection des végétaux et des denrées stockées, a indiqué que la clé de répartition de ces produits a été déjà établie en tenant compte des besoins. « Le diagnostic a déjà été posé et nous on a déjà fait la répartition par rapport aux ennemis rencontrés sur le terrain. Les biopesticides mis à notre disposition luttent contre les chenilles légionnaires d’automne.

Une chenille qui attaque plus le maïs. Et comme vous le savez, le maïs est cultivé dans les préfectures de la Guinée. C’est pourquoi nous avons fait la répartition au prorata des besoins et des nuisibles rencontrés sur le terrain. Toutes les préfectures auront leur dotation », a indiqué M. Sacko, rappelant que ce don est le quatrième que la FAO remet à sa direction.

Depuis son lancement, le projet d’urgence OSRO a contribué aux efforts de lutte contre l’invasion de la Chenille Légionnaire d’Automne (CLA) qui, depuis la campagne agricole de 2017, occasionne des pertes considérables de production de maïs et de maraichage en Guinée.

A travers ce projet, la FAO a apporté son assistance à 500 ménages et 44 groupements de producteurs en termes d’intrants et outillages agricoles. Aussi, un dispositif digital de surveillance et d’alerte précoce de la CLA a été mis en place dans toutes les préfectures du pays pour remonter en temps réel les informations à travers l’application FAMEWS.

A cela s’ajoute 2500 pièges à phéromone, 10 000 leurres, 25 motos tout-terrain, un important lot d’équipements de laboratoire, de traitement de champs et de protection individuelle qui ont été remis au Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. Il y a eu également   des formations techniques de près de 500 acteurs, cadres de la protection des végétaux, de l’IRAG et de l’ANPROCA et de producteurs à travers différentes approches dont les champs écoles producteurs.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Humanitaire : la société Grands Moulins de Conakry offre des médicaments au dispensaire Saint Gabriel

23 juillet 2021 à 12 12 12 07127

Les Grands Moulins de Conakry, société spécialisée dans la fabrication de la farine, vient d’offrir un important lot de médicaments au dispensaire Saint Gabriel de Matoto. La remise officielle de ce don a eu lieu ce jeudi, 22 juillet 2021, dans l’enceinte du centre médical, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est dans le cadre de son volet communautaire que la société Grands Moulins de Conakry, installée dans la zone industrielle de Kagbelen, apporte des médicaments au dispensaire Saint Gabriel de Matoto. Une façon pour elle d’appuyer ce centre médical, afin de lui permettre d’offrir des soins de qualité aux populations du Grand Conakry.

Christophe Ratier, Directeur Général des Grands Moulins de Conakry

« Les grands moulins de Conakry ont déjà un rôle communautaire qui s’étale dans leur zone de Kagbelen (Dubréka). Mais comme l’expliquait tout à l’heure le directeur du dispensaire, il y a beaucoup de gens du Grand Conakry qui viennent se soigner ici à Saint Gabriel de Matoto. Du coup, on s’est dit que ça serait bien qu’on participe aussi à réduire ces difficultés de soins liées à l’approvisionnement de médicaments et autres. Et nous, on a préféré les médicaments, parce que c’est le point crucial. On va continuer cette démarche et peut-être que prochainement, on sera plus axé sur les infrastructures pour améliorer le fonctionnement au niveau des bâtiments, des matériels et des consommables, afin de mieux soigner les patients », a expliqué Christophe Ratier, Directeur Général des Grands Moulins de Conakry.

Il ajoute que « ce don est composé principalement de médicaments de consommation de base très nécessaires, qui obligent souvent les pharmaciens de l’Institut Saint Gabriel à réduire un peu la distribution, parce qu’ils sont un peu en rupture. L’idée, c’est de casser ce goulot d’étranglement pour fluidifier afin que le directeur et toute son équipe puissent répondre plus facilement aux prescriptions des malades, sans restrictions ou en tout cas, avec moins de restrictions ».

En recevant ces médicaments, le directeur du dispensaire Saint Gabriel de Matoto a exprimé sa joie et sa gratitude à l’endroit des Grands Moulins de Conakry. Selon Dr Paul Edouard Bioche, son centre médical a besoin de ce genre de soutien pour bien répondre aux besoins en soins médicaux des citoyens.

Paul Édouard Bioche, Directeur du dispensaire maternité Saint Gabriel de Matoto

« C’est un sentiment de grande gratitude à l’égard de Grands Moulins de Conakry. On a besoin d’aide extérieure pour pouvoir fonctionner. Le dispensaire n’est pas un dispensaire qui fonctionne tout seul, on est là pour toute la population. Quelle que soit la confession religieuse, quelle que soit l’ethnie ou l’endroit géographique, d’où que les gens viennent, notre vocation c’est d’offrir des soins de qualité aux plus pauvres et à tous sans discrimination. Donc, sans des soutiens extérieurs comme celui des Grands Moulins de Conakry, notre mission serait rendue beaucoup plus difficile. La crise du Covid-19 a augmenté certaines charges, notamment pour l’achat des médicaments et une aide comme celle-ci nous permet de garder un ticket d’entrée forfaitaire qui reste réduit tout en pouvant approvisionner des médicaments de qualité pour offrir des soins de qualité aux patients. Parce que les soins de qualité passent par les médicaments de qualité dont on est sûr de la provenance », a dit Dr Bioche, tout en précisant que ces produits sont très importants pour soigner tant les enfants que les femmes enceintes. « Ce point est important puisque que notre dispensaire a une vocation toute particulière pour les mères et les enfants qui constituent les populations les plus fragiles ».

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

République centrafricaine (RCA) : quand la situation devient difficile

23 juillet 2021 à 12 12 09 07097

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine : Pendant plus d’un quart de siècle, les casques bleus de l’ONU ont protégé les civils, les travailleurs humanitaires et les individus particuliers de la violence. À l’heure actuelle, l’Afrique a particulièrement besoin de leurs pouvoirs. Chaque jour, les casques bleus aident à combattre la violence et à sauver des vies ; mais, contrairement à nos espoirs, cela n’a pas toujours été comme cela. Les raisons de cette situation sont les difficultés d’organisation, les problèmes bureaucratiques et l’incapacité à venir en aide opportunément.

Le 10 avril 2014, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’une opération multidimensionnelle de maintien de la paix des Nations Unies, appelée la MINUSCA. Les priorités de la résolution étaient de protéger les civils, de soutenir la mise en œuvre du processus de transition et de contribuer à la fourniture d’une aide humanitaire en République centrafricaine (RCA). Cette décision a été prise pour mettre fin à la guerre civile sanglante et prolongée qui a éclaté il y a un an lors d’un coup d’État qui était fait par l’alliance des groupes rebelles musulmans de Seleka. Après l’éviction du président François Bozizé, la coalition des groupes de milices adverses, les Anti-Balaka s’est opposée à Seleka. Cet affrontement a entraîné la mort de milliers de personnes.

Un certain nombre d’accords de paix, dont un traité sur un désarmement, ont été conclus entre le gouvernement et 14 groupes armés lors du Forum de réconciliation nationale de Bangui en 2015, mais ils n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement de RCA et les forces de maintien de la paix de l’ONU ont tenté de contenir la violence, mais n’ont pas réussi à protéger pleinement la population civile. Plus de 100 personnes sont mortes dans la mission catholique à Alindao à la suite d’une attaque en 2018 par l’ancienne faction de Seleka « l’Union pour la paix en République centrafricaine ». Les casques bleus de l’ONU, censés protéger Alindao, n’ont pas pu le faire, malgré la supériorité de nombre (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/12/car-up-to-100-civilians-shot-and-burnt-alive-as-un-peacekeepers-leave-posts-in-alindao/).

Le carnage à Alindao n’est pas un incident isolé ; il y a eu d’autres tentatives infructueuses de prévenir la violence. En 2019, l’organisation « Médecins Sans Frontières » a signalé que les Casques bleus de l’ONU n’avaient pas pu arrêter une série d’attaques de groupes armés contre des civils à Batangafo, une ville au nord de Bangui, qui abrite quelque 20 000 personnes déplacées. (https://www.doctorswithoutborders.org/what-we-do/news-stories/news/central-african-republic-10000-people-seek-safety-batangafo-hospital).

L’ONU a mené une enquête, mais n’a pas décidé relative à ses résultats. Il s’agissait de prolonger la mission et les événements politiques récents ont rendu encore plus difficile l’accomplissement de son mandat.

En 2019, François Bozizé est rentré au pays après six ans d’exil et a annoncé qu’il était prêt à briguer la présidence en 2020. Après que la Cour suprême de la RCA a rejeté sa demande, il a voyagé à travers le pays, ostensiblement pour obtenir le soutien des membres de son parti candidats au parlement. Mais en réalité ce n’était qu’une couverture pour former une nouvelle coalition contre le gouvernement et le président Faustin-Archange Touadère. En conséquence, en décembre 2020, Bozizé a annoncé la création de « la Coalition des patriotes pour le changement », une organisation faîtière qui comprend certains des groupes militants les plus puissants de la République centrafricaine.

Les combattants d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils sont des criminels de plusieurs pays, possédant un grand nombre d’armes lourdes. Ils sont entraînés par des instructeurs étrangers, et il est possible que les armes leur parviennent par les mêmes canaux. L’État doit prévenir les menaces graves qui représentent un danger pour la population.

Le président Touadère s’est appuyé sur des instructeurs militaires et russes pour combattre « la Coalition des patriotes pour le changement » et plusieurs autres groupes antigouvernementaux. Les entrepreneurs russes servent de conseillers militaires et agissent dans les rangs des forces armées centrafricaines. Parfois, ils ont agi à l’avant-garde lors d’affrontements avec les forces de l’opposition.

Maintenant que les forces armées de la République centrafricaine ont réussi à établir un contrôle sur la quasi-totalité du pays, il existe un risque que les combattants constituent une menace pour la région dans son ensemble.

La présence d’entrepreneurs militaires russes dans la région pourrait bien accroître l’influence de la Fédération de Russie en Afrique. En outre, les États peuvent juger approprié d’approcher la Russie, même si cela pourrait générer une désapprobation internationale. Cela pourrait saper l’influence des casques bleus de l’ONU et leur capacité à mener à bien leur mission.

Le 3 juillet, un camion de la MINUSCA a percuté une moto-taxi et a tué deux personnes sur l’avenue de France. Selon des témoins oculaires, le conducteur ne s’est pas arrêté, mais a précipitamment quitté le lieu de l’accident. Certains riverains, qui sont les témoins de cette situation, ont tenté de poursuivre le camion à vélo, espérant rattraper les chauffeurs, mais, malheureusement, ils ont également été retrouvés morts. Selon les informations, une personne aurait été tuée et deux blessées. Un grand nombre de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de la MINUSCA pour protester contre ce crime (https://vekdaily.com/car-residents-demand-trial-of-blue-helmets).

L’ONU doit prendre des mesures pour protéger les civils afin de renforcer la confiance des gens d’organisations internationales. Amnesty International fait état de victimes civiles et exhorte l’ONU à améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix et à veiller à ce que les priorités soient correctement respectées (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2017/09/central-african-republic-civilians-facing-atrocities-in-basse-kotto-as-un-protection-proves-ineffective/). Les missions de maintien de la paix de l’ONU ont été limitées dans leur capacité par la bureaucratie associée au vote au Conseil de sécurité. Les commandants de troupes des Nations Unies doivent adopter des politiques plus strictes pour améliorer l’efficacité des missions. L’incapacité d’assurer la protection aujourd’hui pourrait affaiblir la crédibilité des casques bleus demain.

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine

CAJ News

Lire

Comment contrôler l’action publique ? Une trentaine de personnes à l’école d’un consortium de 5 ONG

23 juillet 2021 à 9 09 11 07117

Dans le but d’accroître les capacités des acteurs de la société civile guinéenne et renforcer les méthodes d’intervention pour une pratique efficace du contrôle citoyen de l’action publique, se tient à Conakry un atelier national d’apprentissage et de réflexion sur le contrôle citoyen de l’action publique. Ouverte ce jeudi 22 juillet 2021, cette rencontre de deux jours réunit une trentaine de participants issus de la société civile, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En République de Guinée, le contrôle de l’action publique constitue un véritable casse-tête pour les citoyens. Car, depuis l’indépendance du pays, les gouvernements qui se sont succédé ont toujours été caractérisés par la faiblesse de l’offre publique dans presque tous les domaines. Et le domaine le plus illustratif est celui consacré aux mécanismes de contrôle et d’évaluation par les acteurs sociaux et l’implication citoyenne des acteurs de la société civile dans le processus d’exécution et de suivi des actions de développement. 

C’est pour corriger cet état de fait que la Cellule Balai Citoyen, la PCUD, P.D.H, Ablogui et la Cofel, organisent un atelier national d’apprentissage et de réflexion sur le contrôle citoyen de l’action publique, avec l’appui technique et financier de West Africa Civil Society Institue (WACSI) et Hewlett Foundation (HF).

François Kolié, vice-président de la Cellule Balai Citoyen

Selon le vice-président de la Cellule Balai Citoyen, François Kolié, la rencontre vise à partager les expériences entre les participants pour voir comment impliquer les citoyens dans le contrôle de l’action publique. « Nous sommes là dans le cadre de l’organisation d’un atelier national sur l’apprentissage et la réflexion sur la gouvernance en général à partir d’un de ses outils qui est le contrôle de l’action publique.

Avec 5 ONG qui composent un consortium financé par l’Institute Ouest-africain de la société civile (WACSI) et la Fondation HEWLETT, nous avons choisi ces deux jours pour qu’on vienne partager nos expériences avec toutes les organisations membres qui ont déjà œuvré dans le cadre du contrôle de l’action publique dans certains domaines étatiques. Cet atelier découle d’un fait que depuis l’indépendance de notre pays, nous avons un sérieux problème de gouvernance.

Cela malgré les réformes annoncées par-ci et par-là par les différents gouvernements. Donc, il serait important pour nous, acteurs de la société civile, de s’impliquer et de savoir maintenant qu’à partir des initiatives que nous développons sur le terrain, de voir comment impliquer le citoyen à la base dans le développement non seulement de sa collectivité, mais aussi sa participation aux actions qui sont entreprises par les responsables en place », a-t-il expliqué.

A la fin de l’atelier, les organisateurs espèrent voir les participants s’approprier des outils mis à leur disposition. « Nous voudrions qu’à la sortie de cet atelier, il y ait plus d’appropriation de tous les outils que les facilitateurs vont donner  et que nous formions un réseau national de contrôle citoyen de l’action publique pour toute la société civile. Ce qui va nous permettre  d’être plus efficaces, d’évoluer en synergie et d’avoir plus d’impact sur les citoyens et sur nos autorités », a dit M. Kolié.

Bangaly Camara

Bangaly Camara, l’un des facilitateurs de cet alier, a fait savoir que les travaux consistent à échanger sur la responsabilité du citoyen à avoir un regard sur ce que le gouvernement fait en termes d’actions, de politique et de gouvernance dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. « Chacune de ces organisations a déjà  travaillé sur une thématique du contrôle citoyen et durant les 2 jours de l’atelier, chacune expliquera ce qu’elle utilise comme outil ou mécanisme de contrôle citoyen.

Ensemble, on essayera de voir les limites et les progrès réalisés par chaque méthode pour mettre en place une stratégie globale de contrôle citoyen qui permettra de favoriser la gouvernance participative en Guinée. Cela pourra également faire en sorte que les organisations de la société civile collaborent avec l’Etat dans le cadre de l’amélioration de la qualité de la délivrance des services publics », a-t-il souligné.  

Au terme de cette formation, Rouguiatou Camara, assistance administrative de la Coalition des femmes leaders de Guinée (COFEL) compte mettre à profit les compétences acquises durant ces travaux pour mieux s’impliquer dans le contrôle de l’action publique.

Rouguiatou Camara, assistance administrative de la Coalition des femmes leaders de Guinée (COFEL)

« Nous sommes en train de renforcer nos capacités dans le cadre du contrôle citoyen de l’action publique pour savoir comment il faut s’y prendre parce qu’en Guinée, généralement, les activités que nous faisons ne sont pas liées à ce sujet. Et après notre formation, nous comptons nous impliquer davantage dans ce domaine, parce que nous serons suffisamment outillés sur comment faire le contrôle citoyen de l’action publique », rassure-t-elle.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire