« Pendant la saison des pluies, il y a partout des jardins d’anacarde, des champs de riz et d’arachides. Nous n’avons nulle part où aller pour faire paître nos animaux sans traverser des champs… Pendant toute la saison, ce sont des problèmes à la police ou à la gendarmerie pour dévastation de récolte. En saison sèche, nous manquons d’aliments et d’eau pour le bétail. A cela, s’ajoutent les agressions contre notre bétail. Des gens qui viennent blesser les bœufs, ils coupent les cornes, leur assènent des coups parfois mortels. D’autres bêtes sont volées. Et, souvent, avec les tracasseries administratives, les éleveurs victimes sortent déçus de la justice. Ils se retrouvent sans bête, sans argent et sans paix du cœur », a expliqué Moumini Diré Diallo. Le coordinateur des éleveurs de Koumbia demande au ministère de l’élevage de tout mettre en oeuvre pour sauver ce secteur. « Nous avons besoin d’aliments pour le bétail, d’eau, d’espace où faire paître nos bêtes. Mieux, nous avons besoin d’une justice équitable qui ne tolère pas les malfaiteurs et ne nuit pas les victimes », a-t-il dit.

Le secteur de l’élevage est confronté à de sérieux problèmes dans la sous-préfecture de Koumbia, préfecture de Gaoual, considéré pourtant comme étant le berceau de la race Ndama, a appris un journaliste de Guineematincom de la Coordination des éleveurs de cette municipalité. Selon Moumini Diré Diallo, plus d’une cinquantaine d’éleveurs ont décidé de traverser les frontières guinéennes pour aller s’installer en Guinée Bissau.

« Depuis deux à trois ans, plusieurs éleveurs ont conduit leurs troupeaux en République de Guinée Bissau, à la recherche de pâturage, d’eau et de sécurité », a indiqué le Président de la Coordination des éleveurs de Koumbia, lors d’un entretien accordé à Guineematin. Ce responsable local du secteur de l’élevage déplore les conditions d’exercice de ce métier en Guinée, réputée l’un des pays les plus propices à l’élevage.

Moumini Diré Diallo, Président de la Coordination des éleveurs de Koumbia

« Pendant la saison des pluies, vous avez partout des jardins d’anacarde, des champs de riz et d’arachides. Nous n’avons nulle part où aller pour faire paître nos animaux sans traverser des champs. Nos pâturages habituels sont envahis et ce sont des occupations anarchiques avec assez de problèmes pour les éleveurs. Pendant toute la saison, ce sont des problèmes à la police ou de la gendarmerie pour dévastation de récolte. En saison sèche, nous manquons d’aliments et d’eau pour le bétail. Les bœufs meurent d’eux-mêmes et certains deviennent squelettiques par manque d’aliments. A cela, s’ajoutent les agressions contre notre bétail. Des gens qui viennent blesser les bœufs gratuitement, ils coupent les cornes, ils leur assènent des coups parfois mortels. D’autres bêtes sont volées. Et, souvent, avec les tracasseries administratives, les éleveurs victimes sortent déçus de la justice. Ils se retrouvent sans bête, sans argent et sans paix du cœur. C’est tout cela réuni qui les conduit à quitter le pays. Aujourd’hui, vous avez plus de  quatre mille cinq cent têtes de bœufs, sans compter les petits ruminants, qui sont de l’autre côté de nos frontières, où les éleveurs ont de meilleures conditions d’accueil, de vie et de travail », a expliqué monsieur Diallo, qui pointe un doigt accusateur sur le comportement de la justice et de certains agents des services de sécurité.

Si cet éleveur salue les efforts du gouvernement dans la lutte contre les maladies bovines, Mody Moumini Diallo lance un appel pressant au ministère de l’agriculture et de l’élevage pour venir au secours aux éleveurs.

« Nous demandons aux autorités de l’élevage d’agir pour sauver le secteur de l’élevage. Nous avons besoin d’aliments pour le bétail, nous avons besoin d’eau, nous avons besoin d’espace où faire paître nos bêtes. Mieux, l’éleveur a besoin d’être mis en confiance. Nous avons besoin d’une justice équitable qui ne tolère pas les malfaiteurs et ne nuit pas les victimes. C’est ce qui peut aider au retour de ceux qui sont partis et à rassurer ceux qui sont sur place de rester », a-t-il dit.

Déjà, les conséquences de cette débandade commencent à créer une situation des plus difficiles pour les populations de cette sous-préfecture réputée pour son lait caillé naturel et abondant et sa viande de bœuf au prix d’ami…

« Vous avez vu, à l’occasion de cette fête, beaucoup de familles n’ont pas eu de viande. C’est très dommage. Plus sérieux encore, le prix de l’animal au marché dépasse de tout commentaire. Un taurillon qui coûtait à peine 2 millions se négocie à plus de 3 millions. Le kilogramme de viande fixé à 30 000 francs guinéens a grimpé à 45 000. Le prix des petits ruminants et même de la volaille a explosé. Si rien n’est fait, nous ne savons pas jusqu’où cela peut aller. C’est très préoccupant. Le lait et le beurre de vache, n’en parlons pas. Maintenant, les femmes se servent de la poudre de lait importé pour faire du lait caillé. C’est très grave pour le secteur de l’élevage, l’un des sérieux contributeurs au développement du pays et pourvoyeur d’emploi permanent », a déploré cet éleveur qui insiste sur l’éveil du gouvernement pour sauver le secteur.

« Avant, il y avait un projet qu’on appelait PROGEB qui a beaucoup aidé les éleveurs. Mais, aujourd’hui, les trois points d’eau hérités de celui-ci à Koumbia sont nettement insuffisants pour les 135 mille bœufs (chiffre estimatif, ndlr) de la contrée. Les autres installations sont en souffrance et demandent d’être restaurées et les éleveurs ont besoin d’être formés aux nouvelles techniques de l’élevage pour la fabrication d’aliments », a précisé Mouminé Diré Diallo.

Depuis Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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