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Pour la troisième année consécutive, la route nationale N°1 est en chantier. Depuis près de 3 ans, on tourne et retourne entre Conakry et Mamou. S’il est vrai que des ouvrages de franchissement sont en train d’être réalisés, il est tout aussi vrai que la lenteur des travaux suscite interrogation et indignation de la population.

Les habitants de la capitale, qui ont eu le courage et même la témérité d’aller passer la dernière fête à l’intérieur du pays, ont eu pour le leurs comptes. Beaucoup de voitures sont revenues à Conakry sur un camion plateau. Les véhicules venant de l’intérieur du pays ressemblent à ceux qui passaient autrefois entre le Sénégal et la Guinée. Ou encore entre Kissidougou et Macenta.

Au rythme où vont les travaux, Alpha Condé risque de finir son troisième mandat avant la remise des travaux. Il est en effet incompressible que vous retrouviez une équipe exactement là où vous l’avez laissée un an plus tôt. Or, c’est ce qui se passe sur la route. Non pas loin. Mais, entre Coyah et Kouria.

Si le slogan « gouverner autrement » n’est pas un coup d’épée dans l’océan, il va falloir demander des comptes au département des travaux publics. Devant la gravité de la situation, le président Alpha Condé est monté récemment au créneau pour dénoncer l’état de nos routes. Le chef de l’Etat n’a même pas besoin de visiter le pays profond pour se rendre compte de l’état des routes. A moins de 500 mètres du palais présidentiel, il y a une route impraticable. Plus précisément celle qui passe derrière la BICIGUI pour aboutir entre la Banque centrale et le ministère de l’Urbanisme.  Or, si Kaloum même est mal lotie, on ne parle pas de la banlieue. A fortiori l’intérieur du pays.

Après la sortie présidentielle, un activiste de la société civile avait qualifié l’auteur de cette intervention du plus grand « Opposident ». Parce que c’est l’opposition qui doit dénoncer. Et, le gouvernement doit gouverner. Pourtant, même si le président donne l’impression d’être au courant de tout ce qui se passe, il y a des réalités qu’il ignore certainement. Dans sa logique de ne trouver aucune qualité et aucune excuse aux anciens Premiers ministres, il avait dénoncé la mauvaise qualité du goudron posé, selon lui, par eux sur nos routes. Estimant que durant le règne du général Lansana Conté, il n’y avait que deux couches, il avait promis d’en faire plus.

Or, contrairement à la promesse présidentielle, ce sont les routes réalisées durant son règne qui sont les plus dégradées. Comme c’est le cas aujourd’hui à Kissosso. Comme c’était le cas hier à ENTA. Pendant ce temps, l’autoroute Aéroport – Palais du Peuple ou encre la route le Prince, elles, tiennent toujours. Alors que la dernière est mise à rude épreuve par les manifestations et leurs corollaires de pneus brûlés ici et là…

Le moins que l’on puisse écrire est que les routes de Guinée n’ont jamais connu une dégradation comme celle à laquelle elles sont confrontées aujourd’hui. Aucune partie du territoire n’échappe à cette situation, comme l’atteste l’exemple de Kaloum.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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