Arrestation de Sorya Bangoura (UFDG-Matam) : « c’est politique »

7 août 2021 à 21 09 24 08248
Soryah Bangoura, secrétaire fédéral de l’UFDG de Matam

À en croire des responsables du principal parti de l’opposition guinéenne, Sorya Bangoura, conseiller communal de l’UFDG à la mairie de Matam, a été arrêté. Ce sont des agents du commissariat central de la police de Matam qui auraient débarqué au domicile du bouillant fédéral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) hier, vendredi 06 août 2021. L’opposant est accusé de violation du couvre-feu instauré par le chef de l’Etat dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. 

Joint au téléphone par un journaliste de Guineematin.com, Youssouf Camara, également conseiller communal de l’UFDG et membre de la cellule de communication du parti estime que le mobile de cette arrestation est politique. 

« Comme vous le savez, il a un restaurant à son domicile ; mais, avec le couvre-feu, il n’ouvre pas. Cependant, il y a des amis qui viennent auprès de lui pour rester un peu. Et, hier, à 19 heures, la police a débarqué ; et, ils l’ont arrêté pour violation du couvre-feu, alors que ce n’est pas vrai. On ne peut pas arrêter quelqu’un à 19 heures pour lui opposer des infractions qui sont prévues à 22 heures.

Le mobile est ailleurs. Depuis, il est détenu au commissariat central de police de Bonfi. Et, comme vous le savez avec la reprise des manifestations qui est annoncée, il y a une crainte au niveau du pouvoir sur les leaders d’opinion et les responsables des formations politiques de l’opposition. Je crois que c’est une façon de le dissuader et de l’intimider », explique Youssouf Camara.

A noter que Sorya Bangoura avait été arrêté avec ses amis qui ont été vite relâchés. Pour le moment, seul lui reste dans les mains de la police.

Affaire à suivre !

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Mamadou Sylla révèle : « j’ai vendu des armes à Laurent Gbagbo »

7 août 2021 à 19 07 23 08238

Elhadj Mamadou Sylla, chef de file de l’opposition parlementaire, a joué un rôle dans la guerre civile qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2002. C’est lui-même qui l’a révélé dans l’émission « La Grande interview » de Guineematin.com, ce samedi 7 août 2021. Il dit avoir vendu des fusils de chasse et des munitions au président Laurent Gbagbo qui combattait les rebelles, qui voulaient renverser son pouvoir.

Elhadj Mamadou Sylla, président UDG

Selon le leader du parti UDG, c’est le président Lansana Conté qui l’a mis en contact avec Laurent Gbagbo. Le chef de l’Etat guinéen aurait été convaincu par la méthode utilisée en Guinée lors de l’attaque rebelle de 2001 et aurait conseillé la même chose à son homologue ivoirien. En Guinée aussi, c’est Mamadou Sylla, alors puissant homme d’affaires et très proche du président Conté, qui avait vendu des armes à l’Etat pour lui permettre de repousser les rebelles venus de la Sierra Leone.

« Lors de l’attaque rebelle de 2001, l’armée guinéenne m’a dit qu’elle n’avait pas d’armes, ni de munitions. Ils m’ont dit de leur revendre beaucoup de fusils de chasse, qui sont plus efficaces que les armes de guerre. Parce qu’avec la cartouche, quand tu tires, les balles se dispersent ; donc, tu peux toucher plusieurs personnes à la fois. Donc, c’est comme ça qu’on a fait pour combattre les rebelles. Et, même en Côte d’Ivoire, lorsque Gbagbo a été embêté par les rebelles, on lui a fourni des cartouches et des fusils de chasse pour les Donzos. Parce que c’est la méthode-là qui a réussi en Guinée et le président Conté a dû conseiller ça au président Bagbo qui était venu ici. Quand j’ai été voir le président Conté, il m’a dit : c’est toi qui vend ça (les fusils et les munitions au camp Gbagbo, ndlr), voici la quantité qu’il faut », a déclaré Elhadj Mamadou Sylla.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Reprise des manifestations en Guinée : « l’ANAD a pris sa décision »

7 août 2021 à 19 07 01 08018
Aboubacar Biro Soumah, président du parti pour la démocratie et le changement PPC

C’est Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le progrès et le changement (PPC), qui l’a révélé. Selon lui, l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), dirigée par Cellou Dalein Diallo, a pris sa décision par rapport à la reprise ou non des manifestations de rue. L’opposant a fait cette annonce au cours d’une rencontre avec les responsables de sa formation politique ce samedi, 7 août 2021, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

L’opposition va-t-elle reprendre les manifestations de rue, qui sont suspendues depuis plus d’une année en Guinée ? C’est la question qui se pose depuis quelques semaines. Le principal opposant guinéen, Cellou Dalein Diallo, avait annoncé récemment la reprise de ces manifestations après les examens scolaires. Mais depuis, l’actualité politique a évolué, avec notamment la libération de certains détenus politiques. Quatre responsables de son parti, l’UFDG (la principale formation politique d’opposition du pays), sont sortis de prison après avoir bénéficié d’une liberté conditionnelle.

Ensuite, l’ANAD, qui était jusque-là une simple alliance électorale, s’est transformée en alliance politique. Il était donc nécessaire que ces responsables se réunissent pour plancher sur la question. Et, selon le président du PPC, un des partis membres de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie, cette rencontre a eu lieu cette semaine. Il indique que les opposants ont décidé de reprendre les manifestations de rue, précisant toutefois que cette reprise ne sera pas imminente.

Aboubacar Biro Soumah, président du parti pour la démocratie et le changement PPC

« Comme vous le savez, l’ANAD est une entité qui défend le droit, la démocratie et les valeurs républicaines, mais aussi qui a pour mission de rassembler tous les Guinéens. Donc, à l’issue d’une plénière qu’on a tenue avant-hier, sous la présidence de Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, nous avons fait une analyse de la situation sociopolitique du pays. Nous avons décidé de maintenir l’appel lancé par rapport à la reprise des manifestations. Mais, étant soucieux du sort de la population guinéenne, nous avons analysé la situation sanitaire du pays, et nous avons jugé nécessaire de patienter d’abord pour voir l’évolution de cette maladie (…).

Mais, il faut savoir déjà que cette pandémie ne va pas nous empêcher de manifester. Si vous suivez l’actualité, vous verrez que des manifestations se font partout dans le monde et même en Afrique. La manifestation est un droit constitutionnel, et l’ANAD ne va jamais renoncer à ce droit. On ne peut pas rester bras croisés et continuer à observer l’injustice qui se fait dans notre pays. Nous avons le devoir de défendre la démocratie, la justice, pour que les Guinéens vivent dans l’harmonie.  C’est pourquoi, les manifestations auront bel et bien lieu », a annoncé Aboubacar Biro Soumah.

Par ailleurs, l’opposant a mis cette rencontre à profit pour se prononcer sur la hausse du prix du carburant. Selon lui, cette décision du gouvernement annoncée il y a quelques jours, va accentuer la précarité des Guinéens. « Avant même cette augmentation, le marché guinéen était cher. Tous les prix et taxes étaient montés par la faute de la mauvaise gouvernance. N’oubliez pas que ce gouvernement, à travers son président, s’est tapé la poitrine en disant qu’il est capable d’organiser trois élections, sans financement extérieur. Et cela a coûté aux Guinéens plusieurs milliards de francs.

C’est cette mauvaise facture que la population est en train de payer aujourd’hui. Cette augmentation du prix du carburant va accentuer la situation de précarité que vit la grande majorité de la population. C’est la raison pour laquelle je lance un appel aux citoyens pour leur dire de faire un sursaut de patriotisme, car l’avenir de ce pays est entre nos mains. La balle est dans le camp des Guinéens qui doivent comprendre que c’est à nous de décider de l’avenir de ce pays. On doit se battre pour améliorer la gouvernance afin de sortir de cette misère », a lancé le président du Parti pour le progrès et le changement.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Université de N’zérékoré : un chef de département démis de ses fonctions pour avoir « vendu des notes »

7 août 2021 à 18 06 48 08488

Mamadou Saliou Mali Diallo n’est plus chef du département Biologie de l’Université de N’Zérékoré. Il a été démis de ses fonctions par le recteur de l’institution d’enseignement supérieur, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à N’Zérékoré. C’est le président du conseil de discipline de l’Université qui a annoncé cette décision ce samedi, 7 août 2021. Dr Ibrahima Bakayoko indique que le responsable concerné s’est rendu coupable de plusieurs fautes, dont la vente de notes à des étudiants.

Dr Ibrahima Bakayoko, président du conseil de discipline de l’Université

« Quand on a appris la rumeur, on a mené des investigations. Après que nous ayons réuni tous les éléments, l’enseignant est passé devant le conseil de discipline, nous l’avons écouté. Et on a fait venir les témoins, on les a aussi écoutés et la sanction est tombée. Le conseil de discipline que je préside a fait une  proposition de sanction au recteur, c’était de le démettre de ses fonctions. Et c’est ce qui a été fait par le recteur », a indiqué Dr Ibrahima Bakayoko.

Selon lui, le responsable qui a été sanctionné a commis plusieurs fautes. « Il y a le manque de rigueur dans la gestion des notes ; la détention prolongée des relevés de notes et le non-suivi du dépôt de ceux-ci ; l’insuffisance de collaboration avec ses collaborateurs et le conseil de discipline ; la vente de notes aux étudiants. Il a donné le fichier original que les enseignants déposent au niveau du département aux étudiants. Et donc, les étudiants ont pris le Bic pour falsifier les notes.

Mais aussi, il y a une étudiante qui a reconnu devant lui-même que le chef de département lui a vendu dans son cours des notes au prix de 40.000 francs guinéens. La fille précise même que ce sont deux billets de 20.000 francs qu’elle lui a remis. Et lui, quand on l’a écouté, il n’a pas présenté de preuves tangibles contre les charges retenues contre lui. C’est pourquoi, on l’a démis de ses fonctions, il reste pour le moment simple enseignant à l’Université de N’Zérékoré », a dit Dr Bakayoko.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224 620166816/666890877

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Covid-19 : 2 nouveaux décès enregistrés au CT-Epi de Labé

7 août 2021 à 16 04 10 08108

La pandémie de Covid-19 fait de nouvelles victimes à Labé. Deux personnes sont mortes hier soir au centre de traitement épidémiologique de Labé, a appris le correspondant de Guineematin.com dans la ville. C’est le directeur régional de la santé qui a annoncé la nouvelle ce samedi, 7 août 2021. Dr Mamadou Houdy Bah précise que les victimes ont rendu l’âme quelques heures seulement après leur arrivée au CT-Epi.

Dr Mamadou Houdy Bah, DRS de Labé

« Ce que nous déplorons beaucoup, c’est le fait que les gens ne viennent pas se faire vacciner, surtout les diabétiques. Ensuite, quand ils tombent malades, ils préfèrent aller vers les cliniques privées qui, pour le moment, n’ont pas de moyens à leur disposition pour dépister le coronavirus. Parce que les cas de décès que nous avons enregistrés hier soir, ce sont des personnes qui ont tourné longtemps dans des cliniques privées de la ville. Quand ils sont venus, ils n’ont même pas fait 5 heures dans le CT-Epi avant de rendre l’âme.

C’est pour vous dire qu’ils sont venus très fatigués et ils étaient diabétiques », a indiqué le responsable sanitaire. Face à cette situation, la direction régionale de la santé de Labé annonce qu’elle va inviter les responsables de toutes les cliniques privées à une réunion pour les sensibiliser. « Nous allons leur dire d’éviter de prendre en charge surtout les vieilles personnes, qui sont très souvent très fragiles, en cette période particulière. Tout cela, c’est pour pouvoir lutter ensemble contre cette pandémie », a dit le directeur régional de la santé de Labé.

Selon Dr Mamadou Houdy Bah, 103 malades sont pris en charge actuellement dans les centres de traitement de la région de Labé. Une situation qu’il juge inquiétante. « C’est vraiment inquiétant. A un moment donné, on était allé jusqu’à un seul malade au CT-Epi de Labé. Mais aujourd’hui, nous sommes à 65 malades au CT-Epi de Labé. Et tous les autres centres de traitement de la région ont des patients qu’ils sont en train de gérer », a-t-il annoncé, précisant que la région de Labé a enregistré près de 20 décès dus à la Covid-19 depuis l’apparition de la pandémie en Guinée.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Macenta : un président de district battu et emprisonné après une altercation avec le maire de Binikala

7 août 2021 à 14 02 25 08258

Le président du district de Gowomai, dans la sous-préfecture de Binikala (Macenta), connaît des jours sombres depuis quelques semaines. Dogbo Onivogui paye très pour avoir eu une altercation avec le maire de la commune rurale d’où relève sa localité. Il a d’abord été sérieusement battu par les gardes communaux de Binikala, avant d’être condamné par la justice. Préoccupés par cette situation, ses proches ont contacté la rédaction de Guineematin.com pour alerter l’opinion nationale sur cette situation.

Selon Pascal Guilavogui, neveu du président du district de Gowomai, ce problème a commencé il y a environ trois semaines. Dogbo Onivogui était parti accompagner son frère à la gendarmerie de Binikala, lorsqu’il a eu une altercation avec Namalaye Kourouma, le maire de cette commune rurale. « Au début, c’était le frère de Dogbo Onivogui qui était convoqué à la gendarmerie de Binikala. Il avait un problème avec son voisin, qui a porté plainte contre lui. C’est ainsi que Dogbo l’a accompagné.

A la gendarmerie, on lui a demandé de payer une somme de 200 000 francs guinéens comme frais de convocation. Il a dit que le montant est trop élevé, tout en plaidant pour une réduction du montant à 50 000 francs. Il a précisé d’ailleurs qu’il n’a que 20 000 francs sur lui et que c’est ce montant qu’il pouvait payer à l’immédiat. C’est ainsi que Dogbo Onivogui a pris la parole pour intervenir en prenant l’engagement de payer les 30 000 francs restants pour compléter la somme à 50 000 francs guinéens.

Après cette intervention de Dogbo, le plaignant lui a demandé de ne pas se mêler dans l’affaire, parce que ce n’est pas lui qui est convoqué. C’est ainsi que les deux se sont disputés chaudement, échangeant même des injures. Suite à cela, le plaignant est allé voir le maire de Binikala pour lui dire que Dogbo l’a insulté. Et directement, le maire est venu à la gendarmerie, il a demandé aux agents de mettre le président du district de Gowomai, Dogbo Onivogui, en prison. Il a dit par deux fois : emprisonnez-le ! Mais les agents ne l’ont pas fait.

C’est ainsi que le maire est venu prendre Dogbo Onivogui au collet. Et alors qu’il cherchait à repousser le maire, les gardes communaux sont venus se jeter sur lui, ils l’ont sévèrement battu », a-t-il expliqué, ajoutant que cet incident n’était que le début des ennuis de Dogbo Onivogui. Car après avoir été violenté par les gardes communaux, le président du district de Gowomai a été arrêté et placé en garde à vue. Finalement, il a été décidé de le transférer à la gendarmerie de Macenta.

« Mais en cours de route, les ont vu qu’il est dans un état critique, en raison de la bastonnade dont il a été victime. Ils ont décidé donc de le libérer d’abord pour qu’il aille se soigner. Il s’est rendu à l’hôpital préfectoral de Macenta, avant de retourner poursuivre ses soins au village. Une semaine après, lorsque son état s’est amélioré, il s’est rendu de lui-même au tribunal pour son procès, parce que le maire avait porté plainte contre lui pour coups et blessures volontaires. Et à notre fort étonnement, le tribunal l’a condamné à 6 mois d’emprisonnement et une amende de 2 500 000 francs guinéens », a dit Pascal Guilavogui.

Pour ce proche du président du district de Gowomai, les vraies raisons de l’arrestation de son oncle sont ailleurs. « Le maire Namalaye Kourouma a toujours dit qu’il ne peut pas travailler avec Dogbo Onivogui, le président du district de Gowomai. Franchement, nous, nous sommes étonnés si la communauté ne peut plus choisir librement son président de district. Le problème c’est à ce niveau. Comme le maire a dit qu’il ne peut pas travailler avec le chef du district, il fait tout pour le mettre en prison. A l’heure où je vous parle, le district de Gowomai n’a même pas de cachet, c’est le maire qui garde le cachet », a confié ce citoyen.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620589527/664413227

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Hausse du prix du carburant : le cri du cœur des fumeuses de poissons de Boulbinet

7 août 2021 à 11 11 35 08358

La hausse du prix carburant impacte déjà plusieurs secteurs d’activités en Guinée. C’est le cas notamment de celui des fumeuses de poissons. Les femmes évoluant dans cette activité au port artisanal de Boulbinet (Conakry) se plaignent de plusieurs difficultés dues à cette décision du gouvernement guinéen. C’est le constat fait par un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur les lieux ce vendredi, 6 août 2021.

Annoncée mardi soir, le réajustement du prix du carburant, dont le litre est passé de 9000 à 11.000 francs guinéens à la pompe, n’a pas tardé à faire des effets sur le terrain. Dès le lendemain, mercredi 4 août 2021, les frais des transports ont été revus à la hausse. Et cela, malgré l’insistance du gouvernement et des responsables nationaux des syndicats des transporteurs, qui ont appelé au maintien des tarifs déjà en vigueur.

Mais ce n’est pas seulement le secteur des transports qui est affecté par cette décision du gouvernement. Les conséquences sont ressenties dans plusieurs autres domaines, notamment celui de la pêche artisanal. Plusieurs fumeuses de poissons rencontrées au port de pêche de Boulbinet, dans la commune de Kaloum, disent avoir dû arrêter momentanément leur activité suite à l’augmentation du prix du carburant.

« L’augmentation du prix du carburant a rendu notre situation beaucoup plus difficile. Avant même que cette décision ne soit prise, on avait souvent des difficultés, on travaillait parfois à perte. On pouvait acheter entre 10 et 20 bidons d’essence pour donner aux pêcheurs, ils font trois à quatre sorties sans avoir beaucoup de poissons.

Et même ce qu’ils gagnaient, parfois ce sont des petits poissons qui n’ont pas de valeur sur le marché. Maintenant qu’on a augmenté 2000 francs sur le prix du litre de carburant, on se demande vraiment comment on va s’en sortir. C’est pourquoi, on ne travaille pas actuellement, on est assises ici à ne rien faire, parce qu’on ne sait pas d’abord que faire », a expliqué Mama Aïssata Condé.

Désolation, inquiétude et interrogations, ce sont les sentiments qui animent actuellement les fumeuses de poissons du port artisanal de Boulbinet. Assises en groupe dans leur hangar, elles se demandent comment s’en sortir face à la situation difficile qui se présente devant elles. Et elles ne sont pas les seules à se plaindre. Salématou Sylla, une vendeuse de poissons frais rencontrée sur les lieux, confie aussi que la hausse du prix du carburant affecte sérieusement son activité.

« Nous les vendeuses de poissons, nous disons que l’augmentation du prix de carburant ne fait qu’accentuer notre souffrance. Actuellement, on ne gagne pas beaucoup de poissons, parce que le travail des pêcheurs est nettement perturbé, en raison de l’agitation de mer. Le peu de poissons qu’on gagne aussi, coûte cher. On ne l’achète pas par carton, mais par unité ou par douzaine.

Et c’est dans ce contexte que le gouvernement décide d’augmenter le prix du carburant. Donc, les frais de transport ont augmenté et le prix du poisson aussi est monté. Le kilogramme de poissons qu’on achetait à 25.000 francs coûte aujourd’hui entre 35.000 et 45.000 francs. Vous voyez combien de fois c’est difficile pour nous ? Donc, nous demandons au gouvernement de penser à nous », a lancé cette dame.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Immobilisme du gouvernement : la nécessité d’un remaniement ministériel en Guinée

7 août 2021 à 9 09 10 08108

L’augmentation du prix du carburant à un moment où la Guinée est confrontée à une résurgence inquiétante de la pandémie de Covid-19 a creusé davantage le fossé entre gouvernants et gouvernés. Les premiers sont conscients que les seconds les vouent aux gémonies. Mais, dans un pays où le chef du gouvernement a une préférence de l’ordre par rapport à la loi, la population est consciente qu’aucune réaction de protestation ne sera tolérée. C’est pourquoi, le gouvernement parvient à lui faire avaler des couleuvres.

Cette décision impopulaire vient s’ajouter à toutes les autres difficultés qui assaillent les Guinéens. Entre autres, les difficultés à se déplacer, celles de manger à sa faim, à se soigner ; et, le plus paradoxal, celle d’avoir accès à une eau potable à un moment où le pays entier est arrosé par des grandes pluies.

Même s’il semble être coupé des réalités du pays, Alpha Condé n’ignore pas les difficultés auxquelles ses concitoyens sont confrontés. Récemment, le vieil homme est monté au créneau pour dénoncer la dégradation des routes. En outre, il ne cesse de faire observer les tares de son gouvernement et de son administration. Toute chose qui laisse présager l’imminence d’un remaniement de son gouvernement.

En ligne de mire, certains départements ministériels dont la contreperformance crève les yeux. Quelqu’un faisait remarquer que trouver un ministère performant est un exercice qui ressemble à trouver le plus beau parmi un troupeau de chimpanzés. Malgré tout, il y a certains qui sont si inutiles qu’on se demanderait pourquoi ils sont encore maintenus dans la structure gouvernementale.

Sans jeter la pierre à quelqu’un, le guinéen se demande quel est le rôle d’un ministère comme celui des Transports. En effet, dans un pays où il n’existe ni le transport maritime, ni le transport ferroviaire encore moins le transport aérien, on se demande quel est le transport géré par ce ministère. D’autant plus que même le transport routier, confronté à ses pires difficultés de l’histoire, est géré entièrement par les privés.

Si le ministre est le premier responsable de la contreperformance de son département, la réalité est beaucoup plus profonde. C’est toute l’équipe gouvernementale qui est responsable de la situation. Y compris le chef de l’Etat. On se souvient du lancement avec tambour et trompette du projet mort-né de la voie ferrée Conakry-Kankan avec comme invité de marque Lula Da Silva, ancien président du Brésil. Et que dire du défi que le nouvel élu, Alpha Condé, jurait de relever avec le projet, tout aussi mort-né de la création d’une nouvelle compagnie aérienne dénommée Guinée Airlines. Ce projet était une réponse à un ancien Premier ministre, accusé d’avoir liquidé Air Guinée. Bref, rendre l’actuel ministre des Transports responsable de la situation actuelle consisterait tout simplement à lui trouver des poux dans un cran nu.

Un autre département jugé inutile est celui du Commerce. Quel est le commerce géré par ce département ? Comme le transport, le commerce est entièrement entre les mains des privés. Le ministère se contentant de temps en temps de rappeler à l’ordre les industriels qui n’ont d’autres choix que d’augmenter le prix. C’est ainsi qu’il est souvent aux prises avec les usines de ciment et surtout celles de farine quand celles-ci augmentent le prix de leurs produits impliquant, pour la farine, la hausse du prix du pain. D’ailleurs, la dernière augmentation du prix de la farine avait été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase dans le départ de l’ancien ministre du Commerce.

Enfin, le ministère du Tourisme est lui aussi pointé du doigt comme étant un département peu ou pas utile. La raison est simple. La Guinée a un potentiel touristique d’une rare richesse. Mais, ce potentiel n’est pas utilisé à bon escient. Des sites touristiques comme la voile de la mariée de Kindia, les chutes de Ditinn dans Dalaba, celles de Saala, la dame de Mali et beaucoup d’autres sont abandonnés à eux-mêmes. Alors qu’ils peuvent être une source importante de revenu pour l’Etat guinéen.

Mais encore une fois, ces départements ne sont pas les seuls qui brillent par leur immobilisme. D’autres, comme celui de la Sécurité ou de la Justice ne sont pas mieux lotis. La justice est mise à rude épreuve pour obtenir son hypothétique indépendance. Les récentes libérations de prisonniers sur la base d’une simple demande de pardon au chef de l’Etat sont aussi révélatrices d’un profond malaise. Que dire sur la récente évasion spectaculaire de celui qui est présumé être le cerveau de tous les enlèvements de ces derniers temps ? La liste n’est pas exhaustive.

Bref, si le critère du maintien ou du départ d’un ministre du probable prochain remaniement ministériel est la performance, le locataire de Sékoutouréya risque de renvoyer toute l’équipe. Si, en revanche, l’objectif de ce remaniement serait de faire entrer certains opposants dans le gouvernement dans le seul but de restaurer la pensée unique ; alors, la fin de la souffrance à laquelle les Guinéens sont confrontés ne sera pas pour demain.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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